933 – Of Good And Evil

Sharkboy est de retour. Yay ! Pour ceux qui n’étaient pas là et pour ceux qui ont oublié, Sharkboy est le camarade de classe chez qui je suis allé squatter à New York en décembre dernier. J’avais passé deux semaines de pied total à manger des trucs cools et squatter à des soirées encore plus cools. Puis je vous avais un peu parlé de l’ami Sharkboy, et de sa passion sans limites pour les filles. D’ailleurs quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’il avait rédigé son mémoire à propos des flirts à Manhattan. A un niveau universitaire on pourrait parler d’observation participante. A un niveau plus terre à terre j’ai envie de dire que non seulement il a passé l’année à choper la moitié de la ville mais il a réussi à remarketer tout ça en forme de mémoire. Moi je respecte. La mauvaise nouvelle, c’est que vu qu’il est de retour sur Paris, vos femmes et filles sont en danger. Toutes.

Qui dit nouvelle promo de l’école, dit nouvelles oies blanches. Le truc à Neuilly, c’est qu’on se retrouve avec pas mal de filles casées jusqu’au cou, un peu coincées, dans des problématiques de couple assez basiques. A mon niveau, je trouve ça rassurant, ça me prouve qu’il existe des personnes qui ne vivotent pas d’un plan cul jusqu’au prochain drame jusqu’à la prochaine relation pourrie. Elles sont la définition du contentement. Le revers de la médaille c’est que si elles ne sont pas à deux cent pour cent amoureuses de leur homme, il en faut peu pour faire vaciller leur petit univers. Vous savez ce qu’on dit, qu’il faut parfois laisser les gens faire leurs propres erreurs. Un truc avec lequel j’ai toujours eu du mal. On t’a expliqué que si tu te jettes sur les rails du métro, tu meurs. Alors tu le fais pas. Mais on devrait excuser les premières adultères, les conneries sentimentalo-cul, parce qu’il faut faire l’erreur pour apprendre. Conneries.

C’est ça le truc. Quand j’ai fait des choses répréhensibles à ce niveau, je ne me suis pas cherché d’excuses. J’ai agis mal parce que je le voulais, pas pour tester les limites du tissu social. Et j’étais là, à ressasser mes idées sur la question, pendant que Sharkboy travaillait au corps une oie blanche en doute sur son couple, sur si elle « profite » de sa jeunesse. Je le voyais user de toutes les vieilles astuces, les arguments d’autorité, le comportementalisme, la programmation neuro linguistique, les techniques de drague de base. Et elle tombait dans tous les pièges. Même Will Coyote n’est pas aussi masochiste. Le fait est qu’il est très bon, elle qu’elle n’y connait rien. Un cerveau d’ingénue, ça se retourne à la pelleteuse qu’elle ne tilterait pas. Alors j’ai fait le truc le plus stupide du monde, face à l’avocat du diable j’ai revêtu mon costume de Phoenix Wright et j’ai tenté de faire la voix de l’ange placé sur l’épaule.

Dans ces moments-là le réel vient vous foutre une grande tarte dans la gueule d’avoir été aussi naïf. Le bon droit et le bon sens ne peuvent pas tout fasse à un serpent beau parleur. Surtout quand la fille entend « on te sauterait mieux », « on te ferait plus d’attentions », « tu aurais plus de libertés » et ainsi de suite. Il est beau le contrat, plus que les petits caractères, les soirées en solitaire à la maison, les connards et le risque de perdre le fond d’innocence qui reste. Je le sais parce que Sharkboy n’a plus rien à voir avec son homologue amoureux et fiancé d’avant le pétage de câble. Je le sais parce que je suis un peu cassé qu’avant. Been there, done that.

Je suis rentré chez moi la gorge sèche et les tempes en feu. J’ai fait ce que j’ai pu mais je crois que sur ce coup, mon pote a gagné la bataille. Peut-être qu’il faut laisser les gens faire leurs propres erreurs, que de toute façon on ne peut pas les en empêcher, l’alternative est bien trop séduisante. Mais ça ne m’empêchera pas de considérer que soit tu assumes ta connerie avant de la faire, soit tu es faible et/ou stupide.

792 – Lost Boys

Cette semaine j’ai eu des nouvelles d’un pote, le mec genre complètement extatique. Mec, qu’il me dit, tu vas trop pas le croire mais l’autre soir j’étais avec tu sais qui, et devine quoi ?! Heu… quoi ? ON N’A PAS COUCHE ENSEMBLE !!! Okay. Donc là c’est le moment où je dois aller forger une médaille en platine pour le pote, puisque c’est ce qu’il veut. Ceci étant dit, techniquement, il ne l’aurait pas volé. Faut dire que monsieur s’est trouvé une fille bien, une avec qui il serait éventuellement prêt à voir si y’a moyen de faire durer un peu. Pour lui c’est pas super facile à assumer ce genre de choses. C’est ça le problème quand on est émotionnellement fracturé et qu’on a une propension à attirer les jouvencelles en pleine éruption hormonale. Je vais essayer mec, qu’il a conclu. Cette fois je fais un choix je suis mature !

Pendant ce temps là, à New York, Sharkboy est en plein désarroi (oui, mon blog est international). Deux semaines plus tôt il s’inquiétait de craquer pour une jolie fille plus âgée. Il avait surtout peur de s’attacher, rapport au fait qu’il est Sharkboy et que les femmes sont faites pour êtes mastiquées jusqu’à disparition totale de la saveur, puis nœud à la capote, poubelle et suivante. Mec, je suis accro et j’aime pas ça qu’il me maile. Damn. A mon petit niveau j’allume une cigarette en chocolat sur mon balcon imaginaire et je me souviens de décembre. A l’époque il avait rencontré une fille juste adorable et magnifique. Un soir de beuverie au coca, il me confiait que celle là, ouais celle là il pensait rester avec un moment, parce qu’elle vaut le coup. Non c’est sûr, y’a moyen qu’il se range. En fait, décembre pour Sharkboy, c’était so 2009.

Quelque part je suis content d’avoir Pollux comme meilleur ami. Pas seulement parce qu’il a la puissance nécessaire pour balayer mes ennemis d’un revers du petit doigt. En vérité Pollux est peut-être le dernier ami proche qui soit en couple, depuis longtemps, et heureux. Pas de crasses à base d’amants dans le placard, pas de coups de pute ou de périodes sans. Pollux et Polluxette sont ensemble, et bien ensemble. Je me demande si depuis un moment je ne choisis pas de me rapprocher des mecs instables sentimentalement de manière inconsciente, par mimétisme avec ma propre situation. J’arpente les routes du pays où tout le monde est célibataire et où tout le monde se jure à intervalles réguliers que celle là, c’est la bonne. Dans le doute, parfois, ça se tape ses exs. A force j’en arriverais presque à croire que tous les mecs de mon âge en sont là. Alors j’appelle Pollux, et ça va mieux.

En attendant de retrouver ma fougue et de briser le cercle vicieux du néant, je vais continuer à manger des pizzas et échanger des mails avec les optimistes aux résolutions aussi fragiles que sincères. A force, ils finiront bien par se surprendre, et moi avec.

764 – Crash Landing

Elle était venue avec un Tupperware plein de brownie maison. C’est le genre de trucs qui comptent pour un premier rencard. J’ai dévoré le gâteau, assis sur les quais, pendant qu’elle me racontait que niveau CV, elle avait réussi là où j’avais ramassé mes dents bien des années plus tôt. Un dévoilement d’affinité en entrainant un autre, on s’est retrouvé chez elle. Et c’était bien. Enfin, pas en terme de terminaisons nerveuses bassement chatouillées sous une couette. Pas seulement. C’était bien sous les doigts, sous le corps, derrière le cerveau. Un de ces rares cas où on se dit que ouais, pour le coup ouais, on aimerait voir si y’a moyen de faire durer, de profiter, de tenter le coup. Simplement. Ça aurait été passer outre la loi de Murphy, l’emmerdement maximum, le retour de karma dans les genoux deux semaines plus tard : « J’ai envie d’être égoïste un peu, de profiter, je veux pas me poser. Puis y’a pas que toi en fait.”

Croyez-moi si vous le voulez, mais c’était absolument la première fois qu’on me faisait le coup. Ever. Pourtant c’est pas faute de connaître le script par cœur. Cette pièce, je l’ai jouée je sais pas combien de fois ces derniers temps. Le moment merdique où tu réalises que si ça continue, si l’autre s’attache, ça va finir dans les larmes et le  sang. Le moment où tu sors tes antisèches, celles avec marqué « C’est pas toi, c’est moi », « Je suis sentimentalement indisponible », « Je voulais juste qu’on prenne du plaisir mais ça me déchirerais de te voir souffrir ». Bla bla bla. Au moins en ce qui me concerne je ne m’y suis pas habitué. J’arrive pas à faire ça proprement, yeux dans les yeux, parce que ces bouts de texte, j’y crois vraiment. Pas encore de bullshit, toujours un fond de palpitant qui s’agite, même mollement. Elle y croyait aussi je pense, à ce qu’elle disait. Assez pour culpabiliser pendant que je me morfondais chez moi.

Okay, c’était pas l’amour at first sight, le truc de fou furieux qui vous crucifie sur place et vous posse à écrire des lettres d’amour en anglais. Sauf que tout de même, ce premier soir, quand je suis rentré chez moi à trois heures du matin (quand je vous dis qu’elle était bien, elle m’a pas forcé à rester dormir), je me suis dit que j’avais enfin mis la main, littéralement, sur quelqu’un avec qui j’aurais aimé me poser, histoire de voir. Quelques jours plus tard, alors que je racontais mon weekend à un pote, il conclut en me jetant au visage que « Toi t’as craqué sur elle ». No kidding. Au lieu d’un bout de belle histoire, j’aurais finalement goûté à mon propre venin. Beurk. Sincèrement beurk. Comater au fond d’un fauteuil la journée à espérer des nouvelles qui ne viendront pas vu qu’elle essaie d’enterrer l’histoire. En fait, c’est pas fun. J’ai rétrospectivement présenté mes excuses à mes « exs » dans mon fort intérieur. Pas sûr que j’aie été entendu.

On pourrait croire que ça m’aura assagi, fait prendre un peu de distance. Perdu, ce fut exactement le contraire. Le mal engendre le mal comme on dit. J’en parlais avec un ami (pas le même, un autre), et à mi mot je préférais en conclure que j’étais pas encore insensible, et toujours à l’affut d’une occasion d’y croire. Quant à la fille, je la stalke un peu. J’ai toujours cru au dicton qui dit que le sexe change les amies en inconnues et les inconnues en amies. Tout se transforme, rien n’est jamais perdu.

Demain ? Aucune idée. Chaque jour suffit sa peine toussa j’écrirai un truc à la bourre et vous verrez bien.