351 – Lifewaster

J’ai toujours eu un problème avec le concept des devoirs. Je comprends l’utilité pédagogique de faire des exercices de math par exemple, il en faut. Mais j’ai toujours vécu dans la croyance profonde qu’une fois que j’ai mis le pied hors de l’école, je ne branle plus rien ! Le gamin que j’étais avait rationalisé ça en partant du principe qu’un adulte n’avait pas de devoirs à faire. Bon, j’étais jeune et naïf, je réalisais pas qu’on prend des dossier à la maison le weekend etc… M’enfin, vous avez saisi la logique. Du coup je faisais un devoir sur trois à l’époque du collège/lycée. Je bouclais mes exos à 6h du mat’, vu que je me levais plus tôt exprès. J’ai fini par choper ce rythme à la con, a décréter que j’avais non seulement besoin, mais droit à tant d’heures le soir avant de me coucher. Puis j’ai grandi, et j’ai eu un mémoire à faire.

Le seul truc qui m’insupporte plus que des devoirs, c’est des devoirs dont je ne saisi absolument pas l’utilité. Autant je peux voir l’intérêt du rapport de stage, qui te permet de réfléchir objectivement à ce que tu as accompli ou pas, à l’entreprise en tant qu’entité sociale ect, autant je conchie prodigieusement le mémoire. Pour moi, c’est comme si on me forçait a faire un gigantesque article de journal, sans être payé ni publié. Bah ouais, dans le fond c’est un travail de recherche, où je dois me renseigner, sourcer mes affirmations, tout ça pour arriver à une conclusion qui répond à ma problématique de départ. Si au final ce travail de cinquante page était publié, utile, ce serait un fort moteur de motivation. Si j’étais payé, ce serait encore une autre bonne raison de me crever comme un connard en plus de mon stage plein d’heures sup’ non rémunérées. Ou alors y’aurait fallu que je sois un de ces masos de chercheurs qui prennent leur pied a écrire des papiers complètement abscons.

Techniquement l’univers professionnel est divisé en trois catégories : les opérationnels qui font fonctionner la société, les scientifiques qui visent à améliorer la société, et les artistes qui doivent distraire la société pour pas qu’elle s’ouvre les veines. Indice, je suis pas un scientifique, je fais pas avancer le schmilblick. C’est ni mon job, ni mon envie profonde. Mon mémoire, aussi intéressant que soit son thème, je peux le faire à l’instinct ou en mode journaliste en une après midi. Aucun putain de problème ! Mais non, démarche scientifique, branlette fac activée. Je suis obligé de lire des bouquins théoriques de gens qui sont mort et mettre plein de citations qui faut bien. Sauf que j’arriverai au même résultat, à la même foutue conclusion, tout ça pour un papier qui ne me rapportera ni argent ni reconnaissance et qui fondamentalement ne servira a rien dans le grand ordre des choses. Je fais ça pour une minable note, fraction décimale de merde indispensable à mon passage en Master 2 puis à mon diplôme de fin d’études.

Je vais pas changer le monde, c’est pas le but de ce post. J’explique juste pourquoi je me casse les dents sur ce mémoire à la con depuis des semaines, pourquoi ça va être une souffrance jusqu’en juillet et pourquoi je me mangerai une sale note parce que j’aurais de toute manière survolé mon sujet. Fuck à la fac !

Tout ce temps perdu à ne pas dormir, à ne pas jouer à la Xbox, à ne pas baiser, à ne pas réécrire mon roman, à ne pas écrire mon second roman. Tout ce temps perdu qui me laisse juste de quoi tenir se blog à jour, le dernier lien qui me relie à mes véritables ambitions rédactionnelles, littéraires… (putain c’est beau ce que je dis)

312 – Wired Heart

Dans la série « Je suis un scientifique et je fais des études de fou pour faire progresser l’humanité », je voudrais le mec qui a cherché à savoir si MSN et Facebook rendaient les jeunes filles en fleur dépressives. En comparant des tests psychos de gaminettes cyber dépendantes des logiciels et sites sociaux et d’autres mini biatches qui vivent in real world, il est arrivé à une conclusion. Quand t’es romantique (c’est-à-dire si t’as un cœur) et que tu t’épanches un peu trop sur le net, t’as plus de chances de développer des troubles de l’anxiété et des dépressions. Principalement à cause du fait que trop parler des problèmes avec des gens sans parvenir à les régler, ça influe sur le sentiment d’échec de l’individu. Sans parler des traumatismes que peuvent induire un bête changement de statut facebook. J’oublie aussi les guerres froides par pseudos MSN interposés.

Prenez par exemple le cas d’une amie, qui a découvert en surveillant bien le feed facebook de son mec que non seulement il avait une histoire avec quelqu’un d’autre, mais qu’en plus il s’apprêtait à la larguer. S’en sont suivies deux longues semaines de déconstruction amoureuse en direct devant toute la liste d’amis, qui en n’étant pas trop cons seraient capable de renouer tous les fils de l’intrigue. Y’a bien je sais plus dans quel pays un mec qui a assassiné sa femme car elle avait passé son statut de mariée à célibataire sur Tête de livre. En même temps, c’est pas facile de résister à la tentation d’éplucher les messages persos et surveiller les nouvelles amitiés de sa target. C’est devenu tellement simple. J’en veux pour preuve cet incroyable groupe Facebook « Première étape, ajouter sa target comme ami ! ». J’ose pas imaginer le nombre de mecs qui se paluchent sur les photos de vacances de leurs contacts.

Perso, j’ai eu la chance d’avoir une ex qui a eu la présence d’esprit de ne jamais s’inscrire sur le service ou d’être très peu sur MSN. De son propre aveux c’était pour ne pas savoir ce que je faisais dans son dos afin d’éviter de se monter la tronche sur du vent. De mon côté j’ai supprimé une amie de ma liste quand elle aura refusé mes avances au profit d’un autre. Tout simplement pour ne pas voir la tronche du dit autre et me répandre en considérations métaphysiques (t’façons je suis sûr que c’est un gros blaireau, bwah ah ah !). Quand à mon statut MSN, il est totalement codé à base de préfixes et de suffixes dont la traduction est réservée aux seuls initiés. Peut être que l’on est une génération charnière, pas encore habitué à l’exhibitionnisme virtuel. Nos gosses auront intégré ce grand foutoir virtuel et auront préparé un tas de parades super compliquées. Ou alors on se sera tous entretué, la prochaine guerre mondiale partant d’une modification bénigne.

Ouais, bah je crois que le plus sûr c’est encore de rédiger un Top 3 avec plein d’images qui bougent pour demain. Et hop, une semaine de vacances passée. Putain comment que ça va trop vite quand on se réveille quotidiennement à 15h.

BONUS STAGE !!!

093 – Post-Apocalypse Has A Name

Les néons diffusent une lueur blafarde à l’intérieur de l’abri sans fenêtres. Des gens en haillons se pressent contre les rayonnages. Une vieille femme fouine au milieu des conserves pour enfin jeter son dévolu sur une des seules boîtes à l’étiquette encore lisible. Elle étudie avec attention les inscriptions à moitié déchirées sur l’emballage. Son visage affiche une moue déçue, mais elle sait qu’elle n’a pas le choix. Le dos voûté, avançant à reculons, elle se dirige vers le comptoir de fortune implanté devant la sortie. Je pensais pouvoir résister à tout ça, je pensais faire comme les autres et avancer. Mais j’en suis incapable, je n’en suis pas encore là. Résolu, je rebrousse chemin jusqu’à la rue. L’espace d’un instant je m’attends à découvrir une ville dévastée par des bombardements radioactifs mais il n’en est rien. La troisième guerre mondiale n’est pas encore arrivée. J’étais juste à Leader Price.

Le bien

Mon appartement à plein de points positifs, mais sa localisation par rapport aux supermarchés laisse à désirer. Le Monoprix ou G20 le plus proche est à un arrêt de métro, et avec la chaleur qu’on se prend dans la gueule en ce moment, chaque mission courses est une épreuve. Tous les matins je savoure mon bol de chocapics avec une intensité qui m’était jusqu’ici inconnue. Ca c’est parce que je me rappelle être rentré en nage avec mes deux sacs, la limite que je puisse porter sur un tel trajet. Il y a quelques jours, je suis arrivé complètement défoncé en revenant du bureau. Plus rien dans le réfrigérateur. Je pourrais aller m’attraper un maxi Best Of au DoMac du coin. Seulement je ne peux pas cautionner un restaurant qui choisit d’éliminer le Mac Deluxe au profit du Royal Bacon pour faire de la place à un burger temporaire. Dos au mur j’ai dû me résigner à aller au Leader Price qui se trouve lui à trente secondes de mon appart’.

Dans ta gueule !

Je sais que c’est pas bien de taper sur les hard discounts, que c’est facile, que plein de gens n’ont que ça pour manger et tout. Je suis aussi au courant qu’une bonne partie du temps ce sont les mêmes usines qui préparent les produits équivalents et que seul le packaging change. Seulement voilà, l’endoctrinement de la grande école (« Vous êtes l’élite mozerfukers ! ») et des cours de com’ (« Si ça brille, c’est que c’est bien ») font que je suis resté traumatisé à parcourir les rayons du regard. Sérieux c’est fait exprès que ce soit tout moche chez Leader Price. Je le sais je fais du marketing ! Si le magasin avait la classe, si les étiquettes faisaient propre et tout, le consommateur n’aurait pas l’impression de shopper chez un hard discount et ça perturberait son échelle de valeur. Bla bla bla. Dans les faits, c’est fucking ugly et ça fait carrément pas envie. Une voisine m’avait dit qu’au début, le Leader ça donne l’impression d’être à la rue et de descendre d’une classe sociale, mais qu’au final on s’y faisait et que c’était pas si mauvais/cher.

Buffy powaaa

Ce soir là je suis rentré chez moi bredouille, pas réussi à dépasser les instincts de sale white trash de merde. Quelque part j’en ai un peu honte, d’un autre côté je serais presque soulagé. Peut être que je retenterais la prochaine fois que je serais alimentairement dos au mur. Seulement ne me demandez jamais ce que j’ai dû me faire à manger ce soir là. Merci. Sur ce, mon frigo est encore vide donc je vais me choper un kebab.

MASO STAGE !!!

Nyaaaa… NNNNGH !!! Faut que j’en reparle un autre jour…

Deluxe