Bon, vous êtes plusieurs à m’avoir envoyé la news. Amazon ouvre sa boutique de livres numériques aux oeuvres en langue française d’auteurs indépendants. Désormais, vous, moi, n’importe qui peut aller se greffer sur la plateforme en ligne et vendre directement sur le site son roman/récit/recettes de cuisine. A nous Amazon, terre promise de l’autoédition ! MAISAYSUPAYR ! Bordel Le Reilly ! Tu te rends compte que maintenant le système est niqué ! Plus besoin d’éditeurs ! Allez mec va foutre la merde et devenir super riche avec Mamazone, main dans la main.
Oui mais non. Si vous pensez sincèrement ça, vous avez tord, et je vais vous expliquer pourquoi.
Passons sur le suicide commercial et critique que constitue l’auto-publication en France, où la mentalité n’est pas là. Un livre autopublié est avant tout un échec éditorial, scarification indélébile. Aucun écrivain français de littérature dite classique n’est vraiment sorti de l’autoédition, n’a réellement émergé grâce à l’autoédition. Que ce soit au niveau public, critique ou professionnel, les mentalités n’en sont pas là. Sans parler du fait qu’un éditeur aime à la relecture, à l’épuration des scories et simplement à la mise en page (pour un plus long argumentaire, voir chez Audrey).

Ensuite, Amazon prend les deux tiers des bénéfices. Juste pour convertir et héberger un fichier. Cool. Tous les e-readers lisent le format ePub ou PDF, au contraire du format propriétaire du Kindle. Si je convertis le truc moi-même et que je le mets en vente sur mon blog/site/facebook, je prend cent putain de pour cent des bénéfices et touche tous les e-readers. Et les gens qui ont un Kindle peuvent tout autant le lire. Je verrais l’intérêt si Amazon mettait en avant les auteurs indépendants. Mais à moins de faire un putsch et de breaker le top 25 des ventes générales de Kindle, les gens ne vont trouveront pas mieux que sur votre blog. Avantage de visibilité zéro donc. Sachant qu’à ma connaissance, et je peux me tromper, mais aucun auteur indépendant au US n’est sorti de l’ombre grâce au Kindle. Et ça en langue anglaise, sur un marché de centaines de milliers de Kindles. Alors en France, en langue française, avec à peine quelques milliers de Kindle en circulation. Insérer un lol.
Cette annonce n’à qu’un intérêt, faire bonne figure en annonçant une plateforme ouverte qui pour l’instant ne sert à rien. Amazon en ressort grandi et les gens pleins d’espoirs voient là un moyen de court-circuiter le système. Sauf que non. La base d’utilisateurs et les mentalités ne sont pas encore là. Avec aucun avantage et un gros inconvénient financier,cette initiative n’est que poudre aux yeux, pour l’instant en tout cas.
Au moins le plan marketing de Mamazone fonctionne, à lire certaines réactions de mes amis. Good job.





