C’est étrange, cette catégorie de films qu’on oublie, alors qu’ils sont fondamentalement très bons. Comme personne ne les mentionne jamais, on finit par ne plus y penser. Stranger Than Fiction (je refuse d’utiliser l’abomination qu’est le titre français) est de ceux là. Il m’est revenu à l’esprit au détour d’un article sur les textes en surimpression au cinéma (le cocooning Ikea de Fight Club, le dressing de 99Frcs ou les règles de Zombieland). La première scène de L’incroyable destin de Harold Crick (BORDAYL !!!) est à ce propos très classe, avec les statistiques sur le quotidien du personnage principal qui s’affichent. Premier vrai rôle « normal » pour Will Ferrel, l’intro pose d’emblée le ton du film et laisse deviner l’intelligence du script. Réalisé par le classe Marc Forster (Finding Neverland, The Kite Runner, Quantum Of Solance), Stranger Than Fiction est un film classieux qui me manque un peu je crois.
Harold Crick est un agent du fisc on ne peut plus banal. Sa vie n’est que routine et normalité. Chaque matin les mêmes gestes, chaque soir les mêmes rituels. Jusqu’à ce qu’un beau matin, il se mette à entendre une voix narrer toutes ses actions. L’homme a beau maudire les cieux, Karen ne l’entend pas. Karen, c’est l’écrivain à succès qui tente d’écrire son nouveau roman, l’histoire de Harold Crick, qui doit décéder. Dès qu’elle aura trouvé comment. Averti par sa « voix off » de son funeste destin, Harold va tout faire pour comprendre ce qui lui arrive et tenter de prévenir sa propre mort. Après avoir consulté un psy, il finit par embaucher un vieux professeur de lettres afin de deviner quel auteur se cache derrière cette narration. Surtout qu’il vient enfin d’avoir un coup de foudre, pour la première fois de sa vie.

Comédie romantique, film au charme indé, réflexion sur la littérature, Stranger Than Fiction est tout ça à la fois. Le script, subtil et malin, a la chance d’être joué par une brochette d’acteurs qui ont trop la classe. Dustin Hoffman et Emma Thompson semblent prendre un véritable plaisir à cabotiner tandis que Will Ferrel gagne ses véritables premiers galons d’acteur. Un petit big hup pour Maggie Gyllenhaal super choupie en vendeuse de muffins. A croquer donc. Difficile de parler des thématiques sans déflorer l’intrigue mais le film finit par poser de bien jolies questions sur la nature du chef d’œuvre littéraire, la vie d’écrivain et le destin. Tout ça en plus de la forme, qui joue avec on l’a dit les visuels et surtout utilise le principe de la voix off de manière inédite.

Auréolé de bien belles critiques, Stranger Than Fiction n’aura clairement pas eu chez nous le destin qu’il mérite. C’est bien dommage. D’où la note de blog, d’où la grosse envie de commande de DVD. Je suis si faible.
[Depuis l'écriture de cette note, LeReilly a craqué pour le Blu-Ray UK à 8€ fdpin]
INTRO STAGE !!!
J’en parlais, voilà l’intro du film.



