Un jour je vous expliquerai pourquoi tout mon fonctionnement sentimental a été durant des années basé sur Dawson. Un jour. Mais pour aujourd’hui je vais me souvenir de cet épisode ou Joey passe enfin à la casserole, par l’entremise de l’entrejambe de Pacey. Le lendemain matin, le bon garçon est un peu sur les nerfs, et finit par craquer, demandant à la belle si, bah, c’était bien pour elle. Là Katie Holmes invoque toute sa puissance de jeu d’actrice pour simuler la déception et lui lâche au visage que oui, c’était bien, mais qu’elle aurait préféré que l’autre balourd ne la harcèle pas pour savoir, parce que ça fait genre je pense qu’à l’égo de ma bite. Je me souviens qu’à l’époque j’étais consterné par cette logique de sale conne (bon okay c’est qu’elle aussi psychotait et projetait ses insécurités, mais même !). Et de cet épisode, je me suis dit que, clairement, Jen était carrément mieux que cette grosse pétasse de Joey Potter !

Ouais, j’étais toujours puceau que je prenais la défense de l’autre Pacey. Parce qu’on tient là la question ultime. Damn girl, est-ce que je baise bien ou pas ? Quand on y pense la vie est faite de barèmes, partout, quasiment tout le temps. On a les notes à l’école, les évaluations en entreprise et le permis à points pour la bagnole. Mais l’indice de satisfaction sexuel féminin reste un tabou ultime, le dernier secret, le truc qu’elles gardent pour elles juste pour avoir ce petit avantage bien sadique. Après tout, ça devient un moyen de pression comme un autre. Nan je déconne. Sinon vous allez encore croire que je suis une raclure de macho. En s’y prenant bien, avec les bonnes pincettes, avec la dextérité verbale d’un ninja de la rhétorique, les informations sont extrayables. Bon, le problème à partir de là c’est de trier le vrai du faux. Parce qu’une fille, ça ment.

En même temps faut se mettre à leur place. Si jamais le bilan n’est pas super positif, elles préfèrent souvent se taire ou bluffer plutôt que de se prendre une volée de bois vert. L’exception à la règle étant celle qui l’ouvre bien grand avec un manque absolu de tact, genre tiens bouffe ta vengeance sale mauvais coup de merde ! Forcément dans cette jungle, pour peu que l’une d’entre elle dise la vérité tout en n’étant pas avare de compliments, on peine à la croire. Oui, je sais, c’est un cercle vicieux absurde. Plus tu me complimentes moins je te crois mais plus je te demande de me convaincre, et donc, de me complimenter. On s’en sort jamais. Idéalement la fille te ferait quelques petites remarques innocentes entre deux halètements post-coït et on n’en serait pas là. Pacey n’aurait pas eu à mendier, et l’autre pute ne lui aurait pas faite la gueule. Heureusement il reste des feintes.

La feinte la plus efficace est d’être un mauvais coup. Parce que la fille plait moyen, parce que grosse fatigue, parce que ratage évident, on sait, en tant qu’homme, que c’était pas vraiment ouf. Et après une performance moyenne, on ne demande rien, on ferme sa gueule et on part grogner seul sous la couette. Avoir conscience que sa moyennitude, ça évite de poser la question. Mais la véritable parade, celle des grands maîtres, c’est de retourner sa propre peur contre l’ennemi. Expliquer doucement que même pour un mec, sérieux, y’a des différences d’un vagin à un autre, d’une fille à l’autre, et que si on jouit systématiquement, des fois la puissance de l’orgasme est plus pathétique qu’autre chose. Coule le venin dans l’égo, jusqu’au redoublement d’efforts, l’expression du plaisir ressenti et les demandes de « C’était bien ? ». Testé et approuvé. En fait, j’aurais fait une bonne connasse je crois.
Bon, je suis passé à côté de plein d’angles du sujet, genre pourquoi ce putain de besoin d’être rassuré, sur la virilité et toutes ces conneries mais faut bien que je garde de la matière à une suite. Puis j’avais plein d’anecdotes de fou pour alimenter ce billet mais parfois il faut savoir garder son jardin secret bah, secret quoi. Mais je ne vous empêche pas d’anecdoter.
FUN FACT STAGE !!!
Quand c’est particulièrement bien pour moi, je le dis.





