C’est souvent une jolie fille. Elle peut avoir des yeux paranormaux, le genre que tu pourrais tenter de reproduire sur Photoshop que tu n’y arriverais pas. Ou alors elle est hyper bien foutue, ses courbes ondulent doucement à chaque mouvement. Parfois, elle sent super bon. C’est toujours une fille adorable, drôle, spirituelle, spéciale, craquante, vive ou bien encore beaucoup plus maligne que vous. Faut pas s’étonner si l’envie vous prend de l’appeler amour, de la couvrir de petits noms profondément ridicules. En même temps, on s’en fout, entre elle et vous, rien n’est ridicule. Pas même le texto du fond du lit au milieu de la nuit. I missed you tonight. Vous n’aviez pas donné de nouvelles. Vous étiez à une soirée, au cinéma ou bien tout simplement en train de coucher avec une autre. Parce que cette fille, celle au bout du texto. C’est et ça restera une amoureuse platonique.

Généralement, l’amoureuse platonique est casée, mais jusqu’à la gueule. Son mec est le mec le plus cool du monde et le plus beau du monde et il l’honore multi-quotidiennement de son glorieux pénis jusqu’à ce qu’orgasmes multiples s’en suivent. Vous pouvez pas test. Personne peut test. En fait, à la seconde où vous espérez avoir votre chance avec elle, vous êtes mort. Dans votre esprit malade vous concevez un scénario où son mec se révèle être un connard fini, la trompant avec une sale pute, jetant sa copine dans vos bras puissants. Alors vous attendez votre heure, vous vous laissez à fantasmer, à imaginer comment on se sent, la joue posée contre son sein. Vous devenez jaloux, un peu agressif. Elle prend ça pour une évolution de l’humour potache qui vous unit. Jusqu’à ce vous fassiez une connerie, le mot de trop, la tentative de baiser ou la crise de jalousie/nerfs en direct. L’amoureuse platonique prend peur, s’enfuit, et non seulement vous êtes seul, mais vous êtes brisé.

J’ai commencé tôt avec les amoureuses platoniques. Au collège. A l’époque où elles avaient une excuse pour pas vous sauter : elles ne sautaient personne. Enfin, jusqu’au premier, qui de toute façon n’est jamais vous. Normal, vous êtes son meilleur ami, son amoureux platonique. Comme le premier des kikoolols j’ai grave ramassé à l’époque, à être le petit copain a sens unique parfait jusqu’à la baffe dans la gueule. Depuis, ça va mieux. Déjà parce que je suis moins en manque, ensuite parce que j’ai appris à les gérer, ou en tout cas à prendre ce qu’il y a avait à prendre. Je ne sais jamais vraiment comment elles lancent le truc. Trop délaissées par leur mec enfermé dans une routine pas encore assez usante, une soif d’être un peu courtisée par quelqu’un de neuf ou je ne sais quoi. Ca dépend. Un surnom affectueux après l’autre, des rendez-vous par texto ou des sorties « amicales » plus tard, et c’est plié. Vous avez une nouvelle amoureuse platonique.

Bien sûr il y a quelques trucs à prendre. Comme un shot de décolleté par webcam au milieu de la nuit, une embrassade volée sur le quai d’un métro ou un mot doux quand ça ne va pas. Tout ça jusqu’à la rupture progressive, le manque de nouvelles, un nouvel amant fantomatique ou simplement la fatigue de faire des efforts dans le vide. Car au final, tout ça reste assez creux. Les mots d’amour sans la sueur du sexe, c’est du même niveau qu’un plan cul pour qui on ne ressent rien, c’est creux, et ça peut vous épuiser plus qu’autre chose. Quand vous êtes trop mauvais, quand vous ne savez pas comment gérer ça, vous finissez comme moi du collège. Quand vous êtes au courant, que vous gérez, vous allez quand même vous coucher seul, pendent qu’elles dorment avec celui qui jamais n’a été inquiété.
J’aime mes amoureuses platoniques. Celles d’avant, celles de maintenant, celles d’après. Et toutes celles qui me jurent que ouais, à fond, si elles étaient pas casées, elle me sauterait grave et j’en pleurerai des larmes d’or liquide de bonheur. Elles sont illusoires, mais mignonnes, mais parfois tout ce que vous avez à un certain moment. Et puis, je les aime.
Par contre demain vous allez prendre cher avec une critique litté bonus !


