C’est fou la perception qu’ont les gens du prix de la culture. Ca n’a jamais été aussi évident que dans les commentaires sur mon article sur UGC. On ne questionne pas vraiment le prix du lait, ou d’une bagnole, d’une console de jeu, d’un appart’. Bien sûr on gueule quand c’est trop cher, on s’abstient quand on n’a pas les moyens. Mais quelque part on comprend par quelle logique le prix est fixé. Alors que la culture, forcément, c’est plus vague. Deux films qui ont coûtés des sommes diamétralement opposées pour être tournés se retrouvent vendus au même prix en DVD, leur place de ciné coutant la même chose. Et puis une bouteille de lait chacun en tire la même chose, un bête putain de litre de lait. Alors qu’un film, qu’un livre, on ne sait pas à l’avance si on va en avoir pour son argent, pour son temps.

Si je vous parle de ça c’est parce que depuis un mois je veux le Blu-Ray de Jennifer’s Body. Ce film est dans mon top 10 de 2009 et un objet cinématographique que j’ai envie de revoir, tout comme je crève d’envie de sucer la galette jusqu’à la moelle pour ses bonus. Seulement, il coûte trop cher. Ou tout du moins j’estime qu’il coûte trop cher pour moi. L’autre jour j’étais à Virgin Mégamagasin et l’étiquette de 25€ avait le même effet sur moi qu’un crucifix sur un vampire. Comme le disque US est zoné (merci la Fox), le plus bas tarif se trouve en Angleterre, pour 18€ et sur Amazon à 20€. J’avais écrit tout un article sur la politique de prix des Blu-Ray à travers le monde face au DVD mais j’ai préféré vous l’épargner et repartir de zéro. Parce que le fond du problème je crois, c’est que si je ne suis pas prêt à mettre un billet pour un film dont je meurs d’envie, c’est à cause de ma carte illimitée UGC.

C’es mon côté homo économicus. Je vais au cinéma en moyenne entre huit à dix fois par mois. Ce qui me ramène chaque film à un peu plus de deux euros, sur un écran géant avec les fauteuils qui vont bien. Le blu-ray de Jennifer’s Body me coûterait donc dix fois la valeur que j’accorde au quotidien à un visionnage de film. Sachant que je vais le regarder une fois seul, une fois pour les bonus et peut-être deux fois avec des amis. Soit quatre fois deux euros. Mettons que je considère que la haute def’ et la flexibilité d’avoir la galette chez moi valent deux euros à mes yeux. Me voilà seulement à la moitié du prix de vente du film. Dix euros, c’est ce que j’ai payé pour mes autres Blu, neufs ou d’occasion : Fight Club, 99Francs, Southland Tales et Closer. C’est le prix plafond dans mon cerveau malade. Voilà peut-être ce que je voulais dire quand je disais que vingt euros pour une carte ciné Illimitée c’était rien. Pour le prix d’un film sur disque, je vais dix fois au cinéma par mois. Ou comment remettre en cause tout mon système de valeur des galettes en plastique.

Parce qu’il y a une époque où j’achetais des DVD le jour de leur sortie, où j’ai déboursé mon billet de vingt pour Incassable Collector avec boîtier deluxe de sa race. Mais maintenant j’arrive juste pas. Alors je fais comme je peux, à savoir que je couine sur mon blog que la vie c’est trop cher et que le pricing des films est absurdes (damn je regrette mon autre note finalement). Et je vais faire comme d’hab’, comme j’ai fait pour Bayonetta sur Xbox par exemple, je vais attendre que ça baisse (oui je sais, ça paraît fou).
M’empêchera pas de vous en parler demain.




