Dans le TGV pour Lyon samedi midi, j’écrivais mentalement cette note de blog. J’allais faire un truc en mode super vénère pour vomir du venin sur un(e) ou deux camarades de classe. Bon, okay, une. Même que j’avais tout prévu, du dossier et compagnie. Avec en cerise sur le gâteau un pur twist du genre « oh mon dieu mais c’est ouf une coïncidence pareille ! ». Mal réveillé, mal luné, j’avais la ferme intention de foutre un peu la merde. J’ai tout raconté à mon bro dans le train. Lui était plutôt consterné et a préféré dormir. De mon côté, j’ai continué à ruminer mentalement en me disant qu’après mon épisode de Smallville (Fact), j’allais m’y coller et profiter du trajet et du netbook pour écrire cette note. Sauf qu’une fois l’épisode terminé, le mi-chemin du trajet dépassé, j’avais plus tellement la motivation. Alors j’ai écrit carrément autre chose en me disant que la note de mardi, je la ferai plus tard.

Il existe un mécanisme de jeux-vidéo qui m’a toujours plus : les dégâts de territoire. Du genre quand dans Command and Conquer tu mets des bonhommes dans un champ de Tibérium, ils perdent leurs points de vie rapidement. Ou quand tu dois foncer dans une zone contaminée par des radiations ou un gaz toxique à toute vitesse pour ne pas crever. Je sais pas pourquoi, mais d’un point de vue de game design, j’aime bien. Du coup j’en suis venu à me demander si je ne subissais pas des dégâts de zone quand je suis à Paris. Une sorte d’empoisonnement crasseux qui s’insinue au fil des jours. Je veux dire, cet été j’ai quand même insulté un quadra par texto parce qu’il avait des gouts douteux en matière de cinéma. Et là en fin de semaine dernière j’ai taclé en reply to all à toute la promo une nouvelle que je ne peux pas encadrer (y’a un twist je vous dis).

En fait je suis un Zerg. Pour ceux qui ne jouent pas à Starcraft, les Zergs c’est de gros aliens dégueux qui ont la faculté de récupérer leurs points de vie. Le truc c’est que s’ils sont chez eux, dans leur zone, ils récupèrent leurs points de vie beaucoup plus vite. Bah moi c’est ma santé mentale et Lyon. Autant sur Paris au bout de quelques semaines je suis prompt à égorger le premier mec qui me chauffe venu, autant dès que je mets un tant soit peu les pieds chez moi, je me détends instantanément. Je crois sincèrement je devrais conserver un budget aller-retour de secours pour toutes les fois où je deviens complètement dingue. Peut-être qu’on tient là une nouvelle forme de névrose en fait. Le pire c’est que je crois bien que c’est Paris qui est toxique, puisque partout ailleurs je ne deviens pas à ce point une version infâme de moi-même au fil du temps.

La mauvaise nouvelle dans tout ça, c’est que je rentre demain à Paris, avec tout ce que ça implique. Donc venez me casser les couilles dans trois/quatre semaines et qui sait sur quoi je vais finir par bloguer. Rien n’est jamais perdu ni oublié.





