368 – The Office Is Real

Ce qui est cool pour le petit noob de la vie active que je suis, c’est de faire connaissance avec la culture d’entreprise. Chez Ubi par exemple la culture c’était d’aller se faire un MacDo tous les vendredis, ou bien de rester 5h de plus au bureau pour roxxer sa race sur Rock Band (« Running through the Moonsooooon !!! »). Chez BDDP Unlimited, la mentalité de la boîte, c’est de chercher tous les prétextes possibles pour faire des pots. Sans déconner, chaque semaine il y a eu au grand minimum un pot, voire deux. C’est le départ d’une stagiaire qui était là deux mois ? Hop, pot ! C’est l’anniversaire d’un assistant directeur artistique ? Hop, pot ! Un étage vient de boucler un gros projet ? Hop, pot ! Techniquement, ça finit par devenir rentable de se retenir d’aller pécho son Schweppes Agrum’ jusqu’au prochain pot, car il n’est jamais loin.

Vous me direz, perso je m’en fous des pots, vu que je bois pas. J’attrape une canette de Coca Zero et un ou deux carambars. Forcément, je m’attarde un peu des fois que quelqu’un ait envie de me parler, à moi, vil et crasseux stagiaire extirpé de son bureau le temps d’un 33cl. M’enfin faut quand même que j’envisage le moment de mon départ, vu que, fatalement, faudra que j’organise un pot ! Bon, je suis langue de pute, ça joue aussi aux jeux-vidéos. Il faut cependant raison garder. Car comme nous sommes dans une agence de pub qui se la pète un minimum, donc qui bosse sur des macs. Pour faire du deathmatch sur Crysis c’est carrément pas évident. L’étage créa s’affronte donc sur un ancêtre, sur Call Of Duty 2. Un jeu qui, pour les non geeks dans l’assistance, a quatre ans ! Vu que le 6 sort cette année…

Voilà donc la raison officielle de mon refus de participer à des matchs à mort de folie. Je suis un hypeur moua, je ne joue qu’au dernier des Call Of ! En vrai j’ai pas envie de me faire dessouder la gueule par des mecs qui jouent depuis quatre ans au même jeu et masterisent l’intégralité du soft. Une pensée pour mon collègue stagiaire qui espère le CDD et sert de cible aux gros geeks de CDI dans un effort d’intégration. (Là vous vous souvenez de la branlée mémorable que je me suis pris sur Street chez Lâm dans un effort d’intégration, et vous riez de l’ironie de mon attaque pleine de mauvaise fois, et vous avez raison) Sinon, en vrac dans la culture d’entreprise, y’a la secrétaire qui envoie des mailing pour prévenir de l’arrivée de contractuelles dans la rue ou bien le CE qui tente d’organiser un voyage à Biarritz entre les livraisons hebdomadaires de paniers de légumes bios.

C’est beau tous ces petits rituels d’entreprise. Moi ça me touche en tout cas, une grande famille. Allez je vais verser une larme en vous préparant la note Bis photo de 18h. Demain on parlera d’être un connard ou ne pas être.

087 – The Hard Goodbye

Demain je bouclerais mon stage de trois moi et demi. C’est deux semaines plus tard que prévu, car il se trouve que j’ai rempilé pour une quinzaine supplémentaire. Les plus alertes d’entre vous en déduirons sans difficulté que ce stage ne s’est pas si mal passé que ça finalement. Okay, je ne me suis pas fait sauter par mon maître de stage comme certain dont j’ai pu, bien malgré moi, apprendre les aventures. Mais il n’y a pas que le harcèlement sexuel dans la vie en entreprise finalement. Il y a avant tout le harcèlement moral. A commencer par les pernicieux collègues, j’ai nommé Sylvain et Xavier, qui ne peuvent s’empêcher de débusquer et pointer du doigt mes faiblesses orthographiques à chaque nouveau post sur mon blog (l”équivalent d’une fille qui vous dit que vous avez une petite bite, vous êtes au courant, vous le voyez bien, mais vous pouvez rien faire) J’aurais dû mettre dans mon rapport de stage que j’aurais au moins appris quelques règles basiques de grammaire.

Je sais que dans le travail comme dans la vie, on ne réussit jamais à trouver son bonheur du premier coup. Pourtant, le quotidien de stagiaire tendancieux chez Ubisoft, je le vis pas trop mal. J’aime me faire mon MacDo tous les vendredis avec la dream team du planning stratégique, avant de voir la carte bleue de la boîte fumer au magasin de jeux vidéo du coin. J’aime me payer la honte à chanter du Tokio Hotel sur Rock Band après 19h en salle de repos, au lieu de rentrer chez moi comme un type normal. Mais surtout j’aime me dire que si j’avais fini mes études, j’aurais aimé bosser là, pour de vrai, genre avec un salaire. Bon, bien entendu, je suis quasi sûr qu’au bout de quelques années, appâté par les filles faciles et le champomy à volonté, je finirais par aller voir ailleurs. Je suis le mec infidèle de base faut croire. Même que j’arriverais à justifier ça par la conjoncture socialo-économique toussa. Enfin, je me monte le bourrichon pour rien là de suite.

Parce que dans quarante huit heures je serais de nouveau en révisions, en pré-vacances quoi (Ndmm [Note de ma mère] : Fous toi de ma gueule petit con !). Bref, je laisserais le monde merveilleux de l’entreprise, ses RTT et ses tickets restos derrière moi. Sûrement que l’année prochaine, par goût de la nouveauté je ferais mon second stage ailleurs. Mais peut être qu’après avoir eu un point de comparaison, je reviendrais en pleurnichant chez Ubi à la fin de mes études. Hum, qui sait ? Moi en tout cas je me pose la question. Bon allez, il est temps de commencer à vider mon bureau, de récupérer quelques fournitures en douce. Faut pas que j’oublie la bouteille neuve de déo que j’ai acheté un jour de panique olfactive où je m’étais réveillé trop tard. Attendez une minute, je viens de réaliser un truc. Comment je vais continuer à rédiger mon blog si je le fais pas au taf’?! Enfin, pendant les pauses réglementaires je veux dire. Evidemment. Diantre, voilà matière à réflexion.

Hein. Oui quoi ? Comment ça je finis mon stage lundi ? C’est pas un jour finir de bosser c’est complètement débile et je… Non mais j’ai pas fait gaffe quand j’ai signé ma rallonge ! Putain faites chier je viens de ranger de bureau là. Okay okay je serais là lundi. Tain.

Sur ce je vous laisse, je dois aller rendre visite à une copine récemment internée pour avoir pété les plombs chez Publicis en décapitant son patron au fusil à pompe la semaine dernière. Demain c’est un jour un peu spécial, il y aura une note, mais en même temps y’aura pas de note. Oui je suis cryptique.

BONUS STAGE !!!

Voilà quelques clichés compromettants pris avec mon super appareil de rebellz qui prouve que chez Ubisoft, bah ça bosse fort.