Bordel, on est pas passé loin de de la note de Skyblog. Au départ je voulais raconter une de mes relations sur le mode du conte, avec des personnages imagés et plein de métaphores. Puis j’ai bu un grand verre de Pepsi Max, j’ai dormi dessus, et c’est passé. En fait ça faisait longtemps que j’avais vraiment pas été en colère, à vouloir frapper des trucs, jeter d’autres trucs à travers la pièce et hurler à en faire imploser les tympans des voisins. Situation merdique où t’as l’impression d’être la cible d’une injustice tout en sachant qu’elle a le droit de faire ce qu’elle veut. Elle a tort, et ça va faire d’elle une pire personne qu’avant. Mais elle fait ce qu’elle veut. Et moi j’ai envie d’acheter un punching ball. Au final je réalise que ça fait longtemps que j’avais pas crisé comme ça pour une ex, que je n’avais pas ressenti une douleur et une colère de ce niveau.
Puis j’ai réalisé. Ca fait un an que j’ai pas d’ex, ou de vraie copine. Ca fait un an que la machine s’est grippée, que les rouages font du sur place ou du rafistolage. La conséquence directe c’est que ma vie sentimentale manque de distraction, de sang neuf. Si je m’étais réengagé dans une vraie relation, j’aurais la tête plus occupée, des trucs à faire, un couple à faire vivre. Ou plus basiquement, j’aurais un nouveau passif, ce qui ferait que je serais pas autant investi dans l’ancien. J’ai déjà vécu ce genre de situations. Comme il ne se passe rien de nouveau, je cristallise ce qui était là avant, je sublime des sentiments, des souvenirs, des liens, qui ne devraient pas l’être. Quand quelque chose vient se briser, je le vis beaucoup plus mal que je le devrais, parce que j’ai l’impression de perdre le peu qu’il me reste.
Ces dernières semaines, pas mal de choses se sont effritées. De celle qui décrète qu’elle en a marre d’essayer et que ça vaut pas la peine jusqu’à celle qui crache enfin, comme une écharde coincée au fond de sa gorge depuis des mois, qu’elle s’en tape. Mélange d’épuisement et de colère. Avec en sus l’impression d’être un peu plus seul qu’avant. Ce qui est absurde, vu que ça ne change pas grand-chose, que le passé veuille rester le passé. Ca c’est ce que dit mon côté pragmatique, pendant que ma sensibilité un peu trop à fleur de peau ces derniers va s’enfouir sous la couette, manette de Xbox en main, en attendant que l’hiver passe. Le sang neuf, c’est bien beau, mais avec ma peau en adamantium, je reste imperméable à toute transfusion, tout juste bon à ressasser, sans vraiment savoir quand tout ça va se débloquer.
Je sais pas si j’aurais pas mieux faire de skybloguer finalement. Me mettre face à mes névroses, c’est pas bien plus joyeux. En même temps je m’en fous. Je viens de choper Vanquish et NBA Jam pour ma Xbox. Mes exs peuvent crever tiens. Enfin, jusqu’à épuisement des piles dans ma manette.


