983 – All Or Nothing

Mercredi soir je suis rentré de ma séance de Scott Pilgrim au cinéma. Oui, j’ai attendu. Enfin, j’ai pu déballer mon Blu Ray acheté en import sur Amazon, depuis une semaine qu’il était sur mon bureau et que je me retenais de le déblister. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir plein de trucs dedans. Déjà j’ai le Blu-Ray du film, logique, mais en bonus on me file le DVD sur un disque séparé, classe. Comme ça je peux le prêter, le regarder à lyon, le revendre pour amortir les coûts. Sans compter le code sur papier qui me permet de télécharger une version numérique du film sur les internets pour pouvoir le trimballer comme je veux. Bonus ultime : on m’offre Pitch Black et Tremors en VOD jusqu’en mai. OKAY. Tout ça pour le prix normal du truc, 26$. Je ne peux m’empêcher de me demander : POURQUOI TOUT N’EST PAS COMME CA ?!

Sérieusement. Partant du principe que l’hébergement d’une version numérique d’un film, d’un CD ou d’un bouquin ne coûte quasi rien. Partant aussi du principe que y’a que les tarés pétés de thune pour acheter plusieurs fois la même chose. Pourquoi tout n’est pas comme sur les Blu Ray ricains ? Pourquoi quand on achète un CD on a pas les MP3 avec de manière systématique ? Pourquoi quand j’achète un putain de livre j’ai pas une version numérique offerte avec un code de téléchargement ou whatever ? Puisque la major/l’éditeur ne le vendra pas de toute façon, qu’il ne dégagera pas de bénéfices, pourquoi est-ce qu’il ne le file pas pour le principe ? Pour éviter le téléchargement illégal, pour limiter les raisons de pirater et toutes ces conneries. Enfin je sais que j’en parle beaucoup, d’un système ou t’achètes tous les formats d’un coup, mais c’est la première fois que ça m’arrive en vrai.

Faut dire que chez les ricains c’est un système qui est déjà un peu plus développé. Vu qu’ils ont toujours un ou deux ans d’avance niveau marketing. J’apprécie le confort, je me dis que je me ferais bien Tremors à l’occasion, et que je vais prêter le DVD de Scott Pilgrim à une copine de classe, pendant que je continue à mater les bonus du Blu-Ray. Ca me semble tellement… logique. Et quelque part le problème c’est que je m’habitue à l’idée. Enfin l’inverse, pour moi ça devient doucement pas normal. J’aime bien acheter mes livres numériques moins chers que leur équivalent papier mais je préfèrerais payer le prix papier et avoir les deux. Après je suis persuadé qu’on y viendra. Si le cinéma y est, le reste va finir par suivre. C’est juste particulièrement emmerdant de tenir un bout du futur entre ses mains mais de devoir attendre pour avoir le reste.

Au final, ce Blu-Ray de Scott Pilgrim est à l’image du film : tout ce que je voulais et un peu plus encore. D’ailleurs je trouve presque la lecture plus confortable sur un écran 16/9, rapport au ratio de l’image qui change tout le temps, moins visible sur un écran ciné trop large. Ceux qui ont vu le film me comprendront.

Anyway. Hurry the fuck up, industries culturelles ! Je veux vous donner plein d’argent ! Aidez moi à justifier mon budget culture !

POKEDEX STAGE !!!

A part ça, après avoir eu une réponse de Richard Kelly sur Twitter, j’en ai eu une de Edgar Wright, réal de Pilgrim. Awesomeness +1.

824 – Listening Hero

Le jour de la fête de la musique j’étais dans une soirée un peu surréaliste, dans un loft gigantesque en plein milieu de Paris. Genre le loyer mensuel du truc ça doit être le PIB annuel d’un petit pays du tiers monde. Y’avait du champagne et, heureusement, du coca zéro. Niveau population c’était étrange, surtout la vingtenaire avec un chemisier blanc sur lequel étaient brodés des roses. Même ma grand-mère aurait trouvé ça kitsch. Quel est le fuck ? On était là autour de notre coupain Benjamin Paulin. A mon niveau, c’est le mec qui a un barbecue électrique chez lui pour faire des hamburgers maisons : les hambipaulins. Pour le reste du monde, c’est le mec qui va sortir un album chez Universal à la rentrée, et qui profitait de cette petite soirée en privé pour s’échauffer, cracher trois-quatre titres au micro, accompagné, devant un public. Au fond du canapé je mangeais des petits fours avec mon Pimp, qui décortiquait la performance.

J'avais oublié mon appareil, du coup hop, la pochette de l'EP. Clique pour le MySpace.

En fait, Benjamin, c’est plutôt un pote de Pimp. Depuis le temps que je traine par intermittence avec la joyeuse bande j’ai vu tous les coulisses du truc. Moi qui suis vraiment un pauvre naze en musique, j’ai fait des efforts. Je me souviens de la foi y’a un bon moment où j’ai passé le temps qu’il fallait à écouter l’album entier de Benjamin Paulin. Les pistes n’étaient pas encore finalisées, et à chaque nouveau morceau on m’expliquait un peu le thème, les idées de musique, les instruments. Je fermais les yeux pour mieux écouter, séparer les paroles du reste. C’était cool. En vrai. L’album il est super bien je veux dire. Après le parcourt du truc est juste complètement rocambolesque. Disons que j’ai assisté à des réunions de crise en mode « on va tous crever », « l’univers entier nous déteste » et compagnie. En clair : la sortie du disque a été repoussée un million de fois.

Le monde de la musique, ça a l’air d’être quand même de la grosse merde. Enfin, dans le sens où c’est presque pire que le monde de la BD, ou des livres. Là par exemple, le quatre titres de Benjamin est dans les radios, où des mecs payés pour ça écoutent et vont décider de l’avenir de l’album. S’ils aiment, ils diffusent, s’ils diffusent, alors les moyens sont débloqués pour faire quelque chose de classe. Et là c’est banco, les médias s’intéressent au truc et le public a l’occasion de se faire une vraie idée. Si les radios font « meh », tout de suite c’est nettement plus mal barré. Demerde-toi Benjamin, on te file deux trois plans presse et prie pour que les gens de la vraie vie tombent dessus et achètent des caisses. Alors en attendant, la crew en coulisses agite ses petits bras. Alimenter le MySpace, les réseaux sociaux, prévoir des concerts, faire des répèts de concerts dans des lofts de bourgeois avec du coca. Ce genre de trucs.

Jeudi dernier, il était pas mal le Benjamin Paulin. Les deux premières chansons, c’était le bordel, problèmes de son, petite appréhension. Mais la dernière, bordel on était à fond dedans. Entre nous, sur nos canapés, on trouvait que y’a des singles qui se perdent. C’était cool.
Prochaine étape, une nouvelle session sur une vrai scène de bâtards, à voler la vedette à d’autres kids qui n’en veulent. C’est demain au Bus Palladium, c’est à huit heures et demie et surtout, c’est gratos. En tout cas, j’y serai.

Pour la suite, j’en reparlerai sûrement à la rentrée. En feintant un peu je devrais pouvoir m’incruster à des trucs cools et continuer à regarder ça avec mes petits yeux de noob.

CLIP HOMEMADE STAGE !!!

Parce qu’en attendant de décider quel est le single, on est jamais aussi bien servi que par une bande de potes et une caméra.

FLYER STAGE !!!

581 – Mixtape Hero

Cette semaine dans mes lectures je suis encore tombé sur un gigantesque poncif de l’entertainment actuel. Un garçon amoureux d’une fille au lycée tente de se rapprocher d’elle en lui offrant une compile CD, une fameuse mixtape. Le nombre de films, séries ou bouquins qui usent de cette ficelle ne semble pas décroitre (je pourrais faire une liste mais ça prendrait tout l’article). Bon, y’a bien quelques tentatives d’actualiser le truc, genre vas-y que je t’envoie un fichier zip de compile (un Mixzip ?) ou une playlist sur Spotify (un Mixtify ?). La Mixtape est d’ailleurs un des ressorts narratifs d’Haute Fidélité, qui explique au lecteur comment faire une bonne compile au fur et à mesure du roman. Non parce qu’une compile, techniquement, dans l’imaginaire culturel collectif, c’est à la fois une preuve d’amour et le moyen aussi infaillible qu’ultime pour déterminer si l’autre mérite d’être le ou la bon(ne).

Bah oui, la musique c’est universel, tout le monde en écoute non ? Puis les univers mélodiques c’est important, tout comme les paroles des chansons, l’ordre des chansons. Voilà une porte sur l’âme des gens ! Je le sais à force de me le faire rabâcher. J’ai même lu un teen novel où le décorticage de la mixtape constituait plusieurs chapitres à lui seul. En plus, ça prend du temps de sélectionner des morceaux, les mettre dans l’ordre, grave un CD. Preuve s’il en fallait qu’on est sérieux, qu’on est intéressé, qu’on est plus qu’une boule d’hormones en ébullition. Tout ça c’est bien beau. Mais vous êtes déjà bien au courant de mes carences en bon goût de manière générale, et en matière de musique en particulier. Ce qui m’amène donc à me sentir frustré par tous ces bouquins et compagnie. Comment je fais pour pécho moi ?

Bah je me démerde autrement. Parfois y’a la version compliquée. Par exemple je peux demander quel est le livre préféré de la fille, le lire, et en déduire des trucs. Ouais, je suis d’accord, c’est pas simple. Y’a aussi l’option du cinéma. Quel film lui plaît ? Est-ce qu’elle supporte la VO ? Est-ce qu’elle va tenter de me forcer à aller à l’UGC Gobelins, cinéma méga laid mais pas cher ? Une fois de plus, c’est bancal, juger quelqu’un sur un rencard, c’est digne de Foenkinos et son jus d’abricot. L’avantage d’un Mixtape, c’est que t’as une douzaine de chansons, de quoi bien te forger un avis. C’est pourquoi, au final, le truc que je fais, c’est d’aller zieuter les bibliothèques, les collecs de DVD, les playlists iTunes, des filles chez qui j’ai parfois la chance d’aller squatter. Ou alors on peut interroger les exs.

Parce que bon, qu’on soit clairs, c’est toujours plus simple de se baser sur les goûts plutôt que sur la personnalité pour être séduit. Non parce que si en plus faut parler avec les gens ? N’importe quoi !
Bon, demain, Lucky Luke !