Je voulais acheter Si peu d’endroits confortables, de Fanny Salmeron, quand il est sorti l’année dernière. D’une parce que ça avait l’air bien, de deux parce que c’est l’œuvre d’une jeune écrivain, enfin parce j’aime beaucoup ce qu’édite ce coquin de Stéphane Million. Mais quinze euros pour un tout petit livre, c’était trop pour mon budget. Alors j’ai voulu à minima le lire, sauf que personne pour me le prêter. Attente. Sortie en poche cette fin d’été. Même là ce fut pas simple, puisque j’ai dû questionner trois librairies avant de pouvoir trouver un exemplaire au fond d’une étagère. En espérant que ça vaille le coup.

Hannah était en couple avec *. Mais * s’est trouvée un garçon, un anglais, qu’elle a finis par rejoindre à Londres. Alors Hannah déprime, se met à détester Paris. Partout elle écrit « Il y a si peu d’endroits confortables ». Au même moment Joss, un étranger aux cheveux bleus, débarque à Paris. Lui aussi trouve la ville moche. Il était venu pour peindre mais n’arrive à rien dans son étroite petite chambre. Jusqu’à ce qu’il rencontre Hannah, qu’ils sympathisent et qu’elle lui propose d’emménager chez elle, à la place de *.
Ma meilleure amie m’a arraché le livre des mains dans le métro, l’a retourné, a lu le résumé avant de décréter que, ça a l’air nul ton truc, heureusement que tu l’as pas payé cher. Je me suis insurgé. Parce que j’ai beaucoup aimé Si peu d’endroits confortables. Le style est clair, simple, enfantin et doux. Toutes les images sont plus jolies qu’alambiquées et on trouve plein d’idées à chaque chapitre. Le livre est du point de vu de Hannah qui écrit à *, et Joss qui se parle à lui-même. Ce petit décalage dans la narration est un plus intéressant, qui fonctionne mieux que l’intro et la conclusion. La première page du livre nous apprend qu’un des trois personnages s’est donné la mort. Il s’agira au final du plus évident. Dommage. Le dernier chapitre est censé apporter une touche de drame, mais je n’ai jamais été fan des « si seulement tu avais su, à cinq minutes près on aurait évité le drame ». Parce c’est un procédé facile et gratuit.
Trois pages qui m’agacent sur cent cinquante, ça reste bien peu. On lit Si peu d’endroits confortables comme on mange un petit bonbon. Et pour le prix du livre de poche, ça serait dommage de se priver.
Maintenant la question est de savoir si j’achète le nouveau roman de Salmeron au prix fort. Hésitation.


