778 – Brb

J’ai l’affreuse impression d’être dans une période sans. Niveau filles. Pas genre sans fille du tout, mais sans l’envie de faire des efforts, de me mixer avec quelqu’un d’autre. Ca se manifeste par des soirs où je reste peinard chez moi à regarder un film plutôt que d’aller boire un verre de dernière minute. Ou alors on me rappelle que j’aurais du rappeler, y’a un moment déjà. Même ma consomation de Youporn a baissé dramatiquement, assez pour que quand je tape « You » et entrée sur mon navigateur j’arrive sur youtube (okay, je mens, en vrai je vais pas sur Youporn quand y’a beaucoup mieux ailleurs). Sans déconner on pourrait presque croire que j’ai perdu mon mojo. Pourtant il est toujours là sur mon étagère. Non, je crois que c’est un problème d’envie et de motivation. Ma claque des filles en ce moment, plus le courage de faire quoi que ce soit, chez moi avec des Chupa Chups c’est bien aussi finalement.

Quand j’étais ado, je m’étais un jour posé une question existentielle. Je me demandais si après des années de frustration et de perversité, si ma première copine allait me calmer. Peut-être que passer le cap règlerait un problème de fond, ayé, ça s’est fait, tu peux passer à autre chose. Ou alors, est-ce qu’après avoir goûté au sexe je finirai camé, à en vouloir toujours plus. Décidément, on en a du temps libre pour cogiter quand on n’a pas de copine. La réponse à ma question aura été un peu triste : le sexe c’est le mouvement perpétuel. Tu n’es ni rassasié ni encore plus avide, tu finis toujours à la case départ, ni contenté ni intoxiqué. Ou alors c’est pathologique, ce qui est un autre problème. En même temps c’est pas plus mal que les choses se calent comme ça, ça permet d’avoir envie de baiser jusqu’au bout de notre microbienne existence. A part dans les périodes sans, forcément.

Ca m’était déjà arrivé l’année dernière, après avoir fait un peu n’importe quoi. Je m’étais retrouvé à rester sur mes amitiés et profiter de ma Xbox. Ce n’était ni quelque chose de réfléchi ni quelque chose de voulu. C’était juste comme ça. La baisse de libido basique. Et je m’étais demandé de loin si ça faisait ça d’être vieux, la prostate en vrac, en mode rien à branler (c’est le cas de le dire). Ca m’avait plongé brièvement dans un abîme de perplexité, puis je suis allé au cinéma et j’y pensais plus. De toute façon ça a fini par revenir, après tout je reste un sac à hormones. Même tarif, ni décidé, ni quoi que ce soit, pas même une fille magnifique pour me réveillé. C’est a juste rédébarqué comme ça, un matin, où je me suis dit que j’avais faim de corps, de contact, de toucher, de mordre dans une cuisse de donzelle. Mon petit univers s’est remis à tourner, juste comme ça.

Ca va revenir donc. Hier j’ai cependant kiffé comme jamais me lever, allumer la Xbox et joueur deux heures d’affilée en pyjama au lieu d’aller au rdv avec une copine que j’avais. En mode rien à foutre. Puis je suis amoureux la fille sur les affiches Coca Light de toute façon, pas de place pour les autres.

En attendant que ça revienne, on se retrouve demain avec un bouquin pour ado japonais.

600 – Two Third Of A Tenth Of Nine Thousand

Bon, de retour pour la note anniversaire arbitraire. Oui, encore. Yeah ! En fait j’ai l’impression d’avoir atteint une certaine forme de rythme de croisière sur le blog. Niveau visites par exemple. Je navigue dans les mêmes eaux depuis plusieurs mois maintenant. Je me doute qu’à moins d’un truc nouveau(genre que je publie un manuscrit) ça ne va pas trop bouger. Les gens qui découvrent compenser les gens qui partent et si les têtes changent, la courbe de mes stats tient le cap. Niveau écriture aussi, où pour peu que j’aie sous la main un vrai ordi avec la suite Adobe qui ne rame pas, je peux boucler une note complète en une heure. Bien sûr il y a des périodes de démotivation, avec des notes plus ou moins bonnes. Mais c’est comme dans tous les exercices de longue haleine, la qualité est cyclique. Et puis j’ai toujours défendu le fait qu’avec une note par jour, s’il y en a une merdique, elle sera remplacée le lendemain.

Ceci étant dit j’ai l’impression qu’après m’être senti confortable j’ai fini par tripoter un peu les limites du format. Par exemple je ne me lasserais jamais de troller un peu, de dire que Tim Burton fait que de la merde depuis dix ans et que l’iPhone est un téléphone de blaireaux (je veux un N900, ou un Droid, ou les deux). Le seul souci c’est la migraine qui va avec les gens qui n’ont pas de second degré, ou pire, ceux qui mettent leur premier com’ ever pour me clasher (bah ué, quand on est bien élevé on attend de se connaître un peu avant de râler). J’ai aussi tenté le post sans image flippant sorti de nulle part, ça aussi c’était fun. Déjà je me suis retenu de faire une note best of, comme les épisodes flashback dans les séries qui ont pas de thune (SG-1, I’l looking at you !). Digne, toujours, dans la mesure du possimplable. Non, en fait, ce qui me démange depuis quelque temps c’est de tenter de faire des articles un cran au dessus.

Plus ça va, plus mes articles ont tendance à être plus longs. Des plus gros paragraphes, des paragraphes en rab’, des notes en trois parties. J’ai vraiment parfois l’impression de pouvoir être à la tête de mon propre petit webzine, au détour d’une critique littéraro/ciné, ou d’un article plus de fond. Deux fois ce mois-ci j’ai entendu parler d’un événement, naissance d’un éditeur, d’une revue, qui m’aura donné envie d’aller taxer un dictatophone à mon pimp et me bouger à interviewer des gens, parce que ça m’intéresse mais que je pense aussi que je peux raconter ça de manière à rendre ça intéressant pour d’autres. C’est comme si ma curiosité se sentait pousser des ailes par la relative puissance que peut avoir le média blog en mode, fuck au lieu que quelqu’un m’apporte l’info/l’analyse/l’interview, j’ai un alibi pour la chercher comme un grand. Reste ma timidité, et mes doutes, qui je suis pour me prétendre journaliste depuis mon coin du net ? Souvenir du camouflet infligé par le Service Presse de Grasset qui n’a même pas jugé bon de répondre, même négativement, à ma demande de bouquin pour une critique.

Ou peut-être que je devrais aborder cette nouvelle envie d’aller plus loin, d’être plus qualitatif, comme j’ai déjà abordé mes autres envies bloguesques. A savoir que je fais ce que je veux et qu’un peu de culot n’a jamais tué personne. Peut-être qu’à force de m’intoxiquer à la caféine je trouverai la force. Who knows ? Z’avez qu’à revenir vous verrez bien.

Demain on parlera (longuement) de la revue érotique de Science-Po.

524 – The Last Day Of Summer

Sur le coup, j’ai trouvé ça un peu bizarre de me sentir blue tout en mangeant un BiGoo Beef Burger. Mais vendredi soir, planté à attendre mon tram, c’était peut-être de réaliser que nous étions le dernier vendredi d’aout. Forcément, sur le trajet retour, il aura fallu que je tombe sur un fragment du passé. Logique. A Hotel de Ville, elle attendait le métro avec son mec. Lui je l’ai reconnu grâce aux photos Facebook qu’elle arborait avec fierté. Elle n’avait pas super changé. Les traits peut-être peu plus marqués qu’à l’époque de la terminale. Sur le coup je lui suis passé devant avec juste un sourire. Trop tard pour engager la conversation. En même temps, il faudrait que j’arrête de passer pour un anti social. Quatre ans et demi après, c’est si long ? Puis j’avais un beau tee Superman noir, un bouquin Gallimard à la main et un jean neuf. J’étais certes seul, mais pas dégueu sur le coup. Alors j’ai débouchoné mes oreilles, fais taire Sugarcult, tourné les talons et lui ai dit bonjour.

Au lycée on se tournait timidement autour. Faut dire qu’elle était pas le genre à se faire trop remarquer. La discrétion était à son avantage. Il fallait prendre le temps de la remarquer pour prendre la pleine mesure de la profondeur de ses yeux bleus, son sourire à faire fondre quiconque. Il m’avait aussi semblé que sous les vêtements simples se cachait un corps à rendre jalouses la plupart des filles de la classe. C’était étrange, cette pointe de sensualité sous la carapace de douceur, d’anodin. Sur le moment, j’avais pensé que ça pouvait être le genre de filles avec qui l’on se case pour de bon. Celle qui ne va pas vous contrarier outre mesure, dont mêmes les colères seraient douces et mesurées. On discutait un peu en cours, on se racompagnait parfois sur le chemin du retour. Je sentais bien que ça la démangeait de se lancer, ses copines m’assaillaient de sous-entendus. Ce qu’elle ignorait, c’est que j’avais déjà quelqu’un.

C’est pas évident de renoncer à l’attention, de dire non aux sollicitations, même si l’on a pas prévu d’y succomber. Comme j’étais entré dans son jeu, je ne pouvais pas la repousser en faisant intervenir ma copine de nulle part. Alors j’ai eu une autre excuse, une tout aussi honnête. Je ne me voyais pas avec elle sur le long terme. Trop gentille, trop douce, trop le genre à éviter d’avoir trop tôt. Sous peine de la tromper à la recherche du frisson ou pire, se retrouver bloqué dans une vie bien rangée intégrée, de vingt ans jusqu’à la tombe. Je n’ai pas exposé la situation en ces termes, mais l’idée était là. Il s’avéra dès le lendemain que je ne l’intéressais qu’en tant que petit ami potentiel. Mon refus mis fin à toute forme de communication entre nous. Sur ce coup là, l’amitié fille-garçon, ça m’aura bien fait rigoler, non sans un pincement au cœur.

Parce qu’au fond, je n’ai jamais pu m’empêcher de penser, régulièrement depuis le temps, que ça aurait été pas mal. Enfin, disons que je pensais à elle après chaque cataclysme amoureux, chaque apocalypse sentimentale. Ca aurait si simple. Je ne m’étais d’ailleurs pas loupé. Quelques mois après, elle s’était trouvé un type convenable, mignon, bien foutu et depuis des années ils vivent heureux et ont beaucoup de déjeuner chez la belle famille (source, Facebook 2007-2009). Nous n’avions pas grand-chose à nous raconter sur les deux pauvres arrêts de métro qui nous auront liés ce soir là. Son mec avait l’air sympa, peut-être même cool. C’était un vrai homme, il avait son permis. Puis, aussi subrepticement qu’elle avait réapparu, elle se leva pour aller s’évanouir en haut d’un escalier mécanique. Je repris la lecture de mon livre, non sans reconnaître, une fois de plus, que ouais, elle était quand même vraiment bien foutue.

Ces quelques minutes de conversation m’avaient confirmé ce que j’avais décelé quatre ans plus tôt, ce qui m’aurait poussé à sortir avec elle, avant de tout foutre en l’air, si j’avais été disponible. Mais je sais qu’à la faveur d’une errance sur Facebook post-engueulade épique avec une future Mlle Reilly, en tombant sur une de ses tofs’, je ne pourrais m’empêcher de me dire que putain, ça aurait pu être si simple.

Demain, z’avez intérêt a vous ramener y’aura un top 3 sexy !