451 – The Goods, I Haz Them

Mes cadeaux d’anniversaire ont toujours répondu à une logique de cagnotte. Je dispose de tant d’argent sous forme de chèque/billet duquel sera déduit tout bien matériel. Ce qui explique le refus systématique de mon frangin de recevoir le moindre paquet, vu que ça réduit la somme promise. Cette année moi non je n’ai rien réclamé et me suis retrouvé avec masse de thune. Joyeux anniversaire ! Mais entre les rappels de bourse et les reliquats de salaire de stagiaire, pour la première fois de mon existence de fils du capitalisme, mon livret jeune est plein, du genre over plein. Même que j’en ai eu des larmes au coin des yeux. Cependant il m’est impossible de fonctionner avec un compte courant perpétuellement dans le vert. Déjà parce que c’est un coup à claquer plus que nécessaire, ensuite parce je préfère pouvoir continuer à faire ma victime.

C’est à recul que j’ai bougé mes fesses jusqu’à mon agence Lyonnaise. Si j’avais su, je me serai bougé plus tôt ! Refroidi par les connasses de Paris, comment pouvais-je savoir que la guichetière est juste trop jolie et qu’une petit brune aux yeux bleus très bien foutue est devenue ma nouvelle conseillère ? Fuck, ça en était au point que je l’écoute me parler PEL et autres livrets sans m’endormir. Saisi par la magie du moment, j’en ai oublié de vérifier son annulaire gauche. Tant d’amour dans une banque, quelque part, moi je trouve ça beau. Elle aura du coup réussi à me vendre un magnifique livret A à 1,75%, soit à peine de quoi compenser l’inflation, soit un peu la dèche quand même en temps de crise. Et là j’ai arrêté de sourire, j’ai un livret A, je viens de faire un pas de plus vers ma vie d’adulte.

Qu’on soit clairs, ça aurait pu être nettement pire, j’aurais pu signer un PEL. Tout de même, je me retrouve avec trois comptes en banque différents, je gère ma compta et tous ces trucs de gens sérieux. J’ai beau freiner des deux pieds, j’ai beau chercher ma conseillère sur Facebook et hésiter très fort à l’ajouter à ma liste d’amis, malgré tous ces trucs, j’avance. J’ai 23 ans, des débuts de ride et un livret A. Puisque c’est ça, je vais de ce pas vider mon compte courant sur mes livrets pour pouvoir me plaindre d’être encore à découvert, pleurer sur Twitter ma détresse monétaire. Merde je suis encore un étudiant quoi ! Au pire je fais sauter la banque dans un ordinateur de luxe et un voyage en solitaire aux Bahamas histoire de repartir de zéro. Je suis trop jeune pour être sérieux dans mes finances. Puis surtout, si les gens découvrent que j’ai un peu d’avance, ils vont arrêter de payer mes cocas-fraise.

Allez, histoire d’être peinard je vais me refaire un tour sur Amazon. Puis vu que je vais encore vous parler d’un bouquin demain, il faut que je renouvelle la pile qui diminue à côté de mon lit.