582 – Reviewtopsy 01

Je savais en entrant dans la salle que Lucky Luke, ça a allait être complètement pourave. Mon sens d’araignée avait pressenti ce que Pollux m’aura confirmé la veille « Dude, c’est trop de la giga merde de sa race que c’est trop honteux qu’il faudrait tous les pendre par les tripes tout en leur jetant des graviers incandescents ! ». Ceci étant dit j’ai beaucoup de respect pour James Huth en tant que réalisateur, je trouve Dujardin d’ordinaire bon voire très bon et parfois je me souviens que Michael Youn, quand on le flique un peu, a du potentiel. Au final, pas de miracle. L’espace d’un instant je ne regrette pas d’y être allé seul, ça m’aurait fait mal d’avoir poussé quelqu’un à lâcher un billet de dix pour ça. Mais sur le chemin du retour, alors que je cogite, je ne peux m’empêcher de me dire que je viens d’assister au brouillon foireux d’un très bon film.

Le principal problème de Lucky Luke, le film, c’est qu’il est le total opposé de Lucky Luke, la BD. Dans les albums, Luke est tel un Tintin ou un Spirou, un personnage creux, sans origine, vierge. Chaque histoire n’est qu’un prétexte pour mettre en avant l’intrigue du jour et ses personnages secondaires, qui font le show bien plus que le héros. James Huth et compagnie prennent le contrepied du matériau de base en créant une origine à Lucky Luke, l’affublant d’amie d’enfance, de parents et même d’un prénom. Le film se fout pas mal des méchants, des seconds couteux, tous ne sont là que pour faire un origin story au cow boy solitaire et faire faire un gigantesque arc narratif à un des personnages d’ordinaire les plus neutres de la BD franco-belge. Le scénario est tout sauf du Lucky Luke, ça en devient une espèce de fanfiction, une interprétation presque hardcore. Et le fond du truc, c’est que le script, l’intrigue, tout ça c’est très bon. Seulement fallait avoir les couilles d’y aller franco, de partir loin de la BD, faire une réelle réinterprétation noire à tous les niveaux.

Malheureusement le film hésite sans cesse entre le réalisme et le cartoon. Luke porte un « Apatche » anti tabac cousu à la poitrine, fais de la monnaie en tirant sur un billet jeté en l’air et combat des méchants dans un casino aux proportions étranges. A côté de ça on a des scènes rudes, des flashbacks chargés en émotion, une traversée du désert pour le héros et des thématiques plus sérieuses. En restant le cul entre deux chaises, Lucky Luke ne gagne sur aucun des tableaux, que ce soit dans celui de l’adaptation à la cool ou de la réinvention rebelle. Des scénes cools viennent s’intercaler de ci de là, piochant dans les deux registres pour accoucher d’un ensemble tout sauf cohérent où je n’étais jamais réellement sûr de ce que je regardais. Sans parler des graves fautes de goût, comme Luke qui insulte son cheval, qui frappe une femme (OSS Luke for the fail !) ou accepte de faire équipe avec Billy The Kid alors que celui-ci se vante d’avoir flingué un innocent.

Ce manque de discernement de l’équipe est d’autant plus désastreux que la plupart des choix artistiques sont bons. Les costumes défoncent, tous comme les paysages qui ont le mérite d’en mettre plein les yeux. Dujardin est impeccable sauf quand il repasse en mode OSS 117 ou bafouille devant son (aussi peu crédible que peu jolie) Alexandra Lamy. Michael Youn se paie le luxe de rester supportable tout en assurant son personnage tandis que Prévost est impeccable, comme d’hab’. Les cadrages sont souvent magnifiques, tout comme l’habillage (dessins de luke d’époque, super stylés). Seul le montage pêche, faisant suivre des séquences sans réelle transition ou peinant à retranscrire l’action de manière lisible. Mention spéciale à la référence au Crabe aux Pinces d’Or ainsi qu’au générique de fin, qui est truffé d’excellentes vannes et autres anecdotes, presque plus drôle que le film en lui-même.

Lucky Luke n’est pas un bon film. Je n’encouragerai personne à le voir. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir envie d’en parler, de décortiquer le truc. Tout le long de la séance j’ai eu l’impression d’avoir compris l’intention, de voir le potentiel d’une véritable vision d’auteur et couillue. Peut-être qu’Huth et son crew manquent de goût ou de recul (tout comme ils ont été incapables de comprendre pourquoi le public avait aimé le personnage de Brice, plantant totalement l’adaptation ciné en ne proposant pas ce qu’il fallait). Je reste persuadé qu’ils ont du talent, qu’ils ont les moyens de produire une petite bombe. Qui sait ? De brouillons en brouillons, ce qui peut ressortir de ces petits gars. Better luck next time.

Demain, on parlera d’un autre film, un bon, cette fois.

TRAILER STAGE !!!

Sérieux, je me demande qui d’autre que moi aura pondu huit cent mots sur ce Lucky Luke.

468 – Leveling Up

La semaine dernière j’étais donc coincé sur ce bon vieil ordi familial. Enfin, au départ sur celui de mon frère, que j’aurais réussi à flinguer en moins de 24 heures, prouvant ma théorie comme quoi un ordi, ça ne se prête pas. La bécane familiale a presque six ans, ce qui en fait un truc assez infâme dans l’idée. Mais au-delà du processeur qui crache ses tripes, de l’écran cathodique qui nique les yeux et du disque dur qui hurle a la saturation, on y trouve des tonnes de trésors. Pour une raison que j’ignore, mes fichiers reçus MSN ont disparus depuis longtemps, fuck. Mais les conversations, enfin les archives de conversation, sont toujours bien présentes. J’ai conscience de leur future disparition. Pas hyper grave, je ne suis pas taré au point de relire mes archives au quotidien. Sauf donc cette semaine dernière, où j’ai malencontreusement cliqué sur un fichier consacré aux débats échangés avec un de mes premiers amours.

A l’époque j’étais en pleine détresse affective, heurtée à un mur à lunettes, bien décidé à refuser d’admettre que je puisse nourrir des sentiments à l’encontre de son corps de brique. Mais bordel, qui était le gros blaireau qui répondait à ma place sur MSN ? Que ce soit le vocabulaire, la syntaxe ou juste le fond, tout simplement, y’a carrément rien à sauver. J’avais postulé que la fille était quand même à la ramasse, mais quand je me vois avec mes yeux de vingt ans et des poussières, je dois bien avouer que j’étais presque autant en cause (bon peut être pas à ce point là, faut pas déconner non plus). Mais plus mon regard défilait le long des dizaines de pages, et plus j’avais envie d’emprunter la DeLorean pour aller botter le cul de mon moi du passé. Avec un minimum de connerie en moins, il aurait trop pu réussir à inverser le cours des choses. Quel abruti de première ce Reilly du passé !

Bordel, ce qu’on peut changer en cinq ans et demi. Encore cette semaine je me suis dit que j’étais trop con, a être passé à côté de signaux pourtant évidents à postériori, ou bien à ne pas savoir trouver les mots au bon moment. Je me suis demandé si j’avais vraiment progressé en termes d’interactions avec le sexe opposé. Avec le recul que m’offre mon historique MSN, je crois pouvoir dire que j’ai tout de même bien levelé. Tel un organisme unicellulaire j’ai évolué, m’extirpant de la boue originelle jusqu’aux lèvres de parfois très jolies filles. A l’instar du Reilly du passé je continue à être particulièrement stupide, foirer des occasions, passer à côté d’autres et bien d’autres conneries encore. Pourtant, que de chemin parcouru. Quelque part, c’est pas mal de savoir que ma marge de progression reste énorme.

La seule question qui reste, est de savoir si je devrais arrêter d’enregistrer mes conversations MSN à partir de maintenant (piège, je discute presque autant sur Gtalk et FB…).
Demain, un gros top 3 un peu émotif mais coloré.

440 – Bittersweet Fairy Tale

La scène se passe chez mon ex meilleur ami gay du lycée, il y a peut-être quelque chose comme six ou sept ans. Soirée croisée entre lui et sa jeune sœur. Parmi les invitées, cette fille, petite brune en robe noire assortie à la profondeur de son mascara. Des boucles de mèches s’enroulent autour de ses oreilles, caressant ses joues qui s’arrondissent des deux côtés de son petit nez quand elle sourit. Ou comment se prendre une décharge d’over 9000 volts en plein cœur. Le pire, c’est qu’elle est plutôt sensible à ce que je lui raconte. On se calle,juste nous deux, sur le canapé. Elle, assise sur l’accoudoir, ses fines jambes sur les miennes, agite la pointe de ses chaussures en rythme avec ses paroles. Ce qui me sidère c’est qu’il faudra attendre plus d’une heure et demie de ce petit manège entre nous pour que son mec se décide à réagir.

Le type est genre bon douchebag, grand, blonc, athlétique aux cheveux courts. Depuis le début de la soirée il était planqué sur le balcon à aspirer le contenu d’un bang de cana avec ses potes, délaissant sa copine pourtant à croquer sur son trente et un. Sa virilité alertée par la présence d’un importun équipée d’une chemise à rendre fou de jalousie Parker Lewis, il préfère rôder autour de nous. Impossible de flirter en rond, plus qu’à attendre qu’il parte, en espérant qu’il n’embarque pas sa copine avec lui. J’ai décrété depuis longtemps que je valais mieux que ce gars, que sa chérie était fair game, que le meilleur gagne. Comme s’il avait anticipé ma bravade en voix off, il accepte le défi lancé d’une partie d’échecs. C’était oublier le temps passé depuis lequel je n’avais pas touché à la moindre pièce. Sa perception du réel augmentée par la drogue, il prit le dessus dans une partie très serrée.

Alors j’ai fait ce que tout Don Juan aurait fait, j’ai triché. J’ai oublié de lui faire remarquer que j’étais en situation d’échec et mat depuis trois coups, le laissant déplacer ses pions jusqu’à ce que je finisse par forcer un match nul. Pitoyable ersatz de victoire qui ne l’empêcha pas de repartir avec sa copine sur le coup d’une heure du matin. C’est dépité que je serrais la belle dans mes bras, m’enivrant une dernière fois de l’odeur qui émanait de sa nuque. A ce moment j’ai senti le frisson provoqué par des lèvres qui frôlent les contours de mon oreille. Je suis vraiment heureuse de t’avoir rencontré. Voilà ce qu’elle m’a glissé, susurré sur un ton de velours, me hérissant chaque poil du corps. Elle disparue dans la nuit alors que mon corps n’avait pas fini de trembler. Une putain de bonne nuit.

Bien entendu j’ai tout tenté pour récupérer son numéro, que mon ex meilleur ami gay a réussi à me cacher avec succès, n’ayant pas encore renoncé à l’époque à me faire les fesses. Je l’ai retrouvée beaucoup plus tard, trop tard. Mais la chaleur de la bise de nos retrouvailles aura au moins rendu jaloux la totalité des garçons de l’assemblée.
Demain, Top 3 !

RENDEZ-VOUS STAGE !!!

Si vous avez Canal + Cinéma, à 22h05 ce vendredi vous pourrez, en plissant les yeux forts, entrapercevoir ma frimousse dans le public de l’émission Le Cercle. On en reparle jeudi prochain.