Jeudi soir je prenais un café vers St Paul avec une coupine. Alors qu’on parlait des séries de la rentrée, je lui conseillais fortement de regarder Flashforward. Okay ça prend un peu le téléspectateur pour un con, c’est pas toujours hyper subtil, mais ça reste plus qu’honnête comme thriller fantastique avec un plan à long terme qui semble cohérent. Ma potesse rejeta ma suggestion d’un revers de manche de chemisier. Non mais moi j’aime pas trop la science-fiction tu vois. Dommage que je n’aie plus de café à ce moment là, j’aurais bien aimé lui cracher au visage sous le choc. Non parce que dans FlashForward, a part le fait que les persos aient eu une vision collective, il n’y a aucun élément de science fiction. Sa réaction pourtant toute simple n’aura fait que confirmer ce que pensent les bâtards du marketing chez les grands networks américains. Une mentalité paranoïaque qui conduit au sabotage.

Cette année trois séries ambitieuses devaient être lancées. Nous avons d’abord le remake de la série pseudo-culte V sur des lézards qui envahissent la terre. Sci-Fi lance Caprica, le spin-off de Battlestar Galactica qui traite de cyborgs ainsi que d’intelligence artificielle. Enfin Day One est sensée nous raconter un futur apocalyptique, après que les aliens aient gagnés. Tout ça avait l’air bien bandant sur le papier ! Sauf que la production de Caprica s’est stoppée net pour plusieurs semaines, problème de scripts. Même tarif pour V, qui va se retrouver avec seulement quatre épisodes diffusés cet automne, la suite au printemps. Quant à Day One, la série est passée d’une commande de douze épisodes à une mini série de quatre heures. Tout ça parce que les études marketing montrent que la science fiction en fonctionne pas, que les vrais gens de la vraie vie en ont peur. D’où une paranoïa généralisée qui conduit et l’amputation de projets qui, défigurés, vont forcément se planter. Ou comment créer soi même les circonstances de l’échec redouté.

Visiblement les décideurs sont trop cons. Peu importe que District 9, film produit sans interférence des studios, ait cartonné autant au box office que chez les critiques. Ils refusent de comprendre que si le projet est solide, si la communication est au niveau, il peut fonctionner. La preuve, le nouveau Bruce Willis, Surrogates, c’est planté. Forcément le public est contre la SF, rien à voir avec le fait que le film est naze. Alors ils purgent les scripts de V pourquoi jamais ne soit prononcé le mot « Alien », ils insistent à chaque conférence de presse pour signaler que FlashForward est simplement un thriller fantastique. Les scénaristes de Lost ont expliqué en interview comment ils ont du feinter pendant des dizaines d’épisodes pour introduire suffisamment lentement les éléments de science fiction afin de ne traumatiser personne. Pendant ce temps là, sur la Fox, Fringe se porte extrêmement bien. Etrange que ce soit une série de qualité, aussi bien écrite que travaillée esthétiquement.

Perso je prie toujours pour que l’audience des saisons massacrées de Day One et V redonnent un peu de courage aux exécutifs. District 9 a prouvé que le public est capable de passer outre ses préjugés. Une fois de plus, je pense que les résultats du box office d’Avatar en fin d’année seront déterminants pour le paysage culturel et la science fiction en particulier. On en reparlera. D’ici là puissiez vous garder l’esprit ouvert et surtout kiffer, kiffer et encore kiffer. L’imaginaire, ça sert à ça.
Demain, critique ciné.
HORROR STAGE !!!
Au fait, j’ai rédigé cet article en écoutant le nouveau single de Miley Cyrus. Ca vous fait flipper hein ! En plus il est vraiment merdique.


