
J’aime bien les séries de Showtime comme Californication et House Of Lies, même quand les épisodes sont nuls. Un de mes plaisirs est de voir les personnages évoluer dans un univers parallèle ou tout le monde est facile. En trois épisodes de House Of Lies, deux femmes mariées ou été infidèles avec un autre personnage (dont un épisode lesbien), on a eu une catin S&M, un fétichiste des pieds, un héros qui fricotte avec une transexuelle et une mormone sodomite. Pendant ce temps, dans Californication, Hank continue d’invariablement se taper chaque personnage féminin avec qui il partage une scène. Ce indifféremment de tout âge, profession, couleur de peau ou statut marital. Et quand Runckle va présenter des excuses à une mère de famille, celle-ci se dévoile deux minutes plus tard en tant que maîtresse dominatrice et lui ordonne de se masturber sur le marbre de la cuisine. Voilà voilà.
Le sexe ne fait pas que vendre, il fait aussi regarder des séries (ou télécharger, puisque vous ne pouvez plus streamer, petits coquinous). Alors forcément, les chaînes du câble qui peuvent montrer un peu de fesse ne se privent pas. Tant qu’à faire, autant rajouter quelques fétishs et autres pratiques plus ou moins répandues de bon goût. Ça s’insulte, ça suce depuis le siège passager, ça lèche des pieds, ça strap-on et compagnie. Surtout, tout le monde est volontaire. Dans Entourage, que la plupart des filles se pâment pour Vincent Chase, star internationale de cinéma, c’est encore compréhensible. D’ailleurs Turtle a toujours un peu galéré de son côté. Mais le réalisme passe par la fenêtre quand on s’attaque à Californication et ses potes où tout le monde est disponible et volontaire. Pour en arriver là dans la vraie vie, il faut soit pas mal d’alcool et/ou tenir éveillé jusqu’en fin de soirées pour profiter du moment (de renoncement/fatigue) propice.
Ce qui me frappe le plus dans les séries câblées US, c’est à quel point ça baise pour des personnes sobres (ou avec un ou deux pauvres verres dans le nez). Les gens passent en mode cul à froid, avec peu ou pas de motivation extérieure. La voiture de sport de la baise, de “bonjour” à “niquons” en dix secondes. Ou alors du haut de mes vingt-cinq piges je ne vois pas l’horrible réalité des quadras, qui sont tous dépités et en ont marre de se prendre la tête avant de passer aux choses sérieuses. Ce qui augurerait d’excellentes choses pour ma crise de la quarantaine. Mais j’en doute. Ou alors c’est une question de milieu. Je persiste à plaider pour le monde parallèle où tout le monde est facile et ne s’encombre pas de logistique (capotes ?) ou de morale (mari ?). En vérité je me demande s’il ne s’agit pas simplement d’un fantasme très masculin qui voudrait sauter les préliminaires (non pas physiques, mais sociaux).
Au fond, j’en trouve presque les pornos plus honnêtes. Eux n’essaient pas de nous vendre quelque chose proche de la réalité. “On baise” parce que le genre impose le raccourci. Je ne crois pas que Dorcel ait créé des vocations de plombiers alors que les wannabe Hank Moody se multiplient. Comme ça, après, ils pourront motiver des demoiselles dès leur premier épisode ensemble. Peut être même vivre des expérience exhib de pegging en voiture avec du cuir et des pieds baveux. La normalité quoi. En tout cas, niveau foutage de gueule et distorsion de la perception du cul dans le réel, je me demande bien qui du porno ou des séries corrompt le plus la jeunesse ? Hein ? HEIN ?!
#LaPeur
#JeFaisGenreMaisJeRegardeAussiEnFait


