436 – Now What ?

Aujourd’hui je dois avoir rendu la version dite zéro de mon mémoire, le premier draft, le truc auquel il ne manque qu’un coup de polish histoire de le rendre présentable pour la version finale dans trois semaines. Devinez quoi ? Je n’ai pas ouvert le moindre bouquin théorique et mon mémoire se borne à une poignée de pages de brouillon dans un coin poussièreux de mon disque dur. A ce stade là c’est être dans une merde plus que galactique, on n’est pas loin de la démission intellectuelle. Pourtant j’ai un temps libre de fou furieux, peu d’obligations au point d’enchaîner depuis près d’un mois des quasi-nuits blanches à faire rougir de chaleur mon clavier face à Word. Je peux mettre tout ça sur le dos de l’absurdité du concept de mémoire, de la paralysie induite par le retard accumulé et un tas d’autres trucs du style.

Le problème c’est que j’ai comme l’impression que la démission scolaire ne s’applique pas qu’à moi. Ces dernières semaines pas mal de résultats de concours ont pu tomber, c’est la période d’examens. J’ai une copine qui s’est pris dix refus d’écoles d’affilée et qui doit tout doucement envisager de laisser tomber sa passion pour faire une fac avec deux ans de retard. Une autre qui ne compte même pas aller aux partiels de son hypokhâgne, persuadée d’avance de les planter, tout comme elle a planté tous les concours d’admission en seconde année d’institut d’études politiques. Deux exemples parmi tant d’autres que je vois passer à l’autre bout de mon MSN ou d’un Starbucks partagé au lieu de travailler. Le fait est que les gens, les étudiants, tout ce beau monde a des rêves, des passions, contre lesquels ils se cassent les dents. Et je soupçonne qu’il ne s’agisse pas seulement d’une question de niveau.

J’ai l’impression que cette démission de la vie en général se propage. On peut mettre ça sur le dos de la crise, qui déprime tout le monde. Mais peut être que le climat sociopolitique actuel ne donne pas envie de croire à ce qui auparavant nous faisait rêver. Alors qu’il y a encore quelques mois je me voyais bien indépendant, salaire correct, à profiter de l’après études, à présent je me dis qu’un redoublement ne serait pas si mal. Une année de plus pour ne rien foutre, se raccrocher à ce qui est simple et subventionné par la bourse et les aides pour le logement. Certes c’est irréaliste et il va falloir que je me bouge le cul, ne serais-ce que pour éviter l’éxécution familiale. Et si une bande d’illuminés lucides refusait tout simplement d’avancer, incapables de revoir à la baisse leurs espérances de vie ou bien de trouver un sens à un futur qui tire la tronche. Avec cette putain de question qui nous hante, qu’allons nous faire maintenant ?

Ca fait un moment que tout ça me travaille. Je pensais même en faire le thème d’un éventuel bouquin, jusqu’à ce que je réalise que mon récent manuscrit, écrit à l’origine avec un tout autre angle, ne parle que de ça.
Demain on parlera de pollution sonore.

407 – The Last Day Before The Rest Of Your Life

Y’a quelques heures je sortais du ciné. J’étais allé voir seul Let The Right One In, pour pouvoir vous en parler aujourd’hui. Opération commando avec écriture de note dans la nuit ! Puis je me suis retrouvé là à attendre le bus, à la frontière du parc, et j’ai déconnecté ; l’odeur de l’herbe humide, le décor, le fait que sous ma chaussure il y a ma ville. Alors j’ai laissé tomber le bus et suis rentré à pied dans la nuit, une fois de plus maudissant le fait que je ne fume pas. En fait, j’étais encore hanté par la dernière image d’Eli dans le film, son sourire qu’on distingue rien qu’en regardant ses yeux. Comment je suis censé produire un article sur un film de ce calibre, que j’ai à peine commencé à digérer ? Vu le bordel dans ma tronche, c’était pas gagné. Alors à la place, j’ai fait un peu d’introspection nocturne.

L’avantage avec le chemin retour du ciné cité, c’est qu’il n’a pas changé en 10 ans, des centaines de fois que je fais toujours le même. Ca me permet de me concentrer sur ce qui a bougé, à savoir moi. Je crois que ça fait un moment que je cherche à piger qui je suis, à me tester, plus que d’habitude, plus depuis que c’est le bordel autour de moi. Je découvre comment je peux réagir avec les filles une fois sorti de ma relation longue et épanouie. Ou bien je prends conscience de certaines réalités du monde. C’est admis que je ne suis fondamentalement pas un gros connard. Mais la vie c’est des nuances de gris et parfois je me demande pour quelle équipe je joue. La bonne nouvelle c’est que j’apprends encore, la mauvaise c’est que ça passe par la dégustation de fraîches racines de pissenlit.

Tout à l’heure j’ai tiré mon billet de train retour, hors de prix. Avant de débiter la CB de ma mère (opposition sur la mienne en attendant d’en récupérer une), j’ai eu la pensée fugace de laisser tomber, de laisser mon appart’ prendre la poussière, abandonner ce que j’ai laissé sur mon bureau, y compris le casque Wesc au jack cassé. Quand être passif agressif, la terreur du conflit, vous pousse à la lâcheté, le temps d’une seconde. Puis on comprend la vraie leçon, pas celle qu’on va m’infliger dans pas longtemps dont j’imagine chaque mot, mais celle qui importe vraiment. Depuis longtemps je sais ce que j’aime, raconter des histoires, divertir, faire rire, émouvoir, partager mes passions et mes amours. Les mois passent et je continue à cocher de nouvelles choses sur la longue liste des trucs que je n’aime pas. Tout ce que ça prouve, c’est que je n’ai pas le choix, réussir ou crever, continuer à courir après ses rêves ou disparaître.

Peu importe ce qui se passera demain, j’ai déjà compris pas mal de choses. Pendant que je serai le premier témoin de la suite des évènements, je vous aurais laissé une petite note sur la difficulté de lire.

393 – Punching The Bag

Fun fact : ma mère n’aime pas mon bouquin. J’avais laissé trainer une V1.5 à Lyon sur mon bureau. Voilà où ça mène le désordre. Mais tel la plume au vent qui vient chatouiller tes narines, le karma est un être chafouin. J’en veux pour preuve que la mère d’un pote l’aime beaucoup (mon bouquin, enfin son fils aussi). Contrairement à la croyance populaire, colportée par un certain Benjamin Le Reilly, tout le monde n’est pas fan de mon bouquin. Genre mon ex, mon ex d’avant je veux dire, qui a bien senti que je m’étais inspiré d’une ex, oui, d’encore avant. Quoi ? Je suis pas clair ? Bon, on va tourner autrement le problème. A l’origine était mon prof d’écriture au celsa, meilleure note, encouragements, tape virile dans le dos. Mais dernièrement, plus je recueille des avis de gens lettrés et plus j’en prends plein la gueule.

Là vous vous dites que je suis quand même un peu un bâtard, ou alors que je m’exprime super mal. Peut être même que vous êtes une de ces âmes errantes qui auront bien aimé les quelques pages dispo dans le coin, ou la version complète (encore merci pour le BJ, much appreciated). Et là, ce que j’ai écris plus haut, ça veut dire que si vous aimez mon texte, vous êtes des analphabètes. Tu parles d’un syllogisme à la con. Reprenons. Jusqu’à y’a pas très longtemps, j’avais pas eu de critiques super négatives, parmi la centaine de personnes à qui je l’avais filé (oui, j’ai compté, oui, j’ai que ça a foutre). Des avis moyens chauds, certes de temps en temps, mais pas de grosses tôles. Après j’en soupçonne quelques uns d’avoir fermé leur gueule pour ne pas me froisser, ils se reconnaîtront, ou pas. Je mets la pression un coup, mon côté Pimp My Novel.

Là où je veux en venir, c’est à la certitude du doute. Quand un mec te balance a la gueule que t’es pas prêt, que tu te remets pas en question en bon prétentieux que tu es, bah tu perds tes dents. Parce que le fond du truc c’est, à combien d’avis négatifs tu dois vraiment t’arrêter, tout remettre en cause ? Jusque là j’en ai aucune idée. La seule chose dont je sois certain, c’est que si je stoppe maintenant, en milieu de relecture, je la reprendrais jamais. Comment se reconvaincre que ça vaut le coup ? Comment trouver la force de jeter un demi-chantier et tout reprendre a zéro ? Si je dois reconsidérer mes ambitions artistiques, le niveau actuel de mon skill, ce que j’espère atteindre comme but, tous ces trucs, j’ai besoin d’une vision d’ensemble, de quelque chose de fini, de propre, dont je serais un minimum fier qui soit là, physique et tangible, preuve du taf’ accompli. Et puis, faut pas se voiler la face, je suis jamais a l’abri d’accoucher de quelque chose de bon, des fois que…

Hum, avec le recul j’ai fait qu’effleurer le potentiel du sujet, du rapport à la critique négative. On a qu’à dire qu’aujourd’hui c’était “de l’art de savoir quand lâcher l’affaire, ou pas”. J’ai envie de continuer a explorer le sujet, on verra quand j’aurais un peu le temps.

Demain on causera fidelité (marketing, on est pas vendredi faut pas rêver).

CODENAME STAGE !!!

Bon cassage de couilles inside ! Tel un général marketeux de l’armée ricaine, je décrète que la V3 du roman portera le nom de code de Folie A Deux. Si vous voulez vous couchez moins cons, vous cliquez là pour savoir ce que ça veut dire. Ou alors vous pouvez écouter l’extraordinaire album de Fall Out Bay ou le non moins très culte épisode d’X-Files du même nom.