824 – Listening Hero

Le jour de la fête de la musique j’étais dans une soirée un peu surréaliste, dans un loft gigantesque en plein milieu de Paris. Genre le loyer mensuel du truc ça doit être le PIB annuel d’un petit pays du tiers monde. Y’avait du champagne et, heureusement, du coca zéro. Niveau population c’était étrange, surtout la vingtenaire avec un chemisier blanc sur lequel étaient brodés des roses. Même ma grand-mère aurait trouvé ça kitsch. Quel est le fuck ? On était là autour de notre coupain Benjamin Paulin. A mon niveau, c’est le mec qui a un barbecue électrique chez lui pour faire des hamburgers maisons : les hambipaulins. Pour le reste du monde, c’est le mec qui va sortir un album chez Universal à la rentrée, et qui profitait de cette petite soirée en privé pour s’échauffer, cracher trois-quatre titres au micro, accompagné, devant un public. Au fond du canapé je mangeais des petits fours avec mon Pimp, qui décortiquait la performance.

J'avais oublié mon appareil, du coup hop, la pochette de l'EP. Clique pour le MySpace.

En fait, Benjamin, c’est plutôt un pote de Pimp. Depuis le temps que je traine par intermittence avec la joyeuse bande j’ai vu tous les coulisses du truc. Moi qui suis vraiment un pauvre naze en musique, j’ai fait des efforts. Je me souviens de la foi y’a un bon moment où j’ai passé le temps qu’il fallait à écouter l’album entier de Benjamin Paulin. Les pistes n’étaient pas encore finalisées, et à chaque nouveau morceau on m’expliquait un peu le thème, les idées de musique, les instruments. Je fermais les yeux pour mieux écouter, séparer les paroles du reste. C’était cool. En vrai. L’album il est super bien je veux dire. Après le parcourt du truc est juste complètement rocambolesque. Disons que j’ai assisté à des réunions de crise en mode « on va tous crever », « l’univers entier nous déteste » et compagnie. En clair : la sortie du disque a été repoussée un million de fois.

Le monde de la musique, ça a l’air d’être quand même de la grosse merde. Enfin, dans le sens où c’est presque pire que le monde de la BD, ou des livres. Là par exemple, le quatre titres de Benjamin est dans les radios, où des mecs payés pour ça écoutent et vont décider de l’avenir de l’album. S’ils aiment, ils diffusent, s’ils diffusent, alors les moyens sont débloqués pour faire quelque chose de classe. Et là c’est banco, les médias s’intéressent au truc et le public a l’occasion de se faire une vraie idée. Si les radios font « meh », tout de suite c’est nettement plus mal barré. Demerde-toi Benjamin, on te file deux trois plans presse et prie pour que les gens de la vraie vie tombent dessus et achètent des caisses. Alors en attendant, la crew en coulisses agite ses petits bras. Alimenter le MySpace, les réseaux sociaux, prévoir des concerts, faire des répèts de concerts dans des lofts de bourgeois avec du coca. Ce genre de trucs.

Jeudi dernier, il était pas mal le Benjamin Paulin. Les deux premières chansons, c’était le bordel, problèmes de son, petite appréhension. Mais la dernière, bordel on était à fond dedans. Entre nous, sur nos canapés, on trouvait que y’a des singles qui se perdent. C’était cool.
Prochaine étape, une nouvelle session sur une vrai scène de bâtards, à voler la vedette à d’autres kids qui n’en veulent. C’est demain au Bus Palladium, c’est à huit heures et demie et surtout, c’est gratos. En tout cas, j’y serai.

Pour la suite, j’en reparlerai sûrement à la rentrée. En feintant un peu je devrais pouvoir m’incruster à des trucs cools et continuer à regarder ça avec mes petits yeux de noob.

CLIP HOMEMADE STAGE !!!

Parce qu’en attendant de décider quel est le single, on est jamais aussi bien servi que par une bande de potes et une caméra.

FLYER STAGE !!!

807 – Top 3 Saturdays #50

Bon sang. Je ne pensais jamais pouvoir en arriver. Et pourtant… Je… je vais faire le top 3 des concerts de Sum 41 auxquels je ne suis pas allé.

Three – Paris

Sur mon bureau : mon billet pour le concert de Sum 41 qui aurait du avoir lieu lundi. Sauf que non. Accident de maladie de je sais pas quoi. En fait j’en ai marre, je veux pas savoir. J’avais payé ma place et j’allais kiffer le truc, malgré la setlist la plus minable possible du groupe (owai on ignore nos meilleures chansons parce qu’elles ont floppé !). Une fois de plus, la troisième, retour de bâton dans la gueule. Le plus drôle c’est que j’ai toujours pas récupéré ma thune. La régie attend de savoir quand aura lieu le prochain concert et me proposera à ce moment de récup mon pognon ou de reprendre une place. Le gag court toujours.

Two – Vienne

Bordayl mais Sum 41 en concert au théâtre antique de Vienne ! C’est la meilleure nouvelle du monde ! Ainsi s’exclamait le jeune Reilly. Forcément, du punk de gamin avec une accoustique en pierre dans une jolie petite ville pas trop loin de la maison. J’avais trouvé le cash pour le billet, le cash pour le TER. Bref j’étais chaud ! Sauf que, sauf que y’avait pas de train retour. C’était nuit blanche à Vienne, seul, dans la tristesse. Ou alors rentrer en stop. Ou alors faire les quarante et quelques bornes retour en roller. Ca se fait ! Si si ! Non, répondit la haute autorité parentale. Second fail. J’ai ragé et tenté de ne pas pleurer dans ma garçonnière le jour venu.

One – Belfort

- Hé ! Toi ! [Jeune Reilly en pantacourt/tee/baskets Quiksilver] Je suis sûr que t’aimes Sum 41 !

Je me retourne vers le hippy à dreads assis dans l’herbe, visiblement bourré, sur le chemin du camping.

- Ouais ! Je kiffe !

J’ai pas compris son insulte qui a suivi, trop occupé à éviter de justesse la bouteille de bière qu’il a tenté de me jeter au visage. Y’a pas à dire, les Eurocks, c’est de la merde. A fortiorri quand t’as pris le pass trois jours en grande partie pour Sum 41 et que le chanteur a une infection aux cordes vocales une semaine avant. Mass Hysteria a remplacé le groupe au pied levé. Le mec est arrivé sur scène et à fait :

- Salut, on est Sum 41 ! Non je déconne ! LAWLE !
- Va te faire enculer !!!

Ça, c’était moi, le seul mec à deux doigts de faire un remake du massacre de Columbine. Seconde esquive de hippies agressifs. Premier concert de Sum 41 raté. Fuck.

Au final, non seulement c’est la misère sociale d’assumer son amour immodéré pour la soupe, mais ça vous retombe sur le coin de la gueule. A un moment je devrais me poser les vraies questions sur mes goûts musicaux, ma gestion des concerts. Ou alors je peux attendre de voir Blink 182 à Rock En Seine. Et puis, Sum 41, je suis prio sur leur prochain show parisien… right ?

342 Bis – The Rock Show

[Suite de la note précédente]

On est resté là, à se regarder comme deux puceaux. Puis je me suis avancé vers ses lèvres, juste avant de me faire soulever du sol. Pas métaphoriquement de bonheur, on m’avait littéralement fait décoller. C’était un des voisins du camping qui avait et la bonne idée de me porter jusqu’à la sortie du festi, maintenant que tout était fini. La fille a ouvert grand les yeux avec un des regards les plus triste de tous les temps alors que j’étais trimballé au loin. Alors j’ai hurlé, gigotté mes baskets dans la gueule du gars et tambouriner son dos de rugbyman jusqu’à ce qu’il me jette par terre. Toujours sonné j’ai couru contre le courant de la foule afin de retrouver la belle, l’embrasser et passer la plus belle nuit d’amour de ma vie.

Peine perdue. En cinq minutes, avec le mouvement de plusieurs centaines de personnes, elle avait disparu. Je suis resté là un moment, hébété, à me dire qu’au lever du jour je serais dans le train. Fuck. C’était mon moment adolescent kawaï. J’étais pas le clubbeur à enchaîner les biatches. La fille timide et magnifique de concert pop, ça devait être ça le point le plus awesome de mon adolescence.

Alors je suis rentré, et je me suis souvenu qu’en fait, j’étais complètement casé jusqu’à la gueule. Bon, j’avais pas vraiment oublié, mais on ne fout pas un râteau au destin. Avec le temps je me suis dit que j’ai conservé mon honneur tout en vivant un moment tendre et fort à la fois. Tain, good times.

ROCK STAGE !!!

« I fell in love with the girl at the rock show, she said why, and I told her that I didn’t know »