968 – Hormonosaurus

J’étais assis sur un strapontin du métro. La rame était presque pleine, cette espèce de limite d’occupation où tu sais qu’il va falloir te lever. Mais là, je refusais de bouger. J’étais en pleine contemplation de jambes. J’aurais aimé pouvoir vous dire qu’elles étaient magnifiques, longues, élancées, appartenant à une bombasse. Même pas. Fille normale, taille normale, cuisses et mollets normaux. Les bottes remontaient assez haut, la jupe assez bas, l’ensemble était recouvert d’épais collants sombres. Pourtant, je ne sais pas ce qui me prenait, tout doucement. Mais j’avais une envie folle de tendre la main, d’épouser de la paume la forme du muscle, et éprouver d’une contraction des doigts la fermeté de l’ensemble. Comme je ne suis pas un psycho, je n’ai rien fait. Cependant, j’avais envie, mon cœur était en mode carnassier, j’avais faim, de viande, de toucher, d’épaisseur, de masse. J’avais envie de toucher.

En ce moment les filles, c’est loin d’être ma priorité, très loin. Entre les cours, les partiels qui s’enchaînent, l’échéance de la recherche de stage, ce putain de bouquin qui refuse de se signer, j’ai la tête pleine de conneries. Ma détente, c’est sur la Xbox, après avoir coupé Gtalk, Facebook, MSN. Il faut un certain état d’esprit pour être en chasse, sexuello-sentimentalement parlant. Je ne suis pas dedans. Alors je suis moins agressif quand je parle à une fille, je décline des invitations en soirée, à boire des coups. Je ne fais plus tous ces petits efforts qui viennent taquiner la chance et le destin. Et c’est pas grave, c’est une phase, c’est cyclique. Ca va et ça vient. Si je signe mon bouquin, trouve un stage de bâtard et survis à ce semestre de cours, j’aurais une pêche d’enfer et je fondrais dans la nuit, le courage au cœur. Juste, pas tout de suite là. Même si mon corps valide pas trop.

C’est le côté paradoxal du manque. Moins on en a, plus on y est sensible. Je remarque beaucoup plus la poitrine d’une ou deux camarades, des roulements de hanche dans les couloirs, des jambes dans le métro. Je finis par reconnaitre des filles que je croise depuis des mois et que j’avais jamais remarquées. Mon cerveau dit qu’il s’en fout, mon corps lui fait un peu ce qu’il veut. Sans que je m’en rende compte. Ou comment et pourquoi je frotte mes joues contre des épaules beaucoup plus souvent qu’à l’accoutumée, ou alors pourquoi je fais la gueule quand j’apprends qu’une jolie fille vis-à-vis de laquelle j’ai rien tenté est casée. Exemples parmi d’autres. Peut-être que c’est bêtement un problème d’hiver, du fait que j’ai froid chez moi à cause de mes radiateurs pourris et de mon sèche cheveux qui a rendu l’âme. Peut-être que je veux juste un câlin d’un truc chaud, si possible avec des cheveux qui sentent bon.

Enfin voilà, situation merdique où mon cerveau reptilien rugit, grogne, gratte, obsède. Pendant que j’ai pas que ça à foutre, que j’ai mal au crâne, que je ne dors pas assez, que je ne trouve même pas le temps de mettre des images sur ce blog. Le fu.

816 – Comic Booking

Ce mois-ci, étrangement, j’ai racheté des BD. Ca a commencé par un jour où je m’emmerdais sec sur le trajet du stage (ce qui est mieux que s’emmerder PENDANT, notez). J’attendais encore ma prochaine cargaison de romans et j’ai du coup pallié comme j’ai pu. Au kiosque à côté du taf’, j’ai chopé le Spirou de la semaine. Bon, c’était quand même hyper mauvais, soyons clairs (je pourrai faire un mémoire entier sur pourquoi). Mais au fond ça m’a fait plaisir. Puis 2,30€, ça va. Ca ne laisse pas l’impact d’un falcon punch dans le budget étudiant. A côté de ça mon Pimp m’a offert une BD au choix à la RNAC sur un coup de folie, et j’ai pris un autre truc français que j’ai bien kiffé au retour à la maison. Puis, la semaine dernière en rentrant à Lyon j’ai mis la main sur un gros pavé ricain que j’avais commandé y’a longtemps. Happy birthday à moi comme je dis.

On reparle de tout ça bientôt, oui même du truc japonais chelou (pas FFXIII, l'autre).

J’ai pas vraiment l’argent, et encore moins la place, d’acheter et stocker un max de bandes dessinées. Chaque fois que je passe dans les rayons des librairies je trouve que c’est juste trop cher pour ce que c’est. Un beau paradoxe quand on pense que j’ai pas mal bourlingué dans le milieu, j’y ai aussi pas mal bossé. Je sais ce que ça représente comme boulot. Mais je peux pas mettre 13€50 dans un truc que je vais bouffer en une demi-heure dans le meilleur des cas (un jour j’écrirai un mémoire sur le pricing des BD, un jour…). J’ai pas cette latitude budgétaire. Alors je fais comme au bon vieux temps, le lis en fraude, en tournant les pages super vites. Y’a deux mois sortait la BD d’un ancien pote. Je pensais que c’était sa chance de me prouver qu’il n’était pas juste un branleur. Perdu, c’était super mauvais. Mais au moins je l’ai lu en douce, je peux donc savoir de quoi je parle. Un peu triste quand on sait que j’ai toujours pas lues les dernières sorties de mes « vrais » potes.

Parce que je garde mine de rien une poignée de coupaings qui vivotent là-dedans. C’est assez pour me tenir au courant des mouvements en interne, des ragots, du qui fait quoi. Ça me fait plaisir de voir que des mecs que j’ai jamais pu blairer produisent de la merde. Ils vous diront que ça paie le beurre des épinards, je répondrai qu’ils ne sont pas capables de mieux. Bwah ah ah ! Hum. En vrai je continue donc à utiliser les RNAC comme librairie personnelle, j’écume les sites de scans pour choper ce que je n’ai pas la thune de me payer et je continue à suivre ce petit monde, regarder la planète BD tourner. Avec en petit regret, celui de ne pas avoir les moyens de suivre tout ce que je veux, et donc avoir des bijoux qui me passent sous le nez… Même si, parfois, sur un coup de tête, un bon conseil ou un moment de déprime, j’achète un peu de papier que j’irai consommer au fond du lit.

D’où une petite frustration, de ne pas lire plus, découvrir plus et partager plus. J’ai l’envie de faire des critiques de BD qui me chatouille. Attention uniquement des trucs cools. Pas comme les bouquins où si je lis un truc, j’en parle. Non, là que des BD qui en valent vraiment la peine. Ca me travaille. Ca va venir. On dit samedi ? Ça vous va samedi ? Vous aviez un truc de prévu ou bien ?

Demain, il sera question de loyauté.

778 – Brb

J’ai l’affreuse impression d’être dans une période sans. Niveau filles. Pas genre sans fille du tout, mais sans l’envie de faire des efforts, de me mixer avec quelqu’un d’autre. Ca se manifeste par des soirs où je reste peinard chez moi à regarder un film plutôt que d’aller boire un verre de dernière minute. Ou alors on me rappelle que j’aurais du rappeler, y’a un moment déjà. Même ma consomation de Youporn a baissé dramatiquement, assez pour que quand je tape « You » et entrée sur mon navigateur j’arrive sur youtube (okay, je mens, en vrai je vais pas sur Youporn quand y’a beaucoup mieux ailleurs). Sans déconner on pourrait presque croire que j’ai perdu mon mojo. Pourtant il est toujours là sur mon étagère. Non, je crois que c’est un problème d’envie et de motivation. Ma claque des filles en ce moment, plus le courage de faire quoi que ce soit, chez moi avec des Chupa Chups c’est bien aussi finalement.

Quand j’étais ado, je m’étais un jour posé une question existentielle. Je me demandais si après des années de frustration et de perversité, si ma première copine allait me calmer. Peut-être que passer le cap règlerait un problème de fond, ayé, ça s’est fait, tu peux passer à autre chose. Ou alors, est-ce qu’après avoir goûté au sexe je finirai camé, à en vouloir toujours plus. Décidément, on en a du temps libre pour cogiter quand on n’a pas de copine. La réponse à ma question aura été un peu triste : le sexe c’est le mouvement perpétuel. Tu n’es ni rassasié ni encore plus avide, tu finis toujours à la case départ, ni contenté ni intoxiqué. Ou alors c’est pathologique, ce qui est un autre problème. En même temps c’est pas plus mal que les choses se calent comme ça, ça permet d’avoir envie de baiser jusqu’au bout de notre microbienne existence. A part dans les périodes sans, forcément.

Ca m’était déjà arrivé l’année dernière, après avoir fait un peu n’importe quoi. Je m’étais retrouvé à rester sur mes amitiés et profiter de ma Xbox. Ce n’était ni quelque chose de réfléchi ni quelque chose de voulu. C’était juste comme ça. La baisse de libido basique. Et je m’étais demandé de loin si ça faisait ça d’être vieux, la prostate en vrac, en mode rien à branler (c’est le cas de le dire). Ca m’avait plongé brièvement dans un abîme de perplexité, puis je suis allé au cinéma et j’y pensais plus. De toute façon ça a fini par revenir, après tout je reste un sac à hormones. Même tarif, ni décidé, ni quoi que ce soit, pas même une fille magnifique pour me réveillé. C’est a juste rédébarqué comme ça, un matin, où je me suis dit que j’avais faim de corps, de contact, de toucher, de mordre dans une cuisse de donzelle. Mon petit univers s’est remis à tourner, juste comme ça.

Ca va revenir donc. Hier j’ai cependant kiffé comme jamais me lever, allumer la Xbox et joueur deux heures d’affilée en pyjama au lieu d’aller au rdv avec une copine que j’avais. En mode rien à foutre. Puis je suis amoureux la fille sur les affiches Coca Light de toute façon, pas de place pour les autres.

En attendant que ça revienne, on se retrouve demain avec un bouquin pour ado japonais.