982 – Aloner In The Dark

Bordel, on est pas passé loin de de la note de Skyblog. Au départ je voulais raconter une de mes relations sur le mode du conte, avec des personnages imagés et plein de métaphores. Puis j’ai bu un grand verre de Pepsi Max, j’ai dormi dessus, et c’est passé. En fait ça faisait longtemps que j’avais vraiment pas été en colère, à vouloir frapper des trucs, jeter d’autres trucs à travers la pièce et hurler à en faire imploser les tympans des voisins. Situation merdique où t’as l’impression d’être la cible d’une injustice tout en sachant qu’elle a le droit de faire ce qu’elle veut. Elle a tort, et ça va faire d’elle une pire personne qu’avant. Mais elle fait ce qu’elle veut. Et moi j’ai envie d’acheter un punching ball. Au final je réalise que ça fait longtemps que j’avais pas crisé comme ça pour une ex, que je n’avais pas ressenti une douleur et une colère de ce niveau.

Puis j’ai réalisé. Ca fait un an que j’ai pas d’ex, ou de vraie copine. Ca fait un an que la machine s’est grippée, que les rouages font du sur place ou du rafistolage. La conséquence directe c’est que ma vie sentimentale manque de distraction, de sang neuf. Si je m’étais réengagé dans une vraie relation, j’aurais la tête plus occupée, des trucs à faire, un couple à faire vivre. Ou plus basiquement, j’aurais un nouveau passif, ce qui ferait que je serais pas autant investi dans l’ancien. J’ai déjà vécu ce genre de situations. Comme il ne se passe rien de nouveau, je cristallise ce qui était là avant, je sublime des sentiments, des souvenirs, des liens, qui ne devraient pas l’être. Quand quelque chose vient se briser, je le vis beaucoup plus mal que je le devrais, parce que j’ai l’impression de perdre le peu qu’il me reste.

Ces dernières semaines, pas mal de choses se sont effritées. De celle qui décrète qu’elle en a marre d’essayer et que ça vaut pas la peine jusqu’à celle qui crache enfin, comme une écharde coincée au fond de sa gorge depuis des mois, qu’elle s’en tape. Mélange d’épuisement et de colère. Avec en sus l’impression d’être un peu plus seul qu’avant. Ce qui est absurde, vu que ça ne change pas grand-chose, que le passé veuille rester le passé. Ca c’est ce que dit mon côté pragmatique, pendant que ma sensibilité un peu trop à fleur de peau ces derniers va s’enfouir sous la couette, manette de Xbox en main, en attendant que l’hiver passe. Le sang neuf, c’est bien beau, mais avec ma peau en adamantium, je reste imperméable à toute transfusion, tout juste bon à ressasser, sans vraiment savoir quand tout ça va se débloquer.

Je sais pas si j’aurais pas mieux faire de skybloguer finalement. Me mettre face à mes névroses, c’est pas bien plus joyeux. En même temps je m’en fous. Je viens de choper Vanquish et NBA Jam pour ma Xbox. Mes exs peuvent crever tiens. Enfin, jusqu’à épuisement des piles dans ma manette.

758 – Book Review 127

EvilEx est un peu moins Evil en ce moment. Enfin, c’est relatif. Mais elle m’offre des croissants et ça c’est cool (retenez ça les filles, bon tip). Sinon elle m’a aussi filé un bouquin, genre un vrai épais et tout. Il s’agit de Gros-Câlin, le premier roman d’Emile Ajar, dans une édition dite « nouvelle » et que je préfère appeler « collector » parce que c’est plus bandant. Le collector de Gros-Câlin comporte une fin alternative coupée par l’éditeur à l’époque ainsi qu’un duo de préfaces, ce qui permet de se faire spoiler la fin du bouquin dès la première page du livre. Ainsi donc, bande de gros crétins sans la moindre once d’intelligence que vous êtes, au Mercure de France, permettez-moi de vous honnir. Mais genre bien. C’est donc un peu dépité de savoir comment le roman finissait avant même de l’avoir commencé que j’ai attaqué la lecture de Gros-Câlin.

Mr Cousin est très parisien, mais surtout très seul. Il n’a pas vraiment d’amis, mais au moins un travail, ce qui est déjà pas si mal. Chaque matin il attend Mlle Dreyfus, qui est noire, et c’est important. Prendre l’ascenseur avec elle constitue le meilleur moment de la journée, puisqu’il est persuadé qu’ils échangent quelque chose et qu’à force, ils ne devraient pas tarder à se marier. Lors que Cousin rentre, il n’est plus seul depuis qu’il a adopté un Python comme animal de compagnie. Le reptile s’enroule régulièrement autour de son maître, lui procurant l’étreinte qui lui fait tant défaut dans sa vie de tous les jours. D’où le nom donné au Python : Gros-Câlin. Alors que Cousin perd de plus en plus sa prise sur le réel, le serpent s’insinue dans sa vie et risque de contribuer à la mise en échec sociale de son propriétaire.


Pour son premier roman sous un nouveau pseudo, Romain Gary s’est lâché. Le scénario est complètement absurde et quasiment dénué de toute avancée majeure. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’ennui pointe le bout de son nez, mais pas loin. Heureusement le style est époustouflant, avec des jeux sur les mots, la grammaire et les conventions proprement hallucinants. Des tonnes de phases sont hautement citationnables. Le genre d’écriture qui force le respect et met des grosses baffes dans la gueule de temps en temps. J’aurais préféré la fin choisie par l’éditeur plutôt que l’originale, trop foutraque et comportant un rebondissement sans grande utilité. L’idée d’inclure les deux reste plus qu’appréciable, tout comme la préface (de bâtard) qui détaille quand même le pourquoi et le comment autant du livre que du pseudo de l’auteur.

On m’avait y’a quelques temps surconseillé de lire La vie devant soi. Je ressors de Gros-Câlin un peu plus motivé, donc, qui sait ? En attendant merci à l’intéressée du cadeau. Tu vois, je lis les livres qu’on m’offre ! (des fois seulement hein, faut pas déconner)

Demain, Ciné !