974 – Watching U Watching Me

Google Buzz n’aura pas été totalement un échec. Vous savez, le truc étrange intégré à Gmail qui se voulait être le Twitter de Google. Dans les faits, personne ne s’en est servi. Sauf ma mère. En fait, au départ j’ai lié mes statuts Twitter à Buzz, en me disant que comme ça les gens pouvaient me suivre sur les deux. Ma mère a un Gmail et le truc m’a automatiquement suivi. Ainsi, même  si aller sur Twitter et comprendre comment ça fonctionne c’est galère pour elle, d’un tweet lors de sa lecture de mails elle peut suivre un peu ce que je fais. C’est pratique quand on a un fils indigne comme moi qui n’appelle clairement pas assez. Le problème, c’est que la haute autorité familiale a du mal à faire la part des choses entre moi et ma personnalité web, le personnage plus arrogant, stupide et grotesque qui twitte à me place. D’où le gros foutoir niveau interprétation de ce que je fais, de ce qui m’arrive.

Il se trouve que ma mère n’est pas la seule à me fliquer plus ou moins méchamment. Par exemple une ex est tombée sur un article datant de 2008 où je la traitais de harpie et m’a immédiatement écrit un mail, puis un autre, puis un message sur mon mur facebook, plus une tentative de chat. Je n’ai pas répondu. D’une parce qu’elle aurait du comprendre que harpie était un euphémisme poli. De deux parce que je n’ai pas envie d’avoir une explication avec quelqu’un que je n’ai pas vu depuis deux ans. Je donne du temps à ma vraie vie. Pas à ceux qui ressurgissent que par froissement d’égo. Tout de même, la demoiselle s’est frayé un chemin jusqu’à cette note de blog. Ca me pose un peu question. Comme ce pote à qui je faisais référence dans un article récent sur le basket qui a liké le lien sur Facebook. J’ignorais qu’il me lisait.

Pourtant, je ne suis pas (trop) bête. J’ai une liste « d’amis » Facebook longue comme mon bras et tous sont exposés à mes notes. Tout comme je remarque régulièrement quand les gens tapent mon nom complet sur Google et atterrissent sur le blog. Je ne me cache pas, ce n’est pas le but. Aussi je suis curieux, de savoir qui peut bien repasser par là. Je me souviens par exemple de cette fois où une fille du lycée qui ne m’adresse plus la parole depuis plus de six ans m’a laissé un commentaire d’insultes au détour d’un article. En réalité je crois que j’organise depuis plus de deux ans la construction de ma propre page blanche, le work in progress de ma vie que l’on peut consulter. Que ce soit ma famille, mes amis, mes ennemis. Je sais que je ne soupçonne pas la présence en ces lieux de quelques figures de mon passé, tapies dans l’ombre.

Un jour je saurai pour certain(es). Pour d’autres sûrement non. Mais si on veut me retrouver, je suis là, je me cache en pleine lumière. Je n’attends pas. Je suis juste là.

A demain.

884 – What About Her ?

« Arrivée d’Alaska le 1er Septembre »

Voilà ce que j’ai trouvé au bout du pseudo MSN d’une de mes premières copines ever. Ouais, j’ai rallumé MSN dans la Drôme, au milieu de la nuit, par nostalgie pour voir. Y’avait donc un ou deux mecs a qui j’avais pas envie de parler, un presque coup d’un soir d’il y a plus d’un an, la meuf d’un pote etc… Enfin vous voyez le tableau. Des gens qui datent, des gens à qui je ne parle pas/plus vraiment. Tout en haut, dans le groupe « Amis », il restait cette fille. Elle aussi je l’ai pas vue depuis un moment. On ne se parle pas. Elle n’a pas de Facebook, pas de blog, pas de Twitter. Peut-être en bien meilleure santé mentale que moi, elle vie sa vraie vie dans son coin. Donc, elle avait accoudé ce « Arrivée d’Alaska le 1er Septembre » à son pseudo. Et je n’ai aucune foutue idée de ce que cela peut bien vouloir dire.

La première explication serait de se dire qu’elle était en Alaska ! Genre, pour l’été. Peut-être des vacances. A moins qu’elle n’était là-bas pour un stage, ou des cours. Hum. Elle m’avait parlé de l’Australie la dernière fois (ce qui m’avait convaincu de garder contact, pour aller squatter et apprendre le surf) mais je ne me rappelle pas d’Alaska. Solution numéro II : elle fait peut-être référence à quelqu’un de la famille. Elle a pas de sœur donc c’est moyen crédible. Solution numéro III, c’est éventuellement le nom d’un animal de compagnie à venir. Un nouveau chien, un rat, un hamster nain, un koala. Elle aurait choisi le nom à l’avance et… Non en vrai j’en sais foutrement rien. Okay j’aurais pu faire « KIKOO » et lui demander. Hey, quoi de neuf avec ton statut bien ou bien les stalactites ? Sauf que j’ose pas, ça serait un peu bizarre dans le genre curiosité mal placée. Si on arrivait à avoir des conversations normales aussi.

Voilà ce qui se passe quand on ne s’adresse pas la parole pendant deux ans et qu’on reprend péniblement contact après. La dernière fois qu’on s’est vu c’était chez elle. J’étais venu les mains dans les poches, elle était complètement overdressed. Si c’était pour m’en mettre plein la vue, c’était réussi. Pas sûr que ça ai aidé à refermer le gouffre qui s’était formé entre nous. La conversation n’était pas naturelle, j’ai un peu bégayé, on a lutté pour trouver de quoi réalimenter la conversation. Même quand on a arrêté de faire semblant de pas être casés tous les deux. J’ai un souvenir super gêné, comme un truc de cassé qu’on arrivait pas à réparer. Alors on a joué à la Wii (je sais) pour oublier, pour faire passer assez de temps pour justifier mon départ. Bordel ce que c’était awkward. Et même si j’étais hyper content de l’avoir vue, on a pas vraiment reparlé derrière ça. If it’s broken…

A Lyon je cherchais des draps propres (si si) dans mon placard et je suis tombé sur les peluches qu’elle m’avait offert y’a des années. Je les avais jetées là de colère après une engueulade, parce qu’elles me fesaient penser à elle. Je voulais plus les voir. Entre ça et cette histoire d’Alaska, je me demande ce qui se passe dans sa vie, même si je suis assez persuadé qu’il n’y a pas trop de place pour moi, ou en tout cas pas d’intérêt à m’avoir dans le coin.

C’est pas le seul morceau de mon passé à réagir comme ça ou à ce trouver dans une situation similaire. J’ai envoyé un ou deux textos sans réponse ces derniers temps. Et je me dis que peut-être que le temps y fera à l’affaire. Que ce qui est cassé peut se recoller, ou devenir quelque chose d’autre. We’ll see.

870 – Déjà Vue

[Hé les kids ! Presque quatre pages de mémoire à la sueur de mon sommeil ! On dit que vous me pardonnez les images une fois encore.]

Prévenez-moi si on vous l’a déjà faite. Okay ? Bon. C’est l’histoire de moi qui va à la piscine. WAIT ! Je vais en venir quelque part, juré. Donc j’allais me ploufer à Lyon quand, soudain, à la caisse, derrière le bureau, une ex ! Enfin, une ex, c’est relatif. En vrai je me suis consolé une nuit plus ou moins chaste dans ses bras après une rupture foireuse. Le lendemain je bafouillais un bullshit pour en rester là. Tout ça pour au final ne plus avoir de ses nouvelles pendant des années. Depuis la seconde première en fait. Soit six ans, grand minimum. Bien sûr qu’elle m’a reconnu. Comme un gros faible je me suis focalisé sur l’autre caissière, une bonne copine (oui, ils engagent que des potesses à moi et non, j’y suis pour rien). Une fois les billets en main, je me suis faufilé la tête un peu basse jusque dans les vestiaires. Une fois à l’abri de mon passé, je me suis dit que le retour au pays c’est un peu relou des fois.

Depuis une semaine, je suis à Lyon. J’aimerais pouvoir prétendre que c’est parce que j’ai bouclé mon mémoire. Mais non. Principalement le manque de thune, et l’exode massif des parisiens. Ca me fait du bien d’être dans mon bled comme disent les mauvaises langues. Même si au final je m’occupe un peu comme avant, potes, piscine, soirées, jeux-vidéos. Cependant je ne peux pas m’empêcher de sortir de chez moi sans être aux aguets. Lyon reste une ville pas si grande, avec quelques lignes de métro et la poignée de bus que j’emprunte régulièrement. Statistiquement j’ai pas mal de chances de tomber sur quelqu’un que je connais, que ce soit un vieux pote pas vu depuis longtemps ou une fille que j’ai jamais rappelé. Ceci explique en partie pourquoi à certain arrêts clefs de mes trajets, je lève les yeux.

D’un côté j’ai un peu la trouille. Genre je pourrais tomber sur une des rares personnes que je ne peux clairement pas piffrer. Ca me ferait mal de me battre pendant ce qui se rapproche le plus de vacances que j’ai pu m’offrir cette année. Ou peut-être pire, me retrouver coincé avec un de ceux que t’ajoute sur le principe sur Facebook, en l’honneur du bon vieux temps, mais à qui dans la vraie vie t’as rien à dire. D’un autre côté j’espère. Quand je passe à Gorge de Loup j’ai toujours l’espoir de voir surgir la fille du livre et qu’elle se sente obligée de me parler. Dans le bus 41, je n’oublie pas d’envoyer un texto à une copine « T’es pas dans le 41, je suis déçu », ce qui est une façon de lui dire que fuck, elle me manque. Des petits trucs comme ça, j’en ai plein.

Au fil des années les opportunités se raréfient. Je sais que machin ou unetelle ont déménagés, parfois sur un autre continent. Quand bien même. Je crois que je resterai toujours aux aguets, des années et des années après.