J’ai toujours eu un problème avec le concept des devoirs. Je comprends l’utilité pédagogique de faire des exercices de math par exemple, il en faut. Mais j’ai toujours vécu dans la croyance profonde qu’une fois que j’ai mis le pied hors de l’école, je ne branle plus rien ! Le gamin que j’étais avait rationalisé ça en partant du principe qu’un adulte n’avait pas de devoirs à faire. Bon, j’étais jeune et naïf, je réalisais pas qu’on prend des dossier à la maison le weekend etc… M’enfin, vous avez saisi la logique. Du coup je faisais un devoir sur trois à l’époque du collège/lycée. Je bouclais mes exos à 6h du mat’, vu que je me levais plus tôt exprès. J’ai fini par choper ce rythme à la con, a décréter que j’avais non seulement besoin, mais droit à tant d’heures le soir avant de me coucher. Puis j’ai grandi, et j’ai eu un mémoire à faire.

Le seul truc qui m’insupporte plus que des devoirs, c’est des devoirs dont je ne saisi absolument pas l’utilité. Autant je peux voir l’intérêt du rapport de stage, qui te permet de réfléchir objectivement à ce que tu as accompli ou pas, à l’entreprise en tant qu’entité sociale ect, autant je conchie prodigieusement le mémoire. Pour moi, c’est comme si on me forçait a faire un gigantesque article de journal, sans être payé ni publié. Bah ouais, dans le fond c’est un travail de recherche, où je dois me renseigner, sourcer mes affirmations, tout ça pour arriver à une conclusion qui répond à ma problématique de départ. Si au final ce travail de cinquante page était publié, utile, ce serait un fort moteur de motivation. Si j’étais payé, ce serait encore une autre bonne raison de me crever comme un connard en plus de mon stage plein d’heures sup’ non rémunérées. Ou alors y’aurait fallu que je sois un de ces masos de chercheurs qui prennent leur pied a écrire des papiers complètement abscons.

Techniquement l’univers professionnel est divisé en trois catégories : les opérationnels qui font fonctionner la société, les scientifiques qui visent à améliorer la société, et les artistes qui doivent distraire la société pour pas qu’elle s’ouvre les veines. Indice, je suis pas un scientifique, je fais pas avancer le schmilblick. C’est ni mon job, ni mon envie profonde. Mon mémoire, aussi intéressant que soit son thème, je peux le faire à l’instinct ou en mode journaliste en une après midi. Aucun putain de problème ! Mais non, démarche scientifique, branlette fac activée. Je suis obligé de lire des bouquins théoriques de gens qui sont mort et mettre plein de citations qui faut bien. Sauf que j’arriverai au même résultat, à la même foutue conclusion, tout ça pour un papier qui ne me rapportera ni argent ni reconnaissance et qui fondamentalement ne servira a rien dans le grand ordre des choses. Je fais ça pour une minable note, fraction décimale de merde indispensable à mon passage en Master 2 puis à mon diplôme de fin d’études.

Je vais pas changer le monde, c’est pas le but de ce post. J’explique juste pourquoi je me casse les dents sur ce mémoire à la con depuis des semaines, pourquoi ça va être une souffrance jusqu’en juillet et pourquoi je me mangerai une sale note parce que j’aurais de toute manière survolé mon sujet. Fuck à la fac !
Tout ce temps perdu à ne pas dormir, à ne pas jouer à la Xbox, à ne pas baiser, à ne pas réécrire mon roman, à ne pas écrire mon second roman. Tout ce temps perdu qui me laisse juste de quoi tenir se blog à jour, le dernier lien qui me relie à mes véritables ambitions rédactionnelles, littéraires… (putain c’est beau ce que je dis)






