1112 – Book Review 175

J’ai donc lu les quatre cent et quelques pages de Limitless entièrement sur mon téléphone portable. C’est mon côté japonais ça (rapport au succès des romans à suivre sur portable là-bas, on en reparlera). C’était surtout mon côté « mon Kindle est mort ». Au moins je sais que je PEUX le faire. Me niquer les yeux sur un roman entier. Tout ça parce que j’avais très envie de lire Limitless. Parce que j’avais très envie de voir le film Limitless, mais que d’ici qu’il sorte chez nous, autant lire le livre. Un bouquin qui au départ s’appelle The Dark Fields (et qui est dispo en français sous le titre Champs de ténèbres). Sorti en 2001, le livre a été renommé d’après le film pour sa réédition US en mars 2011.

Si vous avez du mal à suivre, c’est pas très grave, c’est du marketing.

Eddie Spinola est un être humain assez médiocre. En surpoids, mal fagotté, il essaie tant bien que mal de finir un livre technique de commande pour un petit éditeur lorsqu’il tombe par hasard sur son ancien dealer de fac. Celui-ci lui propose une drogue révolutionnaire, réputée sans danger, qui a le pouvoir de décupler les facultés mentales. Incrédule, Eddie tente le coup. En quelques jours il a terminé son livre, appris une langue étrangère, rangé son appartement et est capable de gagner des fortunes en bourse. Accro à la version parfaite de lui-même, il se retrouve à gober jusqu’à trois pilules par jour pour monter toujours plus haut dans l’échelle sociale. Propulsé chez les magnats de la finance en quelques semaines, Eddie commence à réaliser que ce médicament miracle n’est pas sans effets secondaires, et que les compromis auxquels il a consenti pour faciliter son ascension risquent de lui coûter très cher.

Limitless a, de mon point de vue, deux problèmes. Le premier est que la quasi-totalité des emmerdes d’Eddie découlent du fait qu’il a emprunté une large somme d’argent à un mafieux plutôt que de patienter quinze jours à augmenter son pécule seul. C’est STUPIDE. Ce qui est con quand le héros est censé être l’homme le plus intelligent du monde. Même le premier des demeurés sait que c’est une mauvaise idée, alors un dopé du cerveau… Ce qui nous mène au second problème du livre : Eddie n’est pas écrit comme un personnage intelligent. Ce parce qu’il est extrêmement difficile pour un auteur de produire un personnage de fiction plus malin qui lui-même (logique). C’est possible, mais il faut y passer beaucoup de temps et d’énergie. Là, j’ai parfois eu envie de hurler à Eddie qu’il était stupide. Ce qui, pour un héros qui prend une drogue qui le rend hyper intelligent, est un peu paradoxal.

MAIS.

Au-delà de ça, le bouquin est super bien. Le pitch de départ est séduisant, et tout l’enchaînement des effets de la drogue sur Eddie est cool. Après, ça part principalement en mode bourse et capitalisme (devenir intelligent fait devenir trader, sachez-le) mais ça ne m’a pas déplu. Ça manquait un chouille de sexe par contre (il y en vaguement, mais on reste dans le presque). Dans l’ensemble Limitless se lit bien, comme un bon petit thriller avec un fond très léger de science-fiction. En tant que premier roman, ça assure. Assez pour être signé par Hollywood. Assez pour que je le lise sur mon téléphone de bout en bout sans sourciller.

Au vue de la bande-annonce du film, il semblerait que le script ait prit pas mal de libertés avec la trame originale et pourrait se révéler meilleur.

BUY STAGE !!!

Limitless en poche anglais, Champs de ténèbres en poche français.

TRAILER STAGE !!!

612 – Ghost In The Shell

Ce soir, enfin, mercredi soir, il m’est arrivé un truc bizarre. En pleine discussion avec une copine chez moi, j’ai eu une sorte de flash, une vision, quelque chose de totalement aléatoire. J’ai vu une clairière en forêt, un petit champ. Sans savoir pourquoi j’ai pensé à du miel, l’odeur du miel, et les cadres plein d’alvéoles. Des couleurs aussi. Mais, surtout, la certitude que ce morceau de souvenir est lié à mon amie d’enfance, celle de vingt ans, de l’époque où sa mère était encore vivante, d’une maison de campagne. Sur le coup je me suis senti trop bizarre, submergé par cette espèce de vision du passé, floue visuellement mais complètement chargée au niveau des sens. Plus la soirée avançait, plus la nuit avançait, et moins j’étais sûr de l’authenticité du souvenir là où quelques heures plus tôt j’étais certain d’avoir remis la main sur un bout d’enfance perdue. Où comment je me suis retrouvé à me lever à 4h45 du matin pour tapoter cette note.

Je regarde l’heure et je me dis que je vais être complètement pulvérisé demain. Mais j’avais besoin de coucher sur traitement de texte le peu de certitudes qu’il me reste. Je pourrais appeler mon amie, lui demander si effectivement elle n’avait pas une maison de campagne à un moment. Le reste des bribes est trop mince pour en tirer quoi que ce soit. Et si, comme je doute de plus en plus, ces visions de paysages n’ont rien à voir avec elle ? Tout ce que je sais, c’est la date approximative, de l’époque où j’étais vraiment tout môme. A bien y cogiter au fin fond de mon lit trop petit, je retrouve d’autres images, qui n’ont rien à voir, plus provençales. Une arche en lierre, des rangers de Pêchers cerclés d’herbe jaunie, une rivière argileuse. Moi et mon frangin en train de faire sécher des sculptures simplistes. Une fois de plus je ne saurais dire précisément où, ni précisément quand. Ces souvenirs comme l’autre sont en train de mourir.

La mécanique cérébrale me fascine, je lis tout ce que je peux sur la question. Je sais que la mémoire est stockée en plusieurs endroits, que les informations se déplacent suivant la fréquence à laquelle on y fait appel. J’ai aussi lu quelques articles qui postulent que les plus vieux souvenirs, ceux qui n’ont pas une grande utilité, ou les traumatismes, finissent par être effacés, où repoussés si loin qu’il devient quasi impossible de remettre la main dessus. Si j’ai ressenti le besoin impérieux de foutre le peu de nuit qu’il me reste en l’air, c’est que j’ai peur d’être tombé sur le chant du cygne d’un bout d’enfance. Il y a un tas de raisons qui font que j’ai perdu pas mal de choses de cette époque. J’en parlerai peut-être un jour. Toujours est-il que celui là au moins, que mon amie le confirme ou pas, j’en garde une trace sur mon maigre blog. Quinze ans après l’avoir vécu, c’était peut-être la dernière fois que je le croisais. Et dans quinze ans, en fouillant dans mes vieux textes, s’il ne me dira rien, je saurais qu’il a existé.

Fuck. Cinq heures. Sans déconner. Avec le réveil qui sonne dans trois heures. Bon, allez, la bise, moi et mon boxer Dim on file. Rendez-vous demain où on parlera d’un truc beaucoup plus beauf. Zou. Bonne nuit au Reilly du passé.

217 – Cerebral Aneurysm

Bon, partant du principe que les personnages viennent de quitter New-York en voiture de location, ils sont dans le New Jersey, en direction de leur prochaine destination touristique, un truc vers les grands lacs. Qu’est-ce qu’ils peuvent bien avoir envie d’aller visiter ? Mais sachant qu’ils vont aller faire un détour vers une grande fac pour squatter une fête de fraternité étudiante, dans quelle fac ils vont aller ? Putain mais qu’est-ce que j’en sais moi ?! Tout ce que je veux, c’est avancer de deux chapitres pour arriver à la première scène de cul, écrire des trucs genre « vagin étroit » et « chaleur gluante », faire mon Ellis putain ! Faudrait que j’allume Google et Google Earth, ce serait pas difficile de checker un guide touristique, quelques sites, trouver la documentation qui me manque. Sauf que là, en ce moment, ça me casse les couilles au plus haut point. A ce stade ce n’est même plus de la flemme, juste de la mauvaise volonté.

L’autre jour j’ai tenté de me changer les idées. J’ai une histoire qui me trotte dans la tronche depuis quelques semaines, pas de quoi faire un roman, mais un truc. Alors je tente de le sortir, que mon cerveau malade passe à autre chose. Je tente un autre style d’écriture, plus posé, je dégaine la troisième personne et j’essaie d’en tirer un peu parti. Six cents mots plus tard, je m’arrête. C’est de la merde. Enfin nan, c’est pas mal (what else ?), mais ça n’a aucun intérêt. Ca va trop loin dans l’autobio cathartique pour que ce soit un minimum intéressant. En plus j’ai déjà fait le coup de Deus Ex Machina médical ailleurs, sur un autre projet. De la redite putain. La seule raison qui me pousse à pas foutre en l’air mon fichier, c’est que je déteste jeter. Alors je lui colle un nom ridicule et le placarde sur mon bureau comme si j’allais y retoucher. Ce ne fut pas le cas.

Et à côté de ça, j’ai le scénario que je dois à BluuG. Deux pages sur un mec qui se fait courser par des zombies dans une ville abandonnée, et qui ne comprennent pas pourquoi en étant aussi lents ils semblent toujours être si près de lui. Et c’est parce qu’ils jouent à un deux trois soleils en faisant croire qu’ils sont tout lent. C’est cul, c’est rapide à scripter. Et ça fait des semaines que ça traine. En fait, je crois que je suis atteint par quelque chose d’encore pire que la page blanche : le blocage de l’écrivain (lol, top crédible !). Les idées sont là, mais l’esprit est tellement embrumé que les mots refusent de se mettre dans le bon ordre, de s’échapper de mes doigts. Je peux passer deux heures sur mon ordi, avec de la zique et word allumé sans écrire un mot. Y’a trois jours j’ai écris une phrase en une soirée, et en plus elle était même pas si bien que ça.

Je suis un peu partagé entre attendre que ça passe ou continuer de me coller la tronche sur le petit écran, à attendre que ça vienne. Dans ces moments là, je suis content d’avoir le blog, la pression de la deadline quotidienne, pour me forcer à cracher du texte. A l’heure où j’écris ces lignes, il est pas loin de quatre heures du matin (samedi), c’est ça la puissance de vos visites et com’ les kidz !
D’ailleurs demain on fera un peu de fiction pour évaluer l’avancée de mon installation d’internet. Préparez vos lols