711 – Inside The Eye Of The Storm

C’est un truc dont j’ai jamais vraiment su si je devais me vanter ou pas. Mais lorsque je me suis présenté à l’oral de l’école, j’ai établi une sorte de record sur l’année. De mémoire d’admis, personne dans ma promo n’était resté plus de vingt minutes dans la salle avec les examinateurs. Généralement les entretiens étaient pliés en cinq/dix minutes. Lorsque ce fut mon tour, j’ai agi comme une raclure de doberman qui ronge un os, j’ai rien lâché. Dès que le silence s’installait plus de deux secondes, j’enchaînais, quand il n’y avait plus de questions, j’enchaînais, quand je sentais qu’ils tentaient de conclure, j’enchaînais encore. Il a fallu, et je ne plaisante pas, me faire des grands signes pour me mettre dehors. Au final j’ai fini par me demander s’ils ne m’ont pas pris de peur que je revienne l’année d’après (dans cette logique ils devraient me filer un diplôme pour que je parte).

La logique était on ne peut plus simple. Tant que je n’étais pas sorti de la salle, je n’étais ni admis, ni recalé. J’étais le putain de chat mort-vivant, à battre des pattes dans le vide pour maintenir ce flottement. Pour mon bouquin, c’est un peu pareil. Le tas de feuille est corrigé depuis une bonne semaine maintenant, grâce à l’agilité du stylo rouge d’une ligne de plus dans les remerciements. Et moi je fais quoi ? Je m’assois dessus. Le manuscrit est on ne peut plus bouclé, mais je ne l’envoie pas. Il est le gendre idéal bien sapé sur le perron des parents de sa future copine, celui qui ne frappe pas à la porte de peur de se prendre un râteau. Mon bouquin n’est pas publié, il n’est pas refusé. Il est rien et tout à la fois. Et ça fait plus d’une semaine que ça dure. Quand est-ce que je bougerai mon cul ? Aucune idée.

Je ne vous l’avais pas dit à l’époque. Mais en octobre dernière (ou avoisinant), si j’ai pris mon courage par les couilles pour aller faire le tour des éditeurs avec un tas de papier sur le dos, c’est que je sortais de la rupture la plus brutale, sale et tétanique (comme dans « damn j’ai chopé le tétanos dans mes plaies purulentes ! ») de ma vie. Je suis allé démarcher MPLS avec la rage au ventre, le besoin viscéral de faire avancer les choses, persuadé qu’une fois devenu une star ultra bankable je pourrais me trouver une groupie bonnasse pour rire sur la tombe de mon ex. Minimum. C’était à l’époque où j’avais un chouille confiance dans le système, à braver le regard torve des secrétaires pour leur confier mes écrits. Maintenant j’ai plus tellement de courage, de confiance en moi, en le système, alors je chauffe de mon royal postérieur mon tas de feuilles fraîchement imprimées.

Techniquement, le chat de Schrödinger, si on n’ouvre jamais la boîte, il va finir par crever de faim. Mon bouquin, ça risque d’être un peu pareil. Déjà que je ne me souviens plus de la moitié des phrases qui le composent, si j’attends encore quelques mois il va falloir que je réécrive tout. C’est la dure loi du skill qui progresse tout le temps, face au papier figé. Je vais tenter de rager sur mes potes pistonnés jusqu’à la gueule, sur mes exs, sur la vie en général, sur un truc, et retrouver le feu sacré. Ca va venir. Mais putain ce que je suis bien assis en attendant.

Du coup, demain, rien à voir, on parlera sèche cheveux.

671 – Book Review 111

Chaque année depuis deux ans, on me demande pourquoi j’envoie pas un manuscrit au concours de romans de Technikart. La première fois MPLS n’était pas bouclé à temps. La seconde fois, je me suis dit que putain, un exemplaire me coûte 7,5€ en photocopies/reliure et que ça me casse les couilles. Puis j’ai vu ce qu’il advenait des gagnants. L’un d’entre eux n’a par exemple jamais réussi à placer son manuscrit, malgré la caution du magasine. Digression : si un des plus gros magasine hype galère pour pistonner ses propres gagnants, ça donne une idée de l’état de la presse mag (ou de l’édition) dans ce pays. Anyway. La gagnante de cette année, Carole Fives, a quand même trouvé un (très) petit éditeur pour relier son recueil de nouvelles : Le Passage. Notons, que leurs locaux sont en face de ceux de Tech. Je dis ça, je dis rien. Tout ça pour en arriver à lundi dernier, où a un diner on me passe un exemplaire de Quand nous serrons heureux.

Forcément, qui dit nouvelles dit un peu foutoir de pitch (malgré le fait que certains personnages se croisent timidement d’une histoire à l’autre). Si on devait trouver une thématique pour lier la vingtaine de récits qui composent le livre, ce serait la névrose/dépression. En gros tous les personnages sont bien fracassés et la plupart du temps c’est leur faute. On a une obsessionnelle de David Bowie, une traumatisée de sa laideur qui ne se supporte pas belle, une frigide qui découpe au scalpel le pénis du seul homme qui aura réussi à la faire jouir, une employée trop moche pour mériter une augmentation, une caissière suicidaire etc… Celles qui avaient lu le livre l’ont trouvé profondément déprimant, surtout en enchaînant les histoires. Sûrement mon côté cynique/pragmatique mais chaque personnage est prisonnier de sa propre névrose, chacun s’échine contre les barreaux de la cage qu’il a lui-même créé. J’étais plus dans une logique de bien fait pour leur gueule que de réelle compassion.

Petite réussite du recueil, le niveau des nouvelles est à peu près égal. Il n’y a pas de gros plantages qui plombent l’ensemble. Les histoires un peu clichés ou plus faibles ne durent de toute façon jamais très longtemps, chaque nouvelle ne s’étalant que sur une poignée de pages. Question style là encore la plume reste (malheureusement ?) cohérente. Une écriture agressive, qui alterne principale la première et seconde personne du singulier, use et abuse de l’indirect libre. Voilà qui donne un rythme assez soutenu à l’ensemble et favorise la vitesse de lecture. J’aurais bien aimé voir un peu plus d’expérimentations, peut-être sur une nouvelle plus lente, posée. A voir. Reste à parler du dernier récit, où un ami de l’auteur l’interpelle et critique le livre qu’on vient de parcourir. L’idée peut sembler séduisante, j’ai moyennement aimé dans le sens où ça brasse des choses convenues (les nouvelles c’est moins bien qu’un roman, l’écriture ça sert à rien) et où ça parasite mon propre ressenti.

On me dira que c’était sûrement fait exprès. Mais ça ne m’a pas moins gêné pour autant. Toujours est-il que dans le genre recueil de nouvelles, Quand nous serons heureux assure. C’est propre, cadré et plein de bonnes idées. J’aurais aimé que ça dure un peu plus longtemps, tout comme j’aurais adoré avoir des romans entier autour de certaines trames beaucoup trop courtes. Bon, bah au boulot Carole Fives ! Un roman naow !

Demain, on parlera d’Highlander (un peu) et de mon école (un peu).

Special – Contest 04

Tain. Il me semblait que j’avais eu un peu moins de participation la semaine dernière mais en fait non. Ca a une fois de plus pas été aussi simple que prévu de choisir. Plein de superbes histoires de fou furieux (Bordayl la MégaDrive quoi !). Finalement je ne peux pas résister à l’appel d’une anecdote à base de boules de coton dans le soutiens-gorge. Ce qui tend à prouver que même les nouveaux commentateurs peuvent gagner. J’espère que V avait utilisé son vrai email parce que c’est à cette adresse que je vais lui demander son adresse. Répétition, je sais. Sinon aujourd’hui, contrecoup de la note 500 obligé y’a deux trucs à gagner.

Comme ce matin on parlait du dernier Palahniuk, je pense fourguer Berceuse, qui est à mon sens, comme je l’avais écrit, le plus accessible. A part ça en étant le joueur le plus rapide et avec le plus de bonnes réponses sur 15 650 connectés (EPIC. WIN.) à 1 Contre 100 sur le XBox Live, j’ai gagné un code pour télécharger Braid, un pur jeu. Malheureusement, étant un homme de goût autant que de qualité, j’ai déjà acheté Braid. Donc je mets le code en jeu, il suffit que vous précisiez dans votre com’ si vous avez une Xbox. Du coup, deux gagnants ! Yay !

Berceuse étant l’histoire d’un poème qui peut tuer, on va faire un concours DeathNote/Cluedo. Au lieu de me raconter une histoire vous allez me dire qui vous tueriez en toute impunité si vous aviez la berceuse, et vous allez me préciser Qui tue, Qui Meurt, Où et avec Quelle arme. Comme dans un Cluedo. Exemple : La chef des pom-pom girls tue mon prof d’histoire sous son bureau par section du pénis et émoragie fatala lors d’un éternuement pendant une fellation pour avoir une bonne note.

Sachant que vous pouvez mettre plein de détails, en faire une nouvelle si vous voulez, enfin on s’éclate quoi on est là pour déconner. Have fun.