989 – Phone Games

Est-ce que vous avez des relations téléphoniques longues durées avec votre moitié ? Vous savez, quand on passe des heures au téléphone, de manière répétée, avec une ou plusieurs personnes. Par exemple j’ai commencé dès le collège à passer des coups de fil quasi quotidiens de parfois jusqu’à deux à trois heures avec ma meilleure amie de l’époque. Tout comme même après l’arrivée d’MSN je pouvais finir mes nuits à débattre du monde et des filles avec un ami. Ceci culminant avec l’ex-femme de ma vie, que j’appelais en moyenne huit heures par semaine, quoi qu’il arrive. Une mauvaise habitude un peu tenace. Je fais ce que je peux. Bon, sachez que si jamais je vous ai eue au téléphone plus d’une d’heure d’affilée, y’a de grandes chances pour que j’aie fait autre chose en même temps. Y’a de grandes chances que j’aie été en train de joué à la console.

Je suis incapable de « seulement » téléphoner. Ça m’est impossible. Je DOIS marcher, tourner en rond, laver la vaisselle, faire ma lessive à la main, préparer un truc à manger. Ou jouer à la console. Mais attention je ne peux pas jouer à n’importe quoi. Deux conditions doivent être remplies : je dois pouvoir tirer du plaisir du jeu sans son (puisque je parle et qu’on me parle) et ce doit être un pur jeu de coordination des mouvements, de réflexes, sans aucune partie de réflexion (puisque je suis concentré sur ce que je/on me raconte). Le but étant que mon activité au pad soit complètement transparente pour mon interlocutrice, pour ma chérie d’amour, qui ne doit se douter de rien. Sinon, elle fait la gueule parce que je ne suis soi-disant pas à fond sur elle. Mais si je ne fais rien pendant que je téléphone, je suis moins sympa, plus pressé, plus occupé à penser à ce que je vais faire après.

Sans parler du fait que plus le temps passe dans la vie, moins j’ai l’occasion de jouer. Entre le rythme de cours/stages, le blog/écriture et compagnie. J’en arrive à faire des jeux de A à Z au téléphone. C’est le cas par exemple de Super Meat Boy et Shank. Un jeu de plates-formes et un beat-them all. Sauter au-dessus du vide, éviter des scies circulaires, tabasser des hordes de mec, aucun besoin de penser, de réfléchir de prendre la moindre décision intellectuelle. Alors malheureusement je pers toute expérience sonore, mais je peux boucler ce type de jeux dans leur intégralité tout en discutant en même temps, de manière complètement transparente. Je crois que c’est une forme de compromis. Auquel je ne suis pas prêt pour tous les jeux. Par exemple je fais les quêtes secondaires de Fable III au téléphone, mais l’aventure principale c’est tout seul, son à fond. Même chose pour Vanquish par exemple.

A une époque c’était le mode multijoueur de Modern Warfare II, cette semaine c’est NBA Jam, mais je réserve toujours un « jeu de téléphone ». Mon plaisir secret, un peu coupable, bercé par une voix de femme dans mon oreille. Et quelque part, quelque chose me dit que je dois pas être le seul à fonctionner comme ça.

Sur ce, on m’appelle, j’allume la Xbox.

863 – The Other First Time

[Entre le TGV à 6h54 et le mémoire, vous m'excuserez pour les images.]

Au lycée, y’avait la petite sœur d’une amie qui était genre nucléaire. Gymnaste au ventre parfait et aux petites fesses rondes, elle était surplombée d’une tête de poupée. Forcément, elle irradiait, bombardait la plupart des mecs pour qui la regarder pouvait rendre fou. En vrai elle faisait pas exprès, complètement immature et ingénue. Parce que je trainais avec la grande sœur, j’avais les faveurs de la petite, platoniquement s’entend. Au fil du temps j’étais devenu le référent garçon plus âgé avec qui elle pouvait parler de sexe. Un matin elle a débarqué toute rouge de honte. Il a fallu qu’on s’isole pour qu’elle m’avoue que la veille son ex l’avait chopé assez brutalement dans les escaliers de chez elle. Sans capote. Alors qu’il était assez connu que le type était du genre infidèle et connard. J’ai paniqué à sa place, vu qu’elle était trop occupée à s’en vouloir. Quand j’ai demandé si elle comptait aller se faire dépister pour le principe en temps voulu. Elle m’a répondu qu’elle osait pas.

Le truc à comprendre sur cette fille, c’est qu’elle aimait être poussée. Enfin, dans le sens où plus le mec la violentais et la forçait, plus elle prenait son pied. Elle était capable de dire non à celui dont elle ne voulait pas et de lui éclater les couilles si nécessaire. Mais son mec, celui qu’elle désirait, s’il la prenait en levrette dans les escaliers de son hall, s’il la giflait, s’il était violent, elle kiffait. Vraiment. Je crois que c’est pour ça que je n’ai jamais vraiment rien tenté. Parce que jouer à ce jeu avec une fille de pas seize ans, alors que j’étais son ainé, avec sa tête d’ange. Je ne sais pas si avec mon recul actuel je pourrais, mais à l’époque pour moi, c’était pas possible. Indépendamment de ça, je me disais que si à sa première incartade niveau protection elle ne faisait rien, ça pouvait créer un précédent. Qu’avec sa façon de prendre son pied, c’était une mauvaise idée de commencer en n’allant pas faire face aux conséquences. Je lui ai dit que je l’accompagnais.

On s’est retrouvé le moment venu, à l’insu de son mec, de sa sœur, de ses amis, tous les deux dans un centre de dépistage anonyme après les cours. Le truc un peu glauque, mal éclairé. Je savais que je ne risquais rien, étant alors engagé dans une relation de type monogame exclusive et clean. N’empêche, c’était ma première fois à venir faire ça en anonyme, avec les flippés. On est malheureusement tombé sur un médecin psycho, le genre qui t’engueules après t’avoir forcé à faire l’historique de tous tes partenaires dans les moindres détails. Tu m’étonnes qu’elle n’y serait jamais allé seule, la petite sœur. Une semaine plus tard j’ai servi de nouveau d’escorte pour aller récupérer les résultats. Négatif, tous les deux. On s’est sauté dans les bras, je suppose que c’était le truc à faire, puis on est allé boire un coca (à défaut d’aller se choper direct bareback dans un recoin).

Cette fille, je l’ai perdue de vue et impossible de la retrouver, n’étant pas du genre connectée et la grande sœur ayant toujours le soupçon que j’attente à sa vertu. Je ne sais pas si l’expérience aura servi de leçon. Je sais que ce fut le cas pour moi. Comme dernièrement où, post-accident de capote, je n’ai d’abord pas voulu faire face à la piqure. Je veux dire, j’ai discuté avec la fille, rationnalisé le truc et pensé en pourcentages. Les chances étaient infinitésimales. Deux trois mois plus tard, je me suis quand même décidé, okay un peu aidé par une amie. Mais aussi parce que y’a une demie douzaine d’années, j’ai poussé une fillette à faire de même. J’ai tenté de lui apprendre à ne pas s’en foutre, de ne pas créer de précédent où on laisse filer après un risque. J’y suis allé pour ça, pour le principe, pour faire exister une conséquence à l’accident, une conséquence à mes actes. Question d’hygiène mentale.

Négatif, au fait.

856 – Abre Los Oros

Okay, je vous le dit à vous mais vous êtes pas des baltringues alors vous répétez pas. Mais si y’a un bien un truc qui l’exaspère prodigieusement chez ma meilleure amie, c’est sa capacité incroyable à s’endormir devant un film, que ce soit au cinéma ou à la TV. Je déconne pas, c’est le genre de personne qui sombre au meilleur moment de Toy Story 3 et à qui il faut raconter des bouts à la fin de la séance. Même tarif quand je tente de l’initier à The Last Airbender, le dessin animé. Parfois incapable de tenir vingt minutes d’affilée, elle était obligée de regarder les épisodes en kit. Tout ça c’est la faute de son stage, qui l’épuise, et de son petit corps fragile de meuf persuadée d’être obèse alors qu’elle est mince. A moins que ce ne soit à cause de sa manie de regarder des séries depuis le fond de son lit pour se coucher.

En vrai j’ai failli m’endormir deux fois au cinéma. La première c’était pour Les triplettes de Belleville. Le dessin animé le plus chiant à en crever du monde. Je suis désolé mais le style m’accrochait pas, le truc en silencieux en combo avec une journée marathon et la clim à fond, c’était l’enfer. Vous savez, ces moments où on se mord l’intérieur de la joue pour ne pas sombrer. Puis pour ne pas niquer mon record : ne JAMAIS s’endormir dans une salle de cinéma. La seconde fois c’était pour Kirikou II, aka la fausse bonne idée. Hé les mecs si on faisait une suite à base de petits courts métrages sans prétention réalisés sans budget et donc tout saccadé. Fuck. Quand je pense que j’étais seul dans la salle avec Martha, une fille avec des gros seins mais des cheveux frisés. Et les cheveux frisés, c’est plus fort que l’envie de coucher dans une salle de ciné vide. Baillements.

Dernièrement je me rappelle cette pure soirée à regarder Les deux tours en version longue au rétroprojecteur en fin de soirée jusqu’à l’aube. J’étais le seul à rester réveillé. En fait je ne crois pas être capable de m’endormir devant un film, un série. Si je suis trop crevée, je ne lance rien. Je fais autre chose. Je ne suis pas comme ma meilleure amie à me dire que si, je vais genre trop arriver à rester éveillé ! Si je vous raconte tout ça c’est parce qu’en vrai je crois que c’est à la limite du rédhibitoire pour moi une fille qui s’endort devant un DVD. Je pourrais trouver ça mignon et lui caresser les cheveux pendant qu’elle ronronfle la tête sur mes cuisses. Mais non. Quand je regarde un truc à plusieurs, c’est que j’ai envie, c’est que j’ai besoin de le partager. De guetter du coin de l’œil les réactions de l’autre, de pouvoir en parler après.

Le cinéma, les séries, les dessins animés sont une grande partie de ma vie. Une copine qui ne survit pas à une scène d’action de plus de trois minutes sans piquer du nez, ou qui préfère me mentir sur sa capacité à rester debout ce soir au lieu d’aller se pieuter, je suis pas certain que ça m’aille. Puis, soyons réalistes, ça me fait penser à mes grands parents qui piquent du nez tous les soirs devant le poste. Eux je les aime par contre. Rien à voir.

Au départ je voulais aussi bifurquer sur le sexe et la drague en combo avec le ciné et la TV mais ce sera pour une autre fois. Le sujet est VASTE.

N’empêche. Ma meilleure amie, dans un film de Freddy, elle crèverait en premier.