Les travaux de groupe. Ou comment appliquer le concept de réunionite au monde étudiant : on se voit plein de fois, pendant plein d’heures, pour ne pas avancer. Sauf qu’on le fait sur notre temps libre. Double peine. Il faut pas s’étonner que cette semaine, chez une camarade de classe, on (enfin ils) sorte la bouteille de blanc avant 21h. Bien sûr on tente de bosser, on se prend la tronche pendant une demie heure sur le logo fictif de notre agence de pub fictive qui donnera des réponses fictives au sujet du partiel. Même que des fois on avance un peu, avant le pétage de câble rituel où l’on se redistribue le travail et où l’on rentre dormir. A mi chemin de la soirée j’étais parti en mission DoMac, ravitailler en McFlurry et BigMacs les troupes. Quand je suis revenu, la soirée était parti en cacahuètes. En mode « Qui est bonne dans la classe ? ».
Je ne sais pas si c’était le vin qui était enfin monté au cerveau, où la fatigue d’une journée embrayée sur un stupide oral d’anglais. Toujours est-il que nous en sommes arrivés à tenter de déterminer qui était canon ou pas dans la promo. Est qu’il y avait de quoi manger un peu ou bien t’as vu. J’adore ce genre de discussions, parce que ça permet de révéler les gens. Bien sûr que cette fille à des hanches larges, mais bon, avoue t’il en se frottant la barbe de trois jours, il kiffe. J’acquiesce en silence en sirotant mon Coca Zero. Amen to that. Je fais remarquer qu’une des bombes de septembre a pris 2/3 kilos, ce qu’il semblerait que je sois le seul à avoir relevé. Ca aurait pu être le moment de confier un ou deux crushs personnels, mais au milieu d’une assemblée de gens en couples jusqu’à la corde au cou, j’ai préféré garder mes petits secrets.
Au final je suis parti pas trop tard, épuisé, malade, avec l’envie d’hiberner de manière à peu près permanente. Sur le chemin du retour, les tripes saisies par la mélancolie. Ma dernière promo signifie la dernière chance de classer les gens, de penser à ce qui aurait pu être ou pas. Je n’aurais jamais couché avec une camarade de classe, je n’aurais jamais rien fait de sale dans l’enceinte d’une école. Plus qu’une séance de travail de groupe, je rentrais d’un enterrement de vie de ragots. Bien sûr que je pourrai discuter des collègues à mini jupe autour de la machine à café. Mais pas trop, parce que harcèlement sexuel et milieu pro toussa. Bien sûr je pourrai continuer à classer mes amies Facebook et Twitter pour le sport, mais ça restera entre moi et moi. La fin d’une époque comme on dit.
Ce travail de groupe à la con aura eu un mérite. Celui de délier les langues et de faire triper des camarades de classe qui savent très bien que dans deux semaines on ne se croisera sûrement plus. Ever. Le temps de quelques saloperies et vannes de bas niveau, c’était bien. Mon BigMac avait meilleur goût.
Je serais bien resté plus longtemps.
C’est l’effet fin d’année : les tops fleurissent un peu partout. Top 10 des meilleurs films, des pires films, des meilleurs albums, des meilleurs jeux vidéo, des meilleurs bouquins, des meilleures séries, de tout ce que vous voulez en fait. Chaque site, blog, publication y va de sa liste perso. Une occasion comme une autre de repérer les gens de mauvais goût. Peut-être pour ça que je ne participe pas à la course aux tops. D’une parce que je pense que y’en a assez partout ailleurs, d’autre part parce que j’ai la flemme de me foutre sur la gueule avec les gens trop stupides pour venir argumenter derrière. Après, je ne dis pas que je ne vais pas faire des classements à l’oral autour d’un burger avec mon meilleur ami. Classic shit. Non, au lieu de me casser à dresser et rédiger mes listes, je préfère conserver mon énergie à piller celles des autres pour tout ce que j’ai loupé.
Par exemple j’ai passé une aprem’ à confronter les listes cinés des critiques que je respecte au planning Allociné pour savoir quand je pourrai aller visionner ce que je n’avais pas encore vu. Aussi pour noter ce que je devais télécharger ou importer vu que ça ne sortirait jamais chez nous. J’ai profité du retour sur Lyon pour commencer à rattraper les jeux Wii oubliés de l’année, Mario Galaxy II et autres Donkey Kong qui apparaissent sur les listes des tueries de l’année. J’ai aussi par exemple mis Alpha Protocol sur ma wishlist jeux vidéo après l’avoir étrangement vu réapparaitre sur pas mal de top 10. Le best of 2010 d’Amazon.com est aussi bien pratique pour choper des idées lectures. Un peu à l’instar de mes listes préférées, celles du genre « meilleur jeu auquel personne n’a joué », « meilleure série que personne ne regarde ».