763 – Social Barking

Je crois l’avoir déjà mentionné à plusieurs reprises, mais je fais la plupart du temps une très mauvaise première impression. Ce n’est pas la note où j’essaie d’expliquer pourquoi. On verra ça un autre jour. Si je le mentionne à nouveau c’est parce que je me souviens que pas mal de mes premiers potes du net ne pouvaient pas me blairer au départ. Prenez l’exemple de Mr Grand (oui, comme son nom l’indique). On ne se serait jamais parlé si je ne l’avais pas prodigieusement irrité à bomber le torse et faire le beau sur un forum d’arts graphiques. Il a montré les dents, genre petit con d’où tu te la pètes ? Et moi de grogner à mon tour, shut the fuck up je sais de quoi je parle et je vais te le prouver ! Echange de mails, de fichiers et de bons mots. Un an plus tard je passais ma première semaine de cours à Paris sur son canapé dans l’attente d’un appart’.

Mr Grand fut loin d’être le seul à suivre ce schéma. D’où adaptation de la maxime que je vous sortirai demain (oui, le blog à voyager dans le futur) : une engueulade ça transforme des inconnus en amis et des amis en inconnus. Les potes des Internets que j’ai pu me faire ces derniers mois avec qui j’ai fini par clasher ont complètement disparus de mon radar (et inversement). Certains d’entre eux ragent encore en mode Gollum dans les recoins obscurs des réseaux sociaux. Alors que pendant ce temps, une bonne session insultes courtoises avec un type qu’on a jamais vu mais qui ne peut pas vous sentir permet toujours de dénouer les choses. Prenez ce prétendu fils de chacal qu’est William Rejault. Lui tailler un costume trois paragraphes n’aura pas eu comme seul effet que de me détendre, mais ça aura favoriser un enterrement de hache de guerre autour d’un mojito et l’échange de textos gay-friendly à intervalles semi-reguliers.

Un peu de théorie de comptoir. Dans les Internets nous n’existons pas vraiment. Ce n’est pas un scoop qu’être bien peinard derrière un écran désinhibe. Au point souvent de nous faire agir de manière plus primaire que dans la real life, voire de blesser le pauvre type de l’autre côté de la série de tubes. Montrer les dents, grogner et taper du poing sur le blog permet de ramener son interlocuteur à une certaine forme de réalité. J’existe, je suis là. A partir du moment où une interaction « violente » se produit, c’est le miroir aux alouettes qui se brise et l’univers reprend ses droits : nous ne sommes que deux connards avec un clavier sur les genoux et pas de avatars indestructibles. D’où prise de recul et relativité propices à réévaluer son jugement. A un niveau plus reptilien c’est aussi une façon de dire qu’on a de la répartie, de la force et des couilles si besoin est. Entre mecs, ça se décante au final sous forme de respect mutuel et viril (ou d’escalade jusqu’au coup de couteau entre les cotes à la sortie du bureau, mais c’est plus rare).

Ou alors on a toujours la solution d’aller parler calmement avec la personne d’en face. Mais bon, c’est nettement moins marrant. Sinon il reste la vraie vie, l’endroit où les gens ont moins le temps de vous stalker et de se faire des tonnes d’idées préconçues avant de vous aborder. Pareil, nettement moins marrant. Putain par contre qu’est-ce que ça détend.

Demain on parlera du retour de bâton quand on à l’audace d’y croire un ti peu.

633 – Same Challenger, New Challenge

J’ai donc commencé un nouveau roman. C’était surtout histoire de pouvoir coucher les premiers mots au dessus de l’atlantique. On frime comme on peut. En fait je galère jamais vraiment avec les premiers chapitres. Je passe tellement de temps à les ruminer que je les écris d’une traite, sans sourciller. Reliquats de mon époque scénariste ça, pondre des bons incipits c’est ma passion. Exemple, j’ai déjà celui de mon roman d’après celui là que j’ai à peine commencé. En deux heures et trois verres de jus d’orange (trop bieng à volonté sur Jet Airways) c’était bouclé, quatre pages à peu près propre. Insérer saut de page. Taper « chapitre deux ». Et maintenant quoi ? Non parce qu’en fait j’ai refermé le clapet de mon netbook y’a plus d’une dizaine de jours, après relecture, et j’y ai pas retouché depuis. A peine 13 800 signes espaces compris et je plante ?

En vrai je suis face à un tas de problèmes. Le premier étant que Perfect Ten est le projet le moins autobiographique que j’ai pu entamer jusqu’ici. Hormis les inspirations tirées de quelques amis proches ou pas, toute la structure et les situations sont fictionnelles. Ce qui implique que je doive m’atteler à faire un plan, prendre des notes. Il faut que je découpe chaque chapitre, que je liste les personnages secondaires, leur background, motivations et arcs sur le roman. Sans parler des recherches. Rien que pour le second chapitre je dois descendre les pentes du vieux Lyon, appareil à la main pour le nom des rues et références. Ne pas pouvoir dérouler du texte au fil de la plume, c’est un challenge dans tous les sens du terme, grisant et casse couille à la fois. De toute façon, le travail préparatoire c’est rien que de la gnognotte comparé aux autres écueils.

J’ai décidé de me pourrir un peu la vie en décidant pour la première fois d’abandonner à la fois la première personne du singulier et le sexe masculin. Yay pour une héroïne à la troisième personne. Oh et comme un chapitre sur deux est un flashback, paye ton temps du récit en combo avec le présent de narration. Une fangirl aura beau m’avoir confié que le « Elle » me va bien, que ça produit quelque chose d’intéressant, ça reste juste une souffrance à rédiger (et je ne parle même pas des fautes d’accord). Bien entendu ça reste un exercice de style et la douleur à pour but d’être récompensée par le dépassement de soi, l’envie d’essayer de nouvelles choses et d’élargir sa palette de skills. Enfin, la bonne nouvelle, c’est que j’aurai pas vraiment le temps d’y retoucher avant deux mois.

Entre la correction finale de mon second manuscrit, sa tentative de mise sur le marché (achetez-en, c’est méga bankable en plus !) et mon mémoire (« Tu sais que tu peux pas tripler ton année hein ! » Ma mère), je dois mettre mes ambitions au placard momentanément. Ca m’aurait pas empêché de proposé une version modifiée de ce premier chapitre pour le concours de nouvelles du mag’ érotique de Science-Po. On verra bien. Tout ce que j’espère, c’est que le moment venu j’arriverai à me dépêtrer de mes soucis d’écriture et que la démangeaison sera toujours là pour accoucher d’un nouveau tas de feuilles dont je serai fier. To be à suivre, après les vacances de Noël, parce que s’il y a bien un moment dans l’année où l’on a le droit de rien branler, c’est maintenant.

PAGES STAGE !!!

Oh et sinon j’ai rapidement bidouillé les pages du blog, en virant notamment l’extrait PDF de Merci Pour Les Souvenirs. Entre le fait que je ne sache jamais qui le charge quand je voyais un clic et la désagréable impression de laisser un truc vieux et pas représentatif en accès libre, j’ai préféré supprimer le lien. Mes textes restent donc accessibles, mais sur demande, en attendant le papier.