1210 – Man/Machine Interface

Dimanche dernier j’attendais mon train aller pour Lyon. Sur le quai, je pensais aux filles, mais aussi au boulot que j’allais abattre dans la semaine sur l’ordinateur de mon frangin. Montée de souvenirs liés à son clavier Logitech d’entrée d’entrée de gamme à 16€. Quand soudain, épiphanie.

Un clavier, c’est un comme un préservatif mais pour un ordinateur. Rapport au fait que capote et keyboard sont des interfaces. Une homme/fille/etc… et une humain/machine.

A ce moment, mes névroses liées aux claviers et aux préservatifs ont commencées à faire sens. Dans les deux cas, je ne comprends pas qu’on autorise la vente d’interfaces de basse ou moyenne qualité. J’ai déjà détaillé ma théorie selon laquelle pour un paquet de gens de la vraie vie, le clavier est le principal outil de travail, le périphérique de saisie du quotidien. Et à quel point ça me dépasse que la plupart des utilisateurs ne fassent pas l’effort d’acquérir un clavier ultra confortable quand ils peuvent acheter des tablettes ou des fringues qui coutent une blinde et dont ils se serviront dix fois moins.
Niveau capotes, la profusion de choix sur les étals fait sens d’un point de vue marketing, mais au niveau expérience utilisateur, on se rend compte qu’il existe au final peut de variantes. Et que des modèles sont clairement meilleurs aux autres. Que tout le monde ne veuille pas claquer 1.50 euros par préservatif en polyuréthane, je veux bien admettre. Mais que depuis qu’on a inventé la capote qui ne sent rien pour le même prix que celle qui sent le latex, on n’ait pas retiré les vieux modèles des rayonnages, ça me dépasse. Pourquoi ? POURQUOI ?!

Là je réalise que je lie ordinateur et filles, mais, comment dire. Je parle d’interface, de ce qui permet de communiquer physiquement, d’échanger. Ça devrait être important, du genre cause nationale. Parce que c’est une question de confort, d’intimité et d’échange. Et oui, je parle des deux à la fois là.

Je me souviens de cette fille qui avait toujours avec elle « ses » capotes, parce qu’elle ne voulait pécho et se faire pécho qu’avec les siennes. Le contrôle qualité pris en main (see what I did there). Plus tôt dans l’année j’avais tenté d’imposer « mon » clavier au bureau. Mais c’était du matériel « delaconcurrence » et du coup, ce n’était pas possible. Peu importait mon plaisir tactile et ma productivité. N’empêche que là, à Lyon, alors que j’écris cette note, j’ai du m’arrêter plusieurs fois pour rattraper une faute de frappe. Pour la peine j’ai presque envie de commander des capotes Protex 002 sur le net.

Peut-être que si je me les enfile au bout des doigts…

D’ici là, puissiez-vous aimer et pianoter (à celui ou celle que vous aimez) dans le confort le plus total et absolu, quitte à essayer autre chose et réaliser à quelle point vous aviez tort, avant. Cœur sur vous.

Points Bonus si vous avez la référence du titre de cette note sans Google.

785 – She’s Got The Goods

Cette semaine je suis tombé sur un article de blog défendant l’idée selon laquelle c’était à l’homme de s’acquitter de la gestion complète de l’objet préservatif. Bon venant d’un blog qui avait défendu bec et ongle le fait que si l’homme payait le resto, c’était quand même vachement mieux et qui sous-entend que quand y’a problème au pieu c’est la bonne copine qui va aider à chercher la pilule du lendemain, c’était cohérent. Bon, en tant que pauvre type qui a bravé une ou deux fois la pharmacie parce que chérie osait pas y aller en particulier et en tant que défenseur de la parité et des gens qui s’assument en général, j’ai ragé dans les commentaires du dit blog jusqu’à ce que cookies s’en suivent. Remember la théorie de l’engueulade qui mène à l’amitié franche et durable. Tout ça pour en arriver au sujet de ce soir, à savoir les filles qui sont préparées, équipées de capotes.

Je me souviens de la fille la plus mignonnette du monde. Elle a sur sa table de chevet un petit sac en tissu, le genre qui se referme en tirant sur une petite cordelette. Dessus sont cousus quelques petits motifs kawaïs. Sauf que dedans, bah y’a des capotes, plein, ou pas. Enfin y’a des capotes quoi. Et quand elle s’est mise à farfouiller dedans à la recherche du précieux à usage unique, j’ai trouvé ça vraiment trop chou. Yes, avoir son matos quand on est une fille, ça peut vous faire marquer des points. Ou ça peut mettre la pression. Comme celle qui a un tiroir entier de plein de trucs. En mode attend, elle tend le bras, ouvre un bout du placard et tu vois que y’a un mini sex-shop, avec un rayonnage entier de capotes, toutes les couleurs, tous les parfums. Là, l’homme déglutit à la réalisation que la fille en dessous (ou au dessus) est une mante religieuse qui peut vous briser en deux sexuellement.

Plus terre à terre, la fille qui a quelques capotes sous son matelas peut surtout se permettre d’être plus entreprenante. Ca m’est arrivé d’être fort dépourvu lorsque la baise fut venue. Simplement parce que j’étais parti au rencard sans arrière pensée, nu sous mon boxer. Dieu merci on a retrouvé de quoi s’occuper dans un recoin de l’appart’, vestiges de cadeaux débiles d’anniversaire de la demoiselle (lolilol des capotes fluos). Etre une fille et gérer les capotes, c’est la liberté et le féminisme, oui mon bon monsieur. Bassement, c’est une dépendance au mâle en moins. C’est aussi simple que ça. Autant on peut disserter à l’infini sur les mérites de la séparation de l’addition au resto, autant sur la capote, tout le monde est concerné. Point barre. Avec un peu de chance vous pouvez aussi tomber sur un mec comme moi, tellement psycho que je tiens à MES préservatifs et qui, du coup, sort la plupart du temps couvert.

Ca faisait longtemps que j’avais pas parlé de capotes, ça me manquait. J’ai failli faire un article sur la guerre des « pas en latex » que se livrent Manix et Durex mais j’aurai trop eu l’impression de faire un truc intelligent, réfléchi et sourcé. Une prochaine fois. En attendant, puissiez-vous toujours avoir un préservatif au moment où vous en avez le plus besoin, même (et surtout) s’il vous est offert par donzelle.

Demain, Top 3.

726 – Hair Condom

Je ne me rappelle pas du tout de quand ça date. Mais un été quand j’étais jeune ado, en vacances en famille, on squattait un angle de rivière au fond d’une vallée. Ca formait une sorte de micro lac, et tous les vacanciers du coin venaient se baigner jusqu’à ce qu’ombre de la montagne sur l’eau s’en suive. Un de ces jours là, j’ai vu émerger une fille que je n’avais pas repérée avant. Elle s’est dressée à la surface dans un mouvement vertical. Ses cheveux lui tombaient jusqu’aux deux fossettes du bas du dos. Trempés, ils étaient collés contre sa cambrure, bien droit, comme aimanté à son dos. Et je me souviens avec une précision infinie de ce cliché là de mémoire. Si ma mâchoire était détachable, elle aurait finie au fond de l’eau. J’avais trouvé mon nouveau plus beau jour de ma vie, et le point de référence de mon regard pour le reste de la journée.

J’ai toujours aimé la flotte. C’était à une époque limite une malédiction. Si au détour d’une promenade on passait à côté d’un ruisseau, d’une rivière, de n’importe quoi, j’allais me péter la gueule dedans. C’était invariable. Magnétique. Logique que la natation devienne un des rares sports dans lequel je ne suis pas trop mauvais (au grand étonnement de mes profs d’EPS, qui n’avaient jamais vu un type déplacer autant de flotte pour avancer). J’étais un peu le Percy Jackson du lycée St Ex. Conséquemment je me suis inscrit à la piscine à la fac avec Pollux, où on allait faire les andouilles une fois par semaine avant d’abandonner pour des raisons logistiques (le bassin était dans une autre fac). Depuis, je ne crois pas avoir taquiné la flotte des masses. La faute en revient principalement aux collabos de la bien-pensance qui gèrent les piscines publiques, ceux qui ont instaurés cette loi liberticide et fasciste qu’est le port obligatoire du bonnet de bain.

Les cheveux font intégralement partie du plaisir de la nage. Je pense bien sûr à la sirène de mon enfance, celle qui s’est carbonisée à jamais derrière ma rétine. Mais je kiffe aussi à mon propre niveau. Je ne peste pas quand j’ai les mèches qui viennent se coller devant les yeux, je trouve ça fun. Tout comme j’aime replonger, la tête en arrière, sous l’eau pour ressurgir le visage dégagé. Sans parler des mèches trempées qui me ravissent toujours autant à chaque passage devant le miroir des douches. Le bonnet de bain, c’est un peu la capote de la piscine, ce bout de plastique qui fait que malgré le plaisir, tu sens qu’il te manque un truc, que l’expérience n’est pas complète. Sauf que s’en dispenser n’est pas mortel. A mon petit niveau, ça me bloque. Je ne peux pas refoutre les pieds à la piscine avec un putain de bonnet.

Ce weekend on m’expliquait par Twitter interposés que les cheveux, c’est sale. Ah. Okay. Ca bouche les filtres d’évacuation d’eau et ça propage les poux. Perso un connard qui est assez fou pour aller se baigner avec des poux mérite une balle dans la nuque. Tout comme ceux qui ne se lavent jamais les cheveux. A cause de ces fils de chien les mecs à la cool dont la force réside dans leur flamboyante crinière sont esthétiquement et sensoriellement castrés. Le bonnet de bain, c’est le DRM de la piscine publique, tout le monde trinque pour une poignée de gros dégueulasses. Me donnerait presque envie de pisser dans l’eau par esprit de contradiction. Sauf que chaque fois que je passe devant la piscine publique Parmentier à côté de chez moi, je me souviens pourquoi j’y fous jamais les pieds.

Oui, j’ai des véritables graves problèmes dans ma vie. Mais 1984 ça a commencé comme ça. J’en suis certain. Sans déconner. Et je ne collaborerai pas.

Demain, critique d’un classique français.