L’autre jour j’étais à la RNAC pour me payer quelques Nicolas Rey pour ma collec’, quand un bouquin a attiré mon regard. Le titre de fou : « Mon CV dans ta gueule ». Faut savoir que j’adore le mot « Gueule », c’est comme ça, chimique, j’y peux rien. Puis bon si ça c’est pas de l’incitatif ! Sans déconner il pourrait y avoir n’importe quoi dedans le titre est vendeur à lui seul. J’en veux pour preuve que ce Alain Wegscheider (je jure de plus réécrire son nom de tout l’article) a réussi à faire rééditer ce premier roman en livre de poche tout en l’ayant sorti chez un petit petit petit éditeur. Ayant le sens de la formule, son second bouquin s’appelle Ni Dieu Ni Coca. Quel petit malin celui là ! Du coup, c’est mes gènes de communiquant qui ont attrapé un exemplaire, sans même regarder de quoi ça parlait. Pi bon cinq reuros quoi…

Sachez tout d’abord que la quatrième de couverture est fourbe. Elle nous annonce une histoire de chômeur qui bute des employés et postule à leur remplacement. Mince, c’est quand même super proche du film Le Couperet de Costa Gavras. M’enfin trop tard, je l’ai acheté, je le lis. Et puis, tel un patient du docteur House, le résumé ment. En effet pas la moindre ombre d’un véritable meurtre jusqu’à la moitié du bouquin. On suit plutôt les aventures de Martin, intérimaire dans une boîte pharmaceutique, et son histoire d’amour avec une jolie stagiaire, le tout sous fond de chômage et de crise économique. Puis à mi-chemin, on part dans une série de meurtre, qui semble se résoudre avec le twist le plus éculé de tous les temps depuis que Chuck Palahniuk (dont je causerai dans quelques semaines) est passé par là. Mais en fait non ! Parce qu’il y a Shyamalan sous roche (je vous laisse vous faire votre image mentale de cette expression destinée à devenir célèbre) avec un second twist, plus malin que le premier !

Je sens que je suis pas clair. Mais c’est normal, je veux pas spoiler. Et puis le bouquin est pas clair non plus ! Car il faut dire que pendant une première centaine de pages je me suis fait un peu chier, à me demander quand toute cette histoire qui ne correspondait pas au résumé allait décoller. Pas forcément la faute de l’intrigue, mais plutôt à l’écriture. Des événements importants sont comprimés dans un paragraphe tandis que des pages entières sont dédiées à des détails moins cruciaux. Une baisse d’attention dans la lecture et c’est le drame. Ce n’est pas que ce soit mal écrit, mais ça manque un peu de clarté dans l’enchaînement des actions. Tout comme le registre qui oscille entre le réalisme et l’humour noir sans jamais réellement choisir son camp. Sans être paumé, j’ai eu parfois beaucoup de mal à suivre ce qui se passait. A un moment j’ai décrété que le bouquin était mauvais et chiant. Puis l’histoire s’emballe, je m’intéresse de nouveau, avant de retomber pour usage de twist bas de gamme. Sauf que la fin sauve le reste, avec un dénouement aussi atroce que bien vu. Qu’il est fort ce Wegscheider (et merde) !

Oui, j’ai un blog absurde des fois.
Au final Mon CV dans ta gueule correspond parfaitement à l’image que l’on peut se faire d’un premier roman : audacieux, parfois (très) bancal mais prometteur. J’aime bien changer trois fois d’avis sur ce que je suis en train de lire au fil des pages, ça m’auto-ménage le suspense quand à mon verdict. Pas mécontent d’avoir dépassé ma déception initiale.
Demain retour sur la séance de shooting de la semaine dernière, quelques photos en bonus.


