Parfois j’ai vraiment des pulsions merdiques. Par exemple je traîne peinard sur mes sites de news US lorsque j’apprends qu’un nouveau roman pour jeunes adultes va être adapté au ciné. Je me renseigne sur le pitch qui est pile bien débile et banco, Amazon s’enrichit. Cycler est écrit par une ancienne scénariste hollywoodienne qui aura fait un roman d’un script qu’elle n’aura pas réussit à vendre. Jill est une adolescente banale, sauf quatre jours par mois, où au lieu d’avoir ses règles elle se transforme sans savoir pourquoi en un garçon, Jack. Celui-ci possède sa personnalité et ses hormones bien à lui. Aussi finit-il par se lasser de passer ses journées sagement enfermé à se masturber sur du porno bas de gamme. En décidant de s’échapper et de profiter du monde, il risque fortement de mettre toute l’existence bien rangée de Jill en péril.

Etrangement, Cycler n’est pas aussi ridicule qu’il n’y parait. Certes les personnages sont tous ultras caricaturaux. Mais en formant un quatuor amoureux avec seulement trois corps, le bouquin s’aventure tout doucement sur terrain glissant. Sans parler du fait qu’il n’hésite pas à parler franchement de cul, de masturbation et de fellation, ce qui est n’est pas si courant étant donné le public visé. Ecrit dans un style simple et clair, Cycler fait du bon boulot et j’achèterai presque le second tome. Après le film peut-être.
Parfois j’ai vraiment des pulsions merdiques. Par exemple je traîne peinard à la RNAC quand je vois des coffrets de livres de poche, genre avec fourreau carton et marque page collector. Où comment me faire acheter un truc dont j’avais pas besoin, en l’occurrence Vingt-Quatre Heures De La Vie D’Une Femme de Stefan Zweig. A peine plus gros qu’une nouvelle, le bouquin raconte l’histoire d’une vielle dame qui décide de relater au narrateur la journée la plus excitante de sa vie. Tout ça parce qu’un peu plus tôt le jeune homme avait tenté de comprendre pourquoi une femme mariée s’était enfuie avec un quasi inconnu.

Grosse déception. Enfin, pas dans l’écriture et le style, qui certes use et abuse des comparaisons, mais plutôt au niveau des thématiques. Le bouquin a été rédigé il y a des décennies. Et l’héroïne a beau répéter encore et encore à quelle point elle a été ouf et trop rebelle et trop dingue, ça ne m’a pas choqué plus que ça. Je sais bien que tout ça c’est ma génération, post soixante-huit tous ces trucs. Mais je n’ai pas été capable de m’élever au dessus de ça, de passer outre ma vision du monde et des femmes. Rien de scandaleux à mon petit niveau donc, pour une lecture facile et rapide. Autant j’avais apprécié Le joueur d’échec, autant ici je reste plutôt froid. Plus de chance dans une prochaine lecture. Y’a pas de raison.

Rhaaa ! Tout ça me donne envie d’aller faire les frais au B&N d’Union Square. Vais pas résister longtemps à l’appel du hardcover !



