1183 – Not A Single Fuck Was Given

Samedi dernier il y avait un film porno sur CANAL+ Décalé. Je le sais parce grâce/pour le boulot j’ai accès à quelques chaînes. Je regardais tranquillement Predators en seconde partie de soirée quand, méga surprise, on m’annonce que le programme suivant est interdit aux mineurs. Je n’avais jamais regardé un vrai porno en direct à la télévision. Parce que j’avais pas de TV quand j’étais môme, et pas CANAL quand j’étais ado. Après j’ai eu internet. Si Portal m’a appris une chose, c’est qu’on doit se sacrifier pour la science. Je me suis servi un Pepsi Max et j’ai enduré la totalité de « Les avocates du diable grimpent aux barreaux », un film français, en haute définition. Et à aucun moment je n’ai eu le moindre début d’érection, même par politesse vis-à-vis de la production. Une des expériences les plus décevantes de ma vie.

Je considère qu’une œuvre de fiction doit tendre soit vers la stylisation, soit vers le réalisme (ou les deux). C’est ce qui fait son intérêt. Le porno que j’ai regardé d’allant dans aucun de ces deux sens. L’image était neutre, les angles de caméra peu étudiés, l’enchaînement des séquences hasardeux, soit aucune ambition stylistique. Au niveau du réalisme le jeu d’acteur était aussi mauvais que les dialogues, le script arrête de faire semblant d’exister à mi-chemin et l’ensemble se termine dans un n’importe quoi narratif total. Si on prend un film qui n’a ni style ni simulation, j’appelle ça un documentaire. Mais là on documente une réalité qui n’existe pas. On est dans le déni total de ce qui fait la qualité d’une œuvre de fiction. Ce qui explique sans doute le déni d’érection que mon cerveau a imposé à mon corps. Tout ceci me poussant à me demander le plus sincèrement du monde qui peut bander devant un tel spectacle.

Bien sûr je regarde des vidéos pornographiques sur le net. Et elles remplissent leur office sans trop de problème. Parfois c’est parce que je regarde une scène ultra travaillée, avec une réelle extravagance visuelle, ou des choix de cadrages et de mise en scène fabuleux. J’estime qu’on peut aussi considérer les animes japonais et les fétishs étranges comme une forme de style. De l’autre côté du spectre, on a les vidéos dites « amateurs » et les girls next door qui visent à imiter le réel, avec des corps imparfaits, des beautés plus vraies qui nous rapprochent du réel. Enfin on a ces productions plus léchées, où on raconte quelque chose en ayant conscience que filmer des corps qui s’emboîtent ne suffit pas. Une mise en situation crédible avant l’acte peut, doit, vous faire bander. Comme dans le monde normal, où l’expectative de l’acte est tout aussi excitant que l’acte en lui-même.

Les dialogues, le jeu d’acteur, les raisons du passage au sexe sont tout aussi important que le reste, peut-être plus puisque c’est le premier contact entre le film et son spectateur. La première ligne de dialogue du film de samedi était « Tu sais que c’est notre 7ème anniversaire de mariage aujourd’hui ? ». C’est de l’exposition, c’est-à-dire que la phrase à pour fonction d’exposer la situation au spectateur. Il faut faire ça finement, sinon tu vois le scénario, tu vois les rouages, le charme se brise. Personne ne parle comme ça dans la vraie vie. Les personnages enchaînent sur la scène de sexe et je n’y crois déjà plus. Je ne crois pas à la situation, je ne crois pas au sexe, je ne bande pas. Ce qui me ramène sur mon film du samedi soir. Après tout, CANAL diffuse uniquement 12 films par an, ils doivent choisir du contenu « qualitatif ». L’incompréhension m’étreint.

Est-ce que c’est moi qui suis désensibilisé, ou obsédé par des règles qui n’ont pas court dans le porno ? Puisque l’industrie française survit, c’est qu’elle vend. Pourtant j’ai déjà trouvé mieux, des scènes neuf mille fois plus troublantes, pourtant tournées par trois tocards dans un garage en basse définition. Une offre française « meilleure » me semble possible, ne serait-ce qu’en respectant quelques règles simples de scénario, de production et d’intention. Des règles qui sont utilisées dans quasiment tous les autres champs culturels, artistiques. Un statut auquel le porn aimerait bien prétendre.

Pour ça, il va falloir faire des efforts, parce qu’en l’état j’annule mon abonnement à CANAL et je retourne sur TNAflix.

446 – Wtf ? I’m On TV ?

Quand votre flemme/démotivation vous donne du temps libre, vous faites un peu n’importe quoi. Confère jeudi dernier, où avec BluuG on est parti assister à l’enregistrement d’une émission TV. Approché par des chasseurs de tête, il est rentré dans l’engrenage des publics. Lobotomisé, il se retrouve à applaudir sans raison au milieu de la nuit, quand il reçoit une bonne note où lorsque sa copine jouit. Un véritable enfer. Malheureusement pour moi, j’ai appris que lors de la pause de mi tournage, j’aurais à manger, gratuit. Or, vous me connaissez, je ne peux pas résisterà grand chose si j’ai moyen d’avoir de la bouffe à l’œil. Une sonnerie de réveil plus tard et me voilà place clichy, neuf heure trente, à attendre que l’on nous fasse entrer à l’académie du billard, club privé où est tourné Le Cercle, l’émission de critique ciné de Canal +, présentée par Frédo et ses cheveux flamboyants.

Parce qu’on a la classe, Bluug et moi nous sommes gâchés autour de la table au centre du plateau pour faire les essais lumière. J’ai donc chauffé le siège d’un des intervenants. J’espère juste que c’était pas celui de Bégaudeau, qui a lutté pour exister dans l’émission. A part ça, l’équipe a attendu qu’on soit tous placés pour débarquer et démarrer l’enregistrement, d’une traite, avec très peu de retouches. Une heure plus tard et nous étions libérés pour la pause midi. Et là, ce fut le drame, un demi jambon-beurre emballé dans du papier allu, une bouteille d’eau et un lion emballé dans un sachet sans marque « Barre chocolatée » furent tout ce qui nous fut accordé, pendant que Frédo et son crew s’éclataient au Bistrot Romain à côté. Sans peur, j’ai profité du temps libre pour aller compléter mon tetris stomacal avec un Ptit Poivre et un Frappé Framboise.

Round 2 l’après midi, où j’étais peut être posté dans un angle de caméra cette fois-ci, étant donné que lors de l’émission de la semaine dernière j’étais invisible, planqué au troisième rang. Le plus fun était Frédo et son probable verre de rouge, balançant un « Alors on démarre ou on s’encule » pour motiver l’équipe, buttant sur le prompteur, se gourant de lancement. Epique. Ce fut lors de la fin de la session qu’une horde de fangirls cachées dans le public se sont jetées sur le présentateur à la recherche d’une dédicace. Ce qui permet de répondre à la question de qui va glander comme une andouille pendant cinq heures assis à écouter débattre des gens : les fans, les étudiants et les chômeurs. Je réponds à deux des trois catégories, mais lesquelles, là est la question (il y a toujours un piège). Quoi qu’il puisse y avoir débat. M’enfin l’animal s’est quand même tiré le plus vite possible.

Je pourrais raconter un tas d’autres trucs sur ces coulisses mais je ne vois pas trop ce qui peut être intéressant. Z’avez qu’à demander. En tout cas j’ai vu ce que c’était au moins une fois, je mourrai moins con.
Demain on parlera de la personne la plus bizarre planquée dans le public. Et tout à l’heure, à 18h, une note Bis ! Yay !

333 Bis – All Night Long

Hey les new kids from the block ! Ce soir c’est trop de la bombe pour les amis de la culture, c’est les Césars 2009 ! En bon futur bobo je vais regarder ça devant la TV après manger. Plutôt que de commenter avec ma mère je me suis dit que ce sera carrément plus sympa d’exposer mon incroyable avis à la face du monde. Donc j’annonce le liveblogging de l’évènement.

19h35 : Shit le duplex avec Laurent Weil est de retour ! Je kiffais ce mec à l’époque où il avait des cheveux, sur M6, avant qu’on invente internet et tous les bons sites de ciné. Là il me donne surtout envie d’attendre la vraie cérémonie pour rallumer la TV.

20h18 : Si Bourgouin gagne un César je tue un chaton.

20h21 : Weil snobbé par Sean Penn. Pwnd.

20h55 : Albanel dans la pénombre ça fait super flipper. Les gens s’installent, dernier moment pour faire pipi ! Enfin, pour eux, pas pour nous. On est pas des stars mais il nous reste au moins ça.

21h01 : It’s ON !

21h05 : Une bonne coiffure, un peu de maquillage qui va bien et même Charlotte Gainsbourg a la classe. Nice speech, surtout le bruit de la salive qui claque, perso j’adore.

21h08 : DeCaunes tente la comédie musicale. Hugh Jackman lui met sa race à travers le continuum espace temps. Fallait oser l’ouverture musicale après les Oscars quand même. Un numéro de chant avec une voie bidouillée c’est un peu contre productif aussi. L’exception culturelle française sûrement. Un bonus pour la flotte sur la scène.

21h16 : Cesar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Elza Sylberstein dans Il y a longtemps que je t’aime. Bonnes vannes de Tomer Sisley, magnifique robe décolettée d’Elza, remerciement entrecoupés de soupirs, glam baby !

21h22 : Bordel arrêtez de faire des plans sur Albanel !!! Y’a des gosses qui regardent !

21h24 : Cesar du meilleur espoir masculin pour Marc-André Grondin dans Le premier jour du reste de ta vie. Il est pas là donc un pote vient faire les remerciements. Du coup j’en profite pour vous dire que c’est nettement mérité. Voilà. Stoo. Respect.

21h28 : Cesar du meilleur montage attribué à Sophie Reine pour Le premier jour du reste de ta vie. Dans les fesses pour Mesrine. Bien fait. Pardon.

21h31 : DeCaunes milite pour la création d’un César du meilleur film d’animation français. Heu… okay. Pendant ce temps là Akira sort en Blu-Ray et rappelle à tout le monde pourquoi y’a pas de césar du meilleur film d’animation.

21h35 : Cesar du meilleur acteur dans un second rôle attribué à Jean-Paul Roussillon pour Un conte de Noël. Et merde, j’ai pas d’avis…

[...]

22h05 : Interlude téléphonique ! Désolé je suis un homme dans la vraie vie et parfois y’a des appels qu’il faut prendre. Or donc où on en est ?

22h08 : Wooo putain ils se mettent à chanter now !

22h10 : César du meilleur son attribué à six mecs dont j’ai la flemme d’écrire leurs noms pour Mesrine. Toujours pas d’avis. Fuck, j’aurais dû aller le voir celui là non ?

22h15 : Bon alors j’ai raté le césar de la meilleure adaptation pour Entre Les Murs (boarf), du meilleur film étranger pour Valse Avec Bachir (aucune suprise, même pas drôle) et du meilleur premier film pour Il y a longtemps que je t’aime (aucun avis non plus, diantre mais j’ai foutu quoi cette année ?!).

22h17 : César du meilleur costume attribué à Madeline Fontaine pour Seraphine. Okay. Je me reprends un BN en attendant que ça passe. Vous en voulez ?

22h21 : Foresti ne me fait pas loler… Mais c’est bien essayé ceci dit.

22h25 : César du meilleur scénario original attribué aux deux scénariste de Séraphine. Et merde. Je croisais les doigts pour Le premier jour du reste de ta vie. Je pensais aussi qu’ils le fileraient à Bienvenue chez les chtis vu que c’est la seule catégorie dans laquelle le film est représenté. Mais non. Bon.

22h26 : Emma Thompson file un gros BN en or d’honneur à Dustin Hoffman. DeCaunes fait une bonne vanne. Emma est belle. Que demande le peuple ?

22h32 : Tout le monde se lève et applaudit Hoffman après un montage de ses plus grands films. Discours !

22h37 : Emma Thompson part en live complet à discourir tout en s’agitant. Je suis subjugué. Fanboy.

22h45 : 7min de blabla made in Hoffman. J’ai un peu lâché l’affaire. DeCaunes lance un sketch sur des fausses pubs. Why not ? Tentative de revival des Nuls.

22h49 : César de la meilleur photo attribué à Laurent Brunet pour Séraphine. Ouais bon okay. Pour moi qui suis un accor aux filtres et à la post prod de brute, ça me déprime toujours un peu. Pas grave, j’ai toujours Transformers.

22h51 : DeCaunes vanne la coupe de cheveux d’Albanel. MAXIMUM RESPECT !

22h53 : César de la meilleure musique attribué à Sinclair pourLe premier jour du… NO WAIT ! Attribué au mec de Séraphine ! What the fuck putain ?! Mais what the fucking fuck !

22h58 : Elie Sémoun déguisé en femme (tout va bien) annonce le césar du meilleur film documentaire pour Les plages d’Agnès. Pas de grosse surprise non plus.

23h05 : Le défilé des morts débute sur Guillaume Depardieu. Classe. Minute de silence et extraits. C’est assez hard à dire mais moi j’aime bien les montages souvenirs des disparus de l’année.

23h14 : La bande des teens d’Entre les murs viennent remettre le césar des meilleurs décors à Thierry François pour Séraphine, ou comment faire une putain de razzia avec pas grand chose. Dommage pour Faubourg 36, Mesrine et Timpelbach… Un peu dépité je suis.

23h16 : Yeah un sein à l’air !

23h22 : César du meilleur court métrage attribué à Les Miettes. Un court métrage de 30min ? Ué ué ué… c’est ce qu’on dit. Tout ça parce que y’a pas de césar du moyen métrage. Dommage pour le film d’animation qui avait l’air bien funky !

23h24 : César du meilleur espoir féminin. Ayé ça va commencer à chauffer un minimum là. Want to believe pour Léa. Gaspard Ulliel va le remettre. Uééé… toutes mes copines pétasses vont kiffer la vibe…

23h27 : Déborah François pour Le Premier jour du reste de ta vie. Moyen emballé vu que j’avais trouvé son rôle un peu moyen. Perso j’espérais Léa mais tant pis. Une victoire de plus pour mon film chouchou dont on reparle dimanche.

23h31 : César du meilleur réalisateur attribué à Jean-François Richet pour Mesrine. Etant donné que le nombre de réal qui savent tenir une caméra en France peut se compter sur les doigts d’une main, ça fait plaisir de voir l’un d’entre eux récompensé. Yay !

23h34 : César du meilleur acteur attribué à Vincent Cassel pour Mesrine. Mérité à priori, même si dans le fond de mon petit coeur j’étais pour Jacques Gamblin.

23h40 : Lambert Wilson vient filer le césar de la meilleure actrice. Va t-il utiliser ses pouvoirs de mérovingien ?!

23h45 : Et c’est pour Yolande Moreau, un de plus pour sa collec’ bling bling donc. Même si c’est le genre de nana qui me fait toujours super flipper !

23h48 : Ca va chier, César du meilleur film. Sept nommés, histoire de faire encore plus de déçus.

23h53 : Meilleur film Séraphine. Okay. Bon… C’est donc le hold up total et absolu. Dommage pour mon chouchou et les autres films qui me faisaient plus envie que celui là.

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Ayé, c’est fini. Mes pronostics sont officiellement aux chiottes vu que j’avais pas prévu grand chose. Au moins y’avait un minimum de suspense, c’était plus haletant que les oscars. Par contre à squatter quatre heures devant l’ordi vous vous imaginez bien que la note de demain n’est pas prête. Elle arrivera dans la journée, je sais pas trop quand. Ca donnera le temps à ce petit exercice de liveblogging de vivoter un peu. :)

Merci aux courageux qui seront passés par là. C’était bien fun !