668 – Cine Club 85

Un des trucs que j’aime sur Paris, c’est de me retrouver au Publicis, le cinéma, pour mater un film qui ne passe quasiment nulle part ailleurs. Un film de seconde zone, que le réseau de distribution normal ne respecte pas et qui pourtant se retrouve projeté en numérique dans une salle aux fauteuils cuir. L’année dernière c’était le cas de Push, une sorte de resucée étrange de Heroes. Grosse campagne d’affichage dans le métro pour une poignée de salles au final. Push s’est bien vautré au box office un peu partout. Normal, il est très moyen, tirant pour certains vers le mauvais. Mais j’ai passé un plus que bon moment, et c’est le genre de films qui est fascinant à disséquer, car son échec à beaucoup à nous apprendre. Sans parler du fait qu’il faut bien avouer que des fois, y’a des scènes ou des actions qui ne sont pas dégueulasses du tout.

Dans les années quarante le gouvernement ricain a développé un drogue capable de donner des pouvoirs à quelques privilégiés. Les movers pratiquement la télékinésie, le watchers observent le futur, les pushers manipulent la pensée etc… Nick est un mover de seconde génération qui se cache à Hong-Kong pour échapper à la Division, l’organisation chargée de retrouver ceux qui possèdent des pouvoirs afin d’en faire des armes. Nick était peinard jusqu’à ce que débarque chez lui Cassie, une gamine capable de voir l’avenir et qui jouerait un grand rôle dans les libérations des traqués. Le mec n’en aurait pas grand-chose à foutre si son père n’avait pas vu venir cet instant des années plus tôt et surtout si Kira, son ex n’était pas elle aussi en fuite. Décidé à suivre la prémonition de son père, Nick fait équipe avec Cassie et part à la recherche d’une mystérieuse mallette tout en protégeant Kira de ses poursuivants.

Effectivement c’est un peu bordélique. Enfin, ça dépend sur quoi. Classifier les pouvoirs et leur donner un nom permet pas mal de feintes scénaristiques. Au moins c’est clair « Ow shit c’est un mover ! » et avoir plusieurs persos avec le même pouvoir rend les combats pas dégueulasses. Le gros souci c’est que pendant les trois quarts du film on ne comprend pas après quoi courent les héros. Et une fois arrivé, on se dit que quand même, tout ça pour ça ? Le gros problème c’est qu’il préfère être le premier acte d’une trilogie plutôt qu’un vrai film. Il manque d’unité, se regarde comme un pilote de série TV et laisse un sale goût de pas fini quand débarque le générique de fin. Pourtant la réal est on ne peut plus classieuse, avec le type du très surestimé Lucky Number Slevin aux commandes. Le gros plus de Push, c’est d’avoir été tourné entièrement en Chine, offrant de superbes images et des lieux de joute inédits.

Car les séquences d’action sont souvent carrément classes et utilisent très intelligemment les différents pouvoirs des personnages. Puis merde, je suis fan des castings de seconde zone. Chris Evans se fait offrir un nouveau premier rôle de série B, pour mon plus grand plaisir, aux côté de Camilla « Nespresso » Belle et Dakota Fanning qui joue une freaks (logique). Alors ouais, tout ce beau monde s’agite beaucoup pour pas grand-chose et ça finit un peu en queue de poisson. Mais merde ça a de la gueule !
D’ailleurs cette semaine David Hayter, l’homme aux jobs les plus cools du monde (Doubleur de Solid Snake et scénariste des deux premiers films X-Men) a signé l’écriture d’une adaptation TV de Push. Peut-être ce qu’on attendait tous pour mettre la misère à cette vieille bouse à l’agonie qu’est Heroes.

Bon, sinon demain je vous casse tous les couilles avec la décompression narrative ou bien ?

TRAILER STAGE !!!

RIEN A VOIR STAGE !!!

Il semblerait que la Fnac déstocke leurs derniers exemplaires de XBox 360 Arcade (la même que la normale, sans disque dur, qu’on peut toujours acheter à part et qui n’est indispensable pour aucun jeu) pour moins de 100€, soit la meilleure offre de tous les temps. Je serais vous, je foncerais, un deal pareil c’est juste indécent.

463 – Cine Club 59 & 60

Tel le type sympa qui accepte de baiser une moche pour qu’elle ait droit à un peu d’amour, je m’en vais défendre des films moyens, mais si bons ! Le genre niveau série B que j’ai été obligé de voir en VF dans une petite salle merdique.

Red Eye

Une fois n’est pas coutume, on commence par la bande annonce, parce qu’il y a des trailers qui sont tellement bien foutus que ça force le respect. Celui de Red Eye est ultra efficace pour ceux qui ne savent rien du film. Puis ça me dépense du pitch On se retrouve après.

Wes Craven est globalement un type qui a pas trop de chance. Depuis Scream sa carrière pédale dans la semoule. La même année que Red Eye sort Cursed, abomination charcutée par le studio en total désaccord avec le réalisateur. L’échec de trop qui propulsera Wes sur la black-list d’hollywood, dont il n’arrivera à s’extraire que le temps de deux court-métrages en quatre ans. Tristesse. Dans la cata son dernier film très correct est malheureusement passé un peu inaperçu.

Un super pitch à base de huit clos, une ambiance très très tendue et des acteurs qui s’en sortent plus que bien, Cillian « Uber beau gosse » Murphy en tête. Dommage qu’il soit difficile de faire tenir le film entier dans l’avion. Alors Wes abandonne, lâche ses personnages en pleine ville pour une course poursuite un poil trop longue. Le contrat n’est qu’à moitié rempli, mais cela suffit à passer 90 bonnes minutes de thriller décomplexé.

Cellular

Je risque de me faire frapper très fort (un peu comme le lapin RATP), mais j’ai adoré Cellular, qui pour le coup est un film très très con. Le pitch est juste énaurme. Une prof est kidnappée par un mystérieux assaillant, qui l’enferme dans un grenier avec un téléphone brisé. Invoquant la puissance de Mc Gyver, elle répare l’engin qui compose un numéro au pif, celui d’un beach boy un peu neuneu. Ensemble ils vont devoir maintenir la connection cellulaire le plus longtemps possible, jusqu’à ce que le mec sauve la nana, si possible sans se faire butter au passage. Old school pitch putain !!!

Le réalisateur de Snakes On A Plane pilote un tas d’acteurs made of fail que j’adore : Chris Evan, Kim Basinger, Jason Statham, William H. Macy et Jessica Biel. Rien que pour le cast en or, Cellular vaut le coup d’œil. Si l’on fait abstraction des trous scénaristiques on obtient un thriller efficace qui sent bon le soleil de Californie. Ca stresse, ça bastonne et ça se course-poursuit sur une heure et demi, le tout sans raccrocher. Jack Bauer vient de se faire dresser.

Avant la bande-annonce, le programme de demain, où il sera question du statut de critique et d’à quel point certains acteurs du l’industrie culturelle peuvent être à l’ouest (euphémisme).

TRAILER STAGE !!!

Tain mais trop awesome la BA, comment on peut ne pas avoir envie après ça ?