Dans le boitier du DVD on trouve une petite brochure avec un avant-propos. Le texte est écrit par un professeur de cinéma, un mec qui, il y a déjà dix ans, avait publié huit livres sur le sujet. Dès les premières lignes, le ton est donné : Michael Bay est un véritable artiste, génie du cinéma. Okay. J’adore cette édition d’Armageddon. Je l’ai chopée d’occasion, sur les interwebs. A sa sortie ce coffret double DVD était déjà vendu au prix fort, entre 30 et 40$. Il faut dire que c’est la seule version Director’s Cut qui existe (okay, apparemment on compte tout juste trois minutes en rab’, mais sur le principe). La seule version avec une tripotée de bonus et plusieurs commentaires audio. Je voulais investir dans ce que je considère comme le film tellement parfait qu’il est trop parfait lors de sa sortie récente en haute définition. Mais ça aurait été une galette toute nue. Car les avantages que je viens d’énumérer sont exclusifs à l’édition Criterion.
The Criterion Collection a été fondée en 1984. Le but de cette société de production est de sortir des éditions de référence de grands films qui, à leurs yeux, méritent un traitement spécial. Ils ont commencé leur travail sur Laserdisc, avant de passer au DVD et à présent au Blu-Ray. Leur passion aura eu une influence gigantesque sur le marché de la vidéo. C’est eux qui ont été les premiers à sortir les films dans leur format cinéma d’origine au lieu des recadrages dégueulasses de l’époque. Vous savez, réduire les bandes noires en coupant des bouts d’images sur les côtés, le truc pour les connards inférieurs qui veulent que l’image prenne toute leur TV 4/3. Au début du DVD aux US of A chaque film sortait en version 4/3 ou 16/9. Qu’on autorise des gens à acheter la version pour cinéphobe me révulsait. Criterion a aussi inventé le concept de commentaire audio, et les bonus en général. Tout ça, c’était leur idée. Avoir une édition Criterion à la maison, c’est un peu Noel en fait.

La jaqauette en carton est super classe. Une affiche inédite est produite pour chaque film et arbore le logo discret de la collection. La qualité du transfert audio/vidéo et des bonus est sans égale, impossible d’avoir pareil ailleurs. Enfin, pas difficile vu que tout ce est produit en terme de bonus ou de restauration par Criterion est exclusif. Quand Michael Bay débute le commentaire audio d’Armageddon par « Bienvenue sur l’édition Critérion », c’est pas juste pour la frime. Criterion possède les bonus, et ne les partage pas. D’où l’absence de Director’s Cut d’Armageddon dans son édition « normale », tout comme les bonus. Logique, classe, mais pas sans inconvénients. Tant que Criterion n’éditera pas le film en Blu-Ray, les fans comme moi auront le cul entre deux chaises. Mais surtout, c’est le reste du monde qui peut crever. Car la collection Criterion n’existe qu’aux Etats-Unis. Et leurs disques sont tous zonés.

Je pourrais changer ce post en un nouveau pamphlet contre l’absurdité fasciste du système de zones des œuvres culturelles, en particulier à l’époque du tout numérique. Sauf que je suis trop occupé à regarder mon Armageddon, même sans sa jaquette et avec une boîte un peu pétée. Fuck j’adore ce film. Criterion aime nous ! On est l’Europ on est grave des gars cools !
Demain, je tape.





