607 – Book Review 99

Vous vous souvenez la première fois que j’ai lu un bouquin de Tom Perrota ? J’avais dit que je m’en reboulotterai bien un petit pour la peine. D’où Bad Haircut dans ma boîte aux lettres une semaine plus tard. Le livre est un peu étrange car catégorisé comme une série de nouvelles. J’aurais plutôt tendance à partir du principe que c’est un roman. Bad Haircut est en effet l’histoire de Buddy, un gosse qui grandit dans le New Jersey des années 70. Nous suivons son entrée dans l’âge adulte de la primaire jusqu’à la sortie du lycée au fil d’une grosse demi douzaine de nouvelles. Dit comme ça, on pourrait penser que c’est plutôt sympa. Mais les intrigues sont parfois très très sombres, ou en tout cas puissantes dans les thématiques qu’elles évoquent. Moi qui m’attendait à un truc gentillet, j’ai été servi, mais pas déçu.

Bad Haircut se lit facilement, à part si l’on est comme moi, à galérer sa race pour retenir les prénoms et situer qui est qui. Le style est clair, sans chichi. Du coup le seul reproche que je pourrais faire au bouquin, c’est d’être trop, comment dire, « simple ». Parfait pour une lecture rapide sur un aller-retour en TGV mais qui ne m’habitera pas un bon moment. Ca reste un cran au dessus de toutes les merdes de gare en tout cas. Maintenant alors je lis quoi de Perrotta ? Little Children ?

Lire trois bouquins du même mec, c’est une chose. Mais pousser le vice jusqu’à commander un DVD documentaire sur un site officiel US, ça devient grave. C’est pourtant ce que j’ai fait, en cramant la carte bleue sur The Cult, le portail de Chuck Palahniuk. Le site mériterait un article entier pour tous les trucs cools qu’il propose (ateliers d’écriture, concours de nouvelles, critiques, shop, blog). Aujourd’hui je vais seulement vous parler de Postcards From The Future.

Il y a quelques années Palahniuk était l’objet d’une conférence dans une université américaine. La prof de littérature avait invité l’auteur pour deux jours de débats, présentations et séances de dédicace. Des fans étaient sur place, caméra au poing, immortalisant une heure trente sur galette. L’image est dégueulasse à cause du matos de roumain utilisé et on ne voit clairement pas assez Chuck. En faisant un documentaire pour des fans par des fans, on se retrouve trop souvent avec des interviews face caméra de… bah de fans. Moins une réflexion sur l’œuvre de Palahniuk que sur le fanboyisme littéraire, Postcards From The Future n’en demeure pas moins intéressant. Malheureusement pas pour les bonnes raisons. Ceux qui espéraient un portrait inédit de l’auteur risquent d’être déçu. En ce qui me concerne, j’ai eu le bonheur de choper le DVD pendant une période de soldes sur le site. Les quelques bonnes phases de Palahniuk auront achevé de me satisfaire de mon achat.

Bon, approfondir l’œuvre d’un auteur et se regarder des documentaires, c’est n’importe quoi. Je risque de finir par devenir crédible. Promis dès que j’ai évacuée la centième critique la semaine prochaine, je me remets à lire de la merde.

285 – Da BenReilly Cine Club # 28

Ce qui est pas mal avec tous ces tops à la con de fin d’année, c’est que ça permet de vérifier si l’on a rien loupé. Du coup, c’est avec délectation que j’ai épluché la dizaine de tops des collaborateurs d’Aint It Cool. Et ça m’a rappelé qu’une fois de plus, j’avais complètement négligé les documentaires cette année. Bon, je suis bien allé voir J’irais Dormir A Hollywood parce que je suis un fanboy, mais c’est tout. Le docu numéro 2 à revenir sur les listes, c’est Dear Zachary, l’histoire de l’ami d’enfance d’un mec assassiné qui part la rencontre de toute sa famille pour enregistrer une lettre vidéo pour le fils du mort. Pas trouvé sur les réseaux. Alors je me suis rabattu sur le numéro uno (oui, je suis comme ça). En Français ça s’appelle Le Funambule. Mais le titre original est tellement plus fun pour quiconque à un peut de culture ciné.

En 1974 un Français, Philippe Petit, traverse à huit reprises la distance séparant les deux tours du World Trade Center sur un câble. L’acte de funambule illégal le plus extrême du monde a eu lieu il y a plus de trente ans et n’aura jamais été égalé. Pour y parvenir, Petit sera aidé par sa bande d’amis pendant les six années qui auront été nécessaires pour préparer un tel coup. Mélange d’images d’archives, d’interview et de reconstitution, Man On Wire déconstruit le fil de cette entreprise improbable. Le documentaire à l’intelligence d’être construit tel un film de suspense, à la manière d’un Ocean’s Eleven. On suit les protagonistes lors de leurs préparatifs, de leurs entraînements, jusqu’à la journée fatidique, que l’on attend d’autant plus qu’on sait que l’entreprise sera un franc succès. Et pourtant jusqu’au bout on tremble alors que les acteurs de l’époque dénouent les fils de l’intrigue et se remémorent.

Man On Wire, qui aura subit une sortie direct to DVD chez nous, sera reparti de Sundance avec les deux grands prix dans la section documentaire. Au cas où vous vous posez la question, oui c’est rare. Les critiques sont unanimes outre atlantique. On peut penser que le fait qu’il s’agisse du World Trade Center joue dans l’inconscient des spectateurs et des critiques. C’est certain. Pourtant, le film ne contient aucune image du 9/11, aucune référence à l’évènement. Il ne reste que la performance humaine, artistique, et c’est tant mieux. Voir les participants s’enthousiasmer, que ce soit en français ou en anglais, à quelque chose de galvanisant. Philippe Petit a conservé toute sa folie, sa joie de vivre et la délivre, intacte. Impossible de visionner Man On Wire sans être rivé au fauteuil, un gros sourire sur les lèvres. Loin des docus qui plombent la tronche, celui-ci à pour seule prétention que de filer un gros shoot de bonheur.

Essayez de vous choper Le Funambule ou bien une version US de Man On Wire. De toute façon la moitié du film est en Français, et j’ai testé pour vous divers sous-titres dans la langue de Molière qui circulent. Bref, mangez-en, c’est de la bonne.
Demain on parlera de ce qu’il faut pour aimer mon bouquin. Ce sera lol.

TRAILER STAGE !!!