715 – You Happy Or What ?

Un jour je vous expliquerai pourquoi tout mon fonctionnement sentimental a été durant des années basé sur Dawson. Un jour. Mais pour aujourd’hui je vais me souvenir de cet épisode ou Joey passe enfin à la casserole, par l’entremise de l’entrejambe de Pacey. Le lendemain matin, le bon garçon est un peu sur les nerfs, et finit par craquer, demandant à la belle si, bah, c’était bien pour elle. Là Katie Holmes invoque toute sa puissance de jeu d’actrice pour simuler la déception et lui lâche au visage que oui, c’était bien, mais qu’elle aurait préféré que l’autre balourd ne la harcèle pas pour savoir, parce que ça fait genre je pense qu’à l’égo de ma bite. Je me souviens qu’à l’époque j’étais consterné par cette logique de sale conne (bon okay c’est qu’elle aussi psychotait et projetait ses insécurités, mais même !). Et de cet épisode, je me suis dit que, clairement, Jen était carrément mieux que cette grosse pétasse de Joey Potter !

Ouais, j’étais toujours puceau que je prenais la défense de l’autre Pacey. Parce qu’on tient là la question ultime. Damn girl, est-ce que je baise bien ou pas ? Quand on y pense la vie est faite de barèmes, partout, quasiment tout le temps. On a les notes à l’école, les évaluations en entreprise et le permis à points pour la bagnole. Mais l’indice de satisfaction sexuel féminin reste un tabou ultime, le dernier secret, le truc qu’elles gardent pour elles juste pour avoir ce petit avantage bien sadique. Après tout, ça devient un moyen de pression comme un autre. Nan je déconne. Sinon vous allez encore croire que je suis une raclure de macho. En s’y prenant bien, avec les bonnes pincettes, avec la dextérité verbale d’un ninja de la rhétorique, les informations sont extrayables. Bon, le problème à partir de là c’est de trier le vrai du faux. Parce qu’une fille, ça ment.

En même temps faut se mettre à leur place. Si jamais le bilan n’est pas super positif, elles préfèrent souvent se taire ou bluffer plutôt que de se prendre une volée de bois vert. L’exception à la règle étant celle qui l’ouvre bien grand avec un manque absolu de tact, genre tiens bouffe ta vengeance sale mauvais coup de merde ! Forcément dans cette jungle, pour peu que l’une d’entre elle dise la vérité tout en n’étant pas avare de compliments, on peine à la croire. Oui, je sais, c’est un cercle vicieux absurde. Plus tu me complimentes moins je te crois mais plus je te demande de me convaincre, et donc, de me complimenter. On s’en sort jamais. Idéalement la fille te ferait quelques petites remarques innocentes entre deux halètements post-coït et on n’en serait pas là. Pacey n’aurait pas eu à mendier, et l’autre pute ne lui aurait pas faite la gueule. Heureusement il reste des feintes.

La feinte la plus efficace est d’être un mauvais coup. Parce que la fille plait moyen, parce que grosse fatigue, parce que ratage évident, on sait, en tant qu’homme, que c’était pas vraiment ouf. Et après une performance moyenne, on ne demande rien, on ferme sa gueule et on part grogner seul sous la couette. Avoir conscience que sa moyennitude, ça évite de poser la question. Mais la véritable parade, celle des grands maîtres, c’est de retourner sa propre peur contre l’ennemi. Expliquer doucement que même pour un mec, sérieux, y’a des différences d’un vagin à un autre, d’une fille à l’autre, et que si on jouit systématiquement, des fois la puissance de l’orgasme est plus pathétique qu’autre chose. Coule le venin dans l’égo, jusqu’au redoublement d’efforts, l’expression du plaisir ressenti et les demandes de « C’était bien ? ». Testé et approuvé. En fait, j’aurais fait une bonne connasse je crois.

Bon, je suis passé à côté de plein d’angles du sujet, genre pourquoi ce putain de besoin d’être rassuré, sur la virilité et toutes ces conneries mais faut bien que je garde de la matière à une suite. Puis j’avais plein d’anecdotes de fou pour alimenter ce billet mais parfois il faut savoir garder son jardin secret bah, secret quoi. Mais je ne vous empêche pas d’anecdoter.

FUN FACT STAGE !!!

Quand c’est particulièrement bien pour moi, je le dis.

708 – So, There Was This Girl, Who Once Did…

On me reproche souvent de ne parler que de filles. C’est à la fois tout à fait faux et complètement vrai. Le problème c’est que la plupart de mes passions sont des trucs très pointus et souvent flippants. Avec Pollux on parle beaucoup plus de cinéma que de poitrine. Mais qu’entre nous, parce qu’on va tellement loin dans les débats et les analyses qu’on perd tout le monde en route. Même tarif pour les comics, les jeux video, la génétique, les politiques d’urbanisation ou bien encore (si si) la littérature. Bourdieu l’a dit, je suis un animal social, et du coup j’essaie d’éviter d’expliquer aux gens que je rencontre qui est Ben Reilly, le vrai. C’est un coup à endormir la personne en face, grand minimum. L’avantage des filles et du sexe, c’est que ça parle à tout le monde, c’est peut-être le sujet universel, avec le temps qu’il fait.

Bon, okay, y’a pas que ça. Disons que j’ai tendance à surnalyser les choses, à être incapable d’apprécier quoi que ce soit dans la vie sans comprendre comment ça fonctionne, quelles sont les différents éléments qui composent le truc. Alors je critique des bouquins, et je ressasse sur mes exs. Je rejoue les relations dans ma tête, à la recherche d’une sorte de résumé des évènements, une thèse sur le pourquoi du comment, sur ce qui s’est réellement passé, sur ce qu’elle pensait, sur comment j’ai agis. Et le truc, c’est que je fonctionne en ruminage d’ex comme je fonctionne en écriture. Plus je raconte l’histoire mieux je la comprends. J’ai une bande d’amis proches à qui je raconte régulièrement mes idées de bouquin. Chaque fois que je reprends à zéro et que j’explique, je rajoute et modifie des éléments jusqu’à ce que j’en suis entièrement satisfait. Pour les filles c’est pareil. Plus je les débriefe et plus je les comprends.

Et vous savez ce que devient une histoire racontée encore et encore ? Au minimum une bonne histoire, au mieux une légende. La répétition raffine, jusqu’à extraire tout le meilleur de l’anecdote. Ca devient un truc pur, qui passe toujours bien, et que je peux reproduire à l’envie. Ou peut-être que c’est un mécanisme beaucoup plus simple. Peut-être que j’en parle parce qu’au fond j’aimerais qu’elles parlent de moi. Pas forcément toujours en bien, je m’en doute. Mais j’aimerais pouvoir savoir que j’ai laissé une marque, que je ne suis pas l’interlude sexuello-sentimal qu’on finit par oublier pour de bon. C’est peut-être une forme très perverse d’égocentrisme ou d’insécurité, mais d’un autre côté je n’oublie non seulement personne, mais j’ai à force de répétition mis le doigt sur ce qui m’importait le plus avec chacune d’entre elles, même les plus chiantes.

Alors la prochaine fois que vous trouverez que je parle trop de filles au détour d’un bar ou d’un canapé en fin de soirée, dites vous que c’est parce que j’ai un putain de cœur en shamallow massif et qu’elles me manquent assez pour que je me demande si elles me manquent. Et puis, si vous n’êtes pas content, vous avez qu’à me parler de vascularisation tumorale aussi.

369 – My Mouth Is A Smoking Gun

On en connaît tous, ces connards qui blessent, qui tapent au bon moment, avec les bons mots. Ces paroles qui lacèrent la peau, tranchent leur chemin entre les côtes jusqu’au cœur. Ca fait partie des trucs les plus atroces qui soit. Quand on est témoin de ce genre d’attaques, on qu’en entend parler, ça remue toujours un peu. On a envie de rationaliser, de se dire que si un individu est atroce avec un représentant du sexe opposé, plan cul, copine, amour, c’est qu’il a une fêlure, c’est que quelqu’un l’a brisé avant. En bon facho, j’avais tendance à croire que tout ça c’était des conneries qu’on était capable de se maîtriser un minimum et que n’est connard que celui que ça arrange bien. Puis j’ai changé d’avis, y’a pas longtemps, quand j’ai percuté un minimum comment je parlais en ce moment.

Je pourrais filer un max d’exemples trashs, de choses que j’ai dites ou faites à une ou deux copines récemment. Tous ces trucs plus ou moins voulus que j’ai craché au visage. Mais je préfère les garder pour de l’éventuel fiction tellement c’est surréaliste de venin. Le pire, c’est quand je m’en rend absolument pas compte, que je suis incapable de prendre le minimum de recul pour prendre conscience, que ouais, sur ce coup là j’ai quand même été putain d’odieux. C’est comme si j’arrivais plus à fliquer mon égoïsme forcené et mes inhibitions. Pourtant après coup, tout me reviens et j’ai carrément honte, je multiplie les textos, les mails, les coups de fil d’excuse. Souvent c’est trop tard, et c’est à chaque fois un petit miracle si j’arrive à remonter le truc comme il faut. Qu’es-ce à dire donc ? Est-ce que je me suis fait empaler le cœur par une veuve noire au point que je me venge sur le reste du sexe féminin, comme le voudrait le cliché ? Bah ouais.

Bon c’est un peu fastoche de dire que tout ça c’est la faute de mon ex, de la rupture très très moche. De la faute de l’andouille fruitée d’après qui a géré n’importe comment. Mais en même temps, bah c’est un peu ça quoi. Ca m’a laissé plus dilettante, moins affecté par les dégâts que je peux causer. Il me reste le fond de type qui veut être gentil, et qui arrive à récupérer le coup. A moins que je ne sois devenu un de ces bad boy insupportables, qui agacent les filles et continuent à les attirer. Parce qu’étrangement, de ce côté ça continue à aller à peu près. Ce malgré le fait que je suis pas super fier de dormir avec moi en ce moment. Je sais que ça va revenir, soit je vais me prendre un méga retour de bâton, soit je vais trouver une bonne raison de redevenir une petite lopette romantique. En attendant, étrangement pour la première fois depuis longtemps, je sais ce que ça fait que d’être un bon gros con.

Un peu bizarre ce mea culpa public, d’autant plus que quand j’ai écris le gros de l’article j’ignorais que je referai un putain de maouss coup de pute à une fille que j’apprécie beaucoup cette nuit même. Fais chier putain. Pourquoi ça merde toujours quand on est en plein milieu d’un film que j’adore. Je devrais faire le top 3 des films que je surkiffe mais que je peux plus regarder parce qu’ils me rappellent des moments atroces.

Demain ce sera un top 3 un peu spécial, pour fêter le très proche anniv’ du blog, avec plein de révélations dedans.