Je suis parti acheter les deux premiers tomes du manga Bakuman à la Fnac sur les conseils de Twitter. C’est de la bombe, qu’on m’a affirmé. En même temps, avec aux commandes les deux auteurs du cultissime Death Note, j’y allais pas à l’aveugle non plus. Le sujet aussi est bandant, un manga sur les mangas, qui raconte l’histoire de deux camarades de classe au collège qui décident de se lancer dans la grande aventure de la bande dessinée. A eux les rêves de gloires et la possible publication dans le prestigieux hebdomadaire Jump ! Galvanisé, j’ai pris d’un seul coup les deux volumes disponibles (qui étaient de toute façon bien en évidence sur LEUR présentoir avec LEUR sticker « par les auteurs de Death Note »). Le problème après une petite aprem’ de lecture, c’est que le premier numéro est peut-être un des pires premiers numéros que j’aie jamais lu de toute ma vie. Genre j’ai failli le jeter par la fenêtre sauf qu’elle était fermée et que j’avais la flemme de l’ouvrir.

Le problème est scénaristique, avec une intrigue complètement artificielle qui avance péniblement sur la route de tous les clichés et poncifs possibles du manga. On a un héros timide bourré de talents mais qui n’ose pas à cause d’un vieux traumatisme et son nouveau copain exubérant et calculateur qui arrive à le motiver. Banco aussi pour la sub plot amoureuse : le héros craque pour une fille elle aussi ultra timide qui veut devenir doubleuse d’anime. D’où la vocation « Je vais écrire un manga tellement bon qu’on en fera un anime pour ma chérie d’amour ! » et l’enjeu minable « Si j’y arrive est-ce que tu m’épouseras ? », « Oui ! ». Holy shit. Bien sûr toutes les meufs sont bonnes et surchauffées mais les héros n’ont pas d’hormones. Jamais. Alors il restait les dessins du génialissime Obata qui gère comme personne et propose un trait élégant et détaillant, jamais vulgaire et toujours maîtrisé. Mais quelle tome un de merde mes aïeux.

Le lendemain j’ai attrapé le second volume, et les choses s’améliorent. Une fois les rails posés (certes sur des clichés pathétiques) l’histoire avance et les héros commencent à bosser sur leurs mangas. Le scénario devient éducatif, une véritable mine d’informations sur le vocabulaire, la technique et le matériel de création de BD au Japon. Très vite on découvre la rédaction du magazine Jump ! avec un jeune éditeur super sympa qui croit en nos héros et explique les coulisses du business. Bakuman devient dès lors passionnant, riche en informations même si toujours plombé par sa romance à deux balles et la perspective potentiellement maladroite d’un « méchant ». Mais ce qui me plait au fond, c’est le sous texte sur la culture japonaise, la pression de réussite des étudiants et la poursuite des rêves. On n’est plus dans un monde fantastique où dans des terrains balisés comme le sport. Les héros sont prêt à sacrifier leur avenir professionnel pour de l’art. Et quelque part, ça me parle.

Au fond Bakuman me ramène à l’époque où je faisais de la BD, les rares fois où j’ai trouvé un dessinateur de talent ET de confiance, nos engueulades et nos rêves à nous. Pour ça, c’est plutôt bien fait. Même si le premier tome est minable, même si la série traine quelques boulets dès le début, je suis rentré dedans, dans le second volume. Best seller au Japon, avec une adaptation en anime pour l’automne, Bakuman n’a pas trop de souci à se faire chez nous.
En tout cas je sais que je choperai le troisième tome.





