745 – Cine Club 94

C’est étrange, cette catégorie de films qu’on oublie, alors qu’ils sont fondamentalement très bons. Comme personne ne les mentionne jamais, on finit par ne plus y penser. Stranger Than Fiction (je refuse d’utiliser l’abomination qu’est le titre français) est de ceux là. Il m’est revenu à l’esprit au détour d’un article sur les textes en surimpression au cinéma (le cocooning Ikea de Fight Club, le dressing de 99Frcs ou les règles de Zombieland). La première scène de L’incroyable destin de Harold Crick (BORDAYL !!!) est à ce propos très classe, avec les statistiques sur le quotidien du personnage principal qui s’affichent. Premier vrai rôle « normal » pour Will Ferrel, l’intro pose d’emblée le ton du film et laisse deviner l’intelligence du script. Réalisé par le classe Marc Forster (Finding Neverland, The Kite Runner, Quantum Of Solance), Stranger Than Fiction est un film classieux qui me manque un peu je crois.

Harold Crick est un agent du fisc on ne peut plus banal. Sa vie n’est que routine et normalité. Chaque matin les mêmes gestes, chaque soir les mêmes rituels. Jusqu’à ce qu’un beau matin, il se mette à entendre une voix narrer toutes ses actions. L’homme a beau maudire les cieux, Karen ne l’entend pas. Karen, c’est l’écrivain à succès qui tente d’écrire son nouveau roman, l’histoire de Harold Crick, qui doit décéder. Dès qu’elle aura trouvé comment. Averti par sa « voix off » de son funeste destin, Harold va tout faire pour comprendre ce qui lui arrive et tenter de prévenir sa propre mort. Après avoir consulté un psy, il finit par embaucher un vieux professeur de lettres afin de deviner quel auteur se cache derrière cette narration. Surtout qu’il vient enfin d’avoir un coup de foudre, pour la première fois de sa vie.

Comédie romantique, film au charme indé, réflexion sur la littérature, Stranger Than Fiction est tout ça à la fois. Le script, subtil et malin, a la chance d’être joué par une brochette d’acteurs qui ont trop la classe. Dustin Hoffman et Emma Thompson semblent prendre un véritable plaisir à cabotiner tandis que Will Ferrel gagne ses véritables premiers galons d’acteur. Un petit big hup pour Maggie Gyllenhaal super choupie en vendeuse de muffins. A croquer donc. Difficile de parler des thématiques sans déflorer l’intrigue mais le film finit par poser de bien jolies questions sur la nature du chef d’œuvre littéraire, la vie d’écrivain et le destin. Tout ça en plus de la forme, qui joue avec on l’a dit les visuels et surtout utilise le principe de la voix off de manière inédite.

Auréolé de bien belles critiques, Stranger Than Fiction n’aura clairement pas eu chez nous le destin qu’il mérite. C’est bien dommage. D’où la note de blog, d’où la grosse envie de commande de DVD. Je suis si faible.

[Depuis l'écriture de cette note, LeReilly a craqué pour le Blu-Ray UK à 8€ fdpin]

INTRO STAGE !!!

J’en parlais, voilà l’intro du film.

676 Bis – Hot Post Time Machine

Oui, en mars sort un film qui s’appelle Le jacuzzi à voyager dans le temps. Ca parle d’une bande de quadras qui vont dans un jacuzzi, et qui voyagent dans le temps. Et non, tu peux pas test un pitch/titre/concept pareil. L’affiche défonce.

Les premières critiques sont mégas bonnes, la bande annonce est full of win, les acteurs ont tous la classe internationale et le film n’a pas de date de sortie en France. Echec de civilisation. En attendant un miracle ou le Blu-Ray, press play.

659 – Book Review 109

En 2001, David Wong s’emmerde dans un job de bureau sans intérêt. Alors il écrit une histoire dans laquelle lui et un de ses amis affrontent un monstre fait de viande crue agglomérée. Un mail plus tard et ses potes la lisaient, la faisait tourner. Motivé par les bons retours, Wong écrit un nouveau chapitre, puis un autre. Il colle le tout sur l’interweb, plus pratique pour partager. C’est alors que, oh mon dieu, des inconnus viennent lire les aventures de David et John, réunies sous le titre John Dies @ The End. Le buzz monte dans l’interweb littéraire ricain, et on propose à Wong d’éditer une première version de sa websérie. La première édition est introuvable, vendue jusqu’au dernier exemplaire. Un des bouquins se retrouve sur la table d’un producteur d’Hollywood qui achète les droits en 2008 pour en faire un film. Puis c’est un gros éditeur qui débarque et propose à Wong de rééditer John Dies @ The End, mais à plein d’exemplaires, couverture cartonnée et compagnie.

La nouvelle édition débarque en librairie à l’automne 2009. La blogosphère ricaine est en ébullition. Oui, parce que là-bas on respecte et on admire les success stories, ces petites gens partis de rien qui sont à présent pétés de pognon. Le livre est, parait-il, gore, trash et hilarant. Une vraie perle m’assure Aint It Cool News. En fait, j’étais vendu rien que sur le titre, qui me fait encore marrer maintenant. Puis le fait qu’un truc gratuit, lu par 70 000 personnes puisse être racheté, je trouve ça beau. C’est le genre de choses qui ne pourrait jamais arriver chez nous. Pas a si grande échelle. Au final le livre est un sacré pavé, pas loin de 400 pages écrites en tout petit. Une vraie plaie à lire en fait. Et pas seulement à cause de la police de caractères. Le problème c’est que malgré toutes les recommandations, malgré le conte de fée derrière le roman, je m’y suis emmerdé et paumé à de nombreuses reprises.

On sent que l’histoire est écrite au fil de la plume. Dave et John découvrent une drogue qui permet de voir des démons et autres fantômes, et doivent du coup aller à Las Vegas boucher une porte dimensionnelle, puis après y’a un chien qui parle, des moucherons de l’enfer, des clones maléfiques, des univers alternatifs et compagnie. Et là je simplifie. Parce que le pavé recoupe plusieurs histoires, avec les mêmes personnages. Comme si on avait trois volumes d’un coup, mais déséquilibrés, et racontés d’une traite. Alors ouais, y’a de très bonnes phases, on rit souvent. Ouais, certaines scènes sont un génie d’absurdité et de vision d’horreur. Mais tout ça manque cruellement de structure et de liant. Il faudrait couper dans le gras, virer une bonne centaine de pages et recoudre derrière. J’ai tout lu et je suis pas certain d’avoir pigé de quoi ça parlait, enfin de quoi ça parlait vraiment. Puis surtout, je me sens roulé. Parce qu’à la fin, John, bah il meurt même pas.

Normal, un second tome est en préparation ! La bonne nouvelle, c’est que cette fois ce ne sera pas l’impression d’une web série mais un bloc écrit d’un coup, à part. Qui sait, je me laisserai peut-être reprendre, en espérant que John crève cette fois ci (et surtout que je mette pas un mois à peiner pour arriver au bout du bouzin).

Demain, ciné !