Pour compenser cet été de misère où j’ai oublié de faire le tour de la planète et de batifoler dans les vagues avec des filles nues, j’ai accepté à peu près tous les plans possibles et imaginables. C’est comme ça que je me suis retrouvé à chausser mes rollers au milieu de la nuit pour débarquer chez des inconnus et boire leur coca, entre autres aventures (de quoi blogguer un moment). Dans l’opération j’ai squatté dans pas mal d’apparts aux quatre coins de Lyon, des pentes bobos de la Croix-Rousse aux maisons en banlieue, en passant par les studios sur la presque-île. A paris il n’y a que la ville, les mêmes immeubles de partout, vaguement séparés de quartier en quartier par des subtiles variations de niveau de vie ou de population. On ne dit pas intra-muros pour rien, puisque Paris est une prison architecturale géante, où le peu d’espaces un peu différents sont circonscrits à un bloc d’immeuble égaré ça et là.

J’ai un super souvenir d’appart’ Lyonnais. C’était chez une petite copine de l’époque, enfin, vaguement, longue histoire courte. La porte de chez elle était presque penchée, le long des pentes, de la Croix-Rousse. Ce qui m’a scotché, c’est que son appartement communiquait avec l’immeuble d’à côté. A un endroit où les deux grosses maisons à étages devaient être séparées, quelqu’un avait abattu un mur avant de condamner l’autre porte d’entrée. En passant la tête par une des fenêtres, il était clair qu’elle habitait à cheval sur deux immeubles, créant un espace complètement inédit. Un peu avant que je ne fasse voler son soutien-gorge à travers sa chambre, j’ai eu le temps de décréter cet appartement officiellement le plus cool de tous les temps. C’était il y a presque dix ans, et je n’ai jamais trouvé mieux, en terme d’appart’ je veux dire.

Y’a quelque mois, mon ami marabout prophétisait entre deux bouchées de pizza surgelée premier prix que j’irai vivre à New-York avant de finir ma vie entre Saint-Germain et une maison à la campagne. Ca me semblait pas impossible sur le coup. Quand même, ça me ferait super chier de ne pas avoir vécu quelques temps à Lyon. Bon, y’a les prix de l’immobilier qui font que mes potes ont des apparts de fou furieux trop bien placés pour moins que mon cloaque parisien. Il s’agit surtout de mon amour pour la ville, pour ces quartiers où je ne me sens pas étouffé et qui sont si différents les uns des autres. Mais pour l’instant je n’ai absolument rien à faire à Lyon, pas d’études, pas de grosses boîtes ni d’éditeurs à poursuivre. Rien dans l’avenir, qu’il soit proche ou a moyen terme. Impossible cependant d’oublier l’appartement des parents de Coline, devant lequel je ne peux m’empêcher de passer de temps en temps.

Dans une semaine je retrouve mon vingt-deux, sa salle de bain aux robinets qui se dévissent, l’odeur de kebab quand on ouvre la fenêtre et les voisins cleptomanes. Back 2 Skool !
Demain, bouquin pour fillette !