Quelques mois plus tôt, Navo me demandait « Hey Le Reilly ! Tu crois ça serait genre une bonne idée que je prenne un agent pour chercher un éditeur pour la bande pas dessinée ?! ». Il est comme ça Navo, naïf avec un cœur d’enfant. Je lui ai dit que c’était la meilleure idée pour se faire haïr par toute la profession. D’ailleurs, j’étais pas le seul à le prévenir. Wandrille, le boss des éditions Warum, lui a conseillé la même chose. Bah t’as qu’à m’éditer moi, qu’il a répondu le Navo. Le mec réfléchit : Okay. Retour au présent, où le premier tome de La bande pas dessinée, version papier, trône fièrement sur mon bureau. Un peu plus d’une centaine de strips, sélectionné parmi la première saison du blog, agrémenté d’une série d’inédits. Un vrai recueil avec une vraie jolie couverture pleine de petites conneries. Classe.

Pour ceux qui l’ignorent, La bande pas dessinée c’est plus qu’un concept. C’est un pas concept. L’auteur Navo est très fort en blagues, mais très mauvais en dessin. Les blogs BD, ça cartonne alors commet infiltrer un peu le truc ? En feintant. Il suffit de dessiner des cases, mettre des bulles, mais rien d’autre. Pas de décors, pas de personnages dessinés, tout se passe hors champ. Et ça fonctionne. Rapide à dessiner, rapide à lire, le blog de La bande pas dessinée explose assez vite et rassemble moult de lecteurs. Moult comme dans beaucoup plus de lecteurs que le plus lu des blogs que tu lis. En gros. A titre perso, ça me semblait plus que logique qu’un bouquin voit le jour. Même si, pour son auteur, c’est un peu difficile de se remettre face aux prémices de sa BD, à ne voir que les défauts et à préférer forcement ses créations les plus récentes.

Pas de quoi rougir pour autant. La lecture du recueil est plus sympa, parsemée d’éclats de rires. La bande pas dessinée est une BD assez foireuse dans la mesure où je trouve des gags super mauvais, d’autres supers mauvais mais drôles quand même, et des coups de génie. Le niveau m’a semblé hétérogène mais le facteur hystérie vient rattraper ça. A savoir plus on en lit d’affilée et plus on rit facilement. Le problème c’est que coup on dévore tout le livre en une ou deux fois, les douze euros font alors un ti peu mal. J’ai la chance de ne pas me souvenir/avoir lu les premiers, ça rattrape. Mais ce que je préfère, c’est quand Navo joue avec le format, quand les cases se révoltent ou que l’humour s’amuse du concept justement. N’importe qui aurait pu avoir l’idée de départ. Savoir l’exploiter pendant des centaines de strips, parfois à suivre, en créant une galerie de personnages, c’était moins gagné. Respect.

Je suis fan de Navo de toute façon, parce que c’est un vrai artiste, complètement paumé et naïf. Forcez le à vous pondre il truc il sera paralysé, mais laissez le tout seul dans un coin et il va assurer. Un artiste quoi, avec un bouquin en librairie. Ca le perturbe encore un peu. Je suis sûr qu’il va s’y faire. De toute façon il a pas le choix, on veut le deux.
DEDI STAGE !!!






