1227 – Book Review 209

Je reste traumatisé par les conseils lecture des « gens de l’édition ». Faut dire que dans ma Billy sont enfoncés un ou deux livres sur lesquels je me suis explosé la dentition. Parce que j’avais osé demander à un éditeur de me conseiller un livre et qu’on me refile toujours le truc illisible de difficulté. ANGOISSE. Alors quand, en décembre, une traductrice/libraire me recommandait chaudement de lire Tinkers de Paul Harding, j’ai eu une montée de stress. Sauf que ce premier roman là trainait déjà dans ma wishlist depuis des mois. Quand j’ai cliqué sur « acheter », je n’ai même pas vu qu’il avait reçu le Pulitzer en 2010. Refusant de me rafraichir les souvenirs en lisant le synopsis, je m’y suis mis directement à froid, en plein milieu des fêtes de fin d’années. Ce qui s’avèrera à postériori une belle connerie.

George réparait des montres, des horloges. Maintenant il est en train de mourir. Sur le lit d’hôpital installé chez lui, il dort et hallucine, le sang contaminé par les toxines que son corps n’arrive plus à filtrer. A quelques jours de son trépas, il songe à son père épileptique, Howard. Celui-ci prend alors les reines du récit, pour raconter sa propre mort, mais aussi songer à son père, et à son décès. Ce sont trois générations d’hommes qui meurent, après avoir vécu, aimé, et s’être trouvé leur place dans l’existence.

Si jamais vous lisez Tinkers pendant les fêtes et que vous êtes du genre nostalgique, que vous visitez des maisons où une présence vous manque, vous allez morfler sévère. Je préviens.

Tinkers est un court roman à la structure éclatée. Le récit passe d’un homme à un autre, parfois sans avertissement. Les différentes trames ne sont pas forcément dans l’ordre. Souvent, le narrateur change en plein milieu d’un paragraphe, la première personne se transformant en troisième, et inversement. Bonus : le roman est entrecoupé d’extraits de manuels d’horlogerie et autres traités sur la construction des nids d’oiseaux (!). Tout ceci se justifie à peu près par l’état de délire du personnage principal, l’esprit trahis par le corps. Le livre est court, mais la lecture doit être attentive, au risque de devoir subir une ou deux pages avant de rattraper le sens du texte. Ce qui a pu m’arriver au détour d’une ou deux (très) longues descriptions.

Heureusement, cela en vaut la peine. Parce que Tinkers parle du rapport au père, de la mort, des maladies que l’on se traine jusqu’à ce qu’elles nous dévorent, mais aussi des joies de la nature. Plusieurs des personnages s’émerveillent de tout ce qu’ils ignorent, de leur ombre jusqu’à de quoi est faite l’écorce de l’arbre de la forêt. Un tas de thèmes forts et bien amenés. Le roman fonctionne aussi parce qu’il n’est pas là pour faire pleurer dans les chaumières. Ce n’est pas le récit d’une vie, comme l’introduction du film Up par exemple, ni un tire larme sur un mourant magnifique. C’est simplement un peu de vie, de l’horlogerie humaine, bien construite, avec des fioritures parfois inutiles, mais jolies.

J’ai aimé Tinkers, peut-être aussi parce que je l’ai lu en un lieu et une période où j’étais plus vulnérable. Alors c’est tricher un peu.

BUY STAGE !!!

En VO de poche ou en VF sous le titre Les foudroyés.

940 – Going Fishing

[Il est 1:51, j'ai une lessive à étendre, des mails importants en rade et une nouvelle à boucler, tout ça avant de me coucher. Des images la prochaine fois donc.]

Ayé, je suis sorti de mon rhume de bâtard. Ce qui est une bonne chose. Déjà je peux reprendre une vie normale. Ensuite je suis donc immunisé pour le reste de l’hiver. Je peux sortir dans la rue torse nu si je veux ! J’aurai froid mais je serai pas malade ! Tout ça grâce à mon système immunitaire dopé à l’expérience de l’hiver. Okay, je vous vois déjà venir, bande de rabat joies, à me dire que les microbes et les virus ça fonctionne pas comme ça. N’empêche que moi, au moins, je vais pas (trop) laisser la saison me dicter ce que je dois mettre ou pas comme fringues. Contrairement aux filles. Oui, vous qui commencez déjà à vous planquer sous tellement de couches qu’on dirait une couette. Ou que vous avez été mangées par une espèce de gros animal poilu. Vous savez comme au printemps on est content de voir fleurir décolletés et jupes. Bah là, c’est le contraire.

Le problème majeur du remplumage des jeunes filles en fleur, c’est que ça contribue à la morosité ambiante. Genre tu sors de chez toi tu fais la gueule parce que tu sais que tu vas croiser des esquimaudes entre leur gros bonnet (see what I did there ?) et leur manteau. C’est déprimant. Puis, rappelez-vous quand je parlais de visualisation mentale de filles nues. Bah sans vêtements un peu serrés pour faire travailler le cerveau, ça fonctionne nettement moins bien. Après t’as les soucis logistiques quand c’est ta copine et que tu dois passer plus de temps à déballer le cadeau qu’à en profiter. Avec en plus mes fenêtres simples vitrage si jamais j’ai quelqu’un chez moi c’est direct sous la couette, circulez y’a rien à voir. Tout ça jusqu’à Mars, à vue de nez. Autant dire que c’est pas gagné… La seule solution du coup, c’est de continuer à aller à la piscine municipale.

J’aime bien la piscine, c’est un peu un idéal républicain, tous égaux face au moule bite. Il y a quelques mois je me faisais la réflexion que les femmes voilées, elles sont punies, privées de piscine du coup. C’est le jeu, ça me ramène aux névroses enfantines où personne voulait se mettre en maillot. A présent je trouve ça pas si mal. Ca force à se confronter à ses complexes, et ça permet aussi de voir sous les jupes des filles. Cette semaine je suis allé nager et force était de constater que toutes celles emmitouflées à attendre dehors se retrouvaient en une pièce une fois à l’intérieur. Peut-être que je tiens là ma motivation à continuer à me bouger au cœur du froid. Si je fais l’effort de me déplacer, je pourrai voir des bouts de jambes, des décolletés et des dos nus. Mon petit bout d’été à rien qu’à moi.

Oui, j’ai des problématiques étranges dans ma tête. Mais ça va avec l’automne, je cogite sur des trucs débiles, j’ai besoin de calinous et tous ces trucs.

900 – Cine Club 104

Il était une semaine bizarre. Déjà la mascarade de la soutenance du mémoire et la fin du supplice éditorial, c’était pas mal. Puis vendredi je suis allé voir le docteur, rapport au fait que je ne me sente pas hyper bien. Il m’a demandé si d’habitude j’ai une tension normale. A priori oui. Non parce que 9 là. Oh. Et donc j’ai mon explication pour les vertiges et les nuits de douze heures. Les retrouvailles avec EvilEx m’ayant achevé je suis resté seul chez moi vendredi soir, à gober des médocs débiles et à me cuisiner de la salade. On a des envies comme ça, des fois. Au passage j’en ai profité pour regarder Solitary Man, un film dont vous n’avez pas entendu parler vu qu’il est presque pas sorti aux US et qu’à priori il ne sortira pas chez nous. Vu le titre et le destin du truc, ça me semblait pas mal pour boucler ma semaine.

Michael Douglas joue un sexagénaire qui avait tout : un business de fou, une femme amante et un petit fils. Puis du jour au lendemain il s’est mis à tricher autant en affaires qu’en amour. Epinglé par les tribunaux, il a du dilapider toute sa fortune pour s’épargner la prison. Sa réputation ne s’en est pas remise. Ses infidélités parallèles lui ont couté sa femme qui préfère en rire qu’en pleurer. Aujourd’hui fiancé à la fille d’un grand financier pour ses connexions, le businessman est plus seul que jamais. Il s’en rend compte lors qu’il accompagne la fille de 18 ans de sa nouvelle compagne à un entretient dans la faculté où il a étudié. Quelques verres de nostalgie plus tard et le voilà qui saute sa belle-fille dans la chambre d’hotel, une connerie de plus qui va le conduire à une seconde ruine, l’isolant plus que jamais de tous ceux qui parvenaient encore à l’aimer.

J’avoue, c’est pas le genre de film que tu regardes pour rigoler. En fait c’était un peu l’accident. Le casting me vendait du rêve principalement, avec Michael Douglas, Susan Sarandon, Jenna Fisher et Danny DeVito (plus le noob Jesse Eisenberg). Du trois étoiles pour un récit assez lent, contemplatif et assez déprimant en fait. La vraie suite de Wall Street ça aurait du être ça : l’histoire d’un pauvre type qui pète un câble et écoute son égoïsme pour avoir l’impression de vivre un peu plus. C’est dommage que Solitary Man ne soit qu’à peine sorti aux US. Déjà qu’il a quasi rien coûté il n’a rapporté qu’un cinquième de son budget, c’est moche. Pourtant les acteurs sont magiques et Douglas bouffe l’écran chaque fois qu’il apparaît, faisant passer tous ses camarades pour des figurants. La classe. En plus de ses cheveux je veux dire.

C’est difficile de recommander un film comme ça, un peu mou, sur un vieux loser. Mais ça avait le goût de la vraie vie et c’était pile ce qu’il me fallait pour boucler cette semaine. J’étais dans le bon état d’esprit pour ça. Peut-être qu’à un moment, vous aussi.
Allez, demain c’est la rentrée !

TRAILER STAGE !!!

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