1165 – Disappear Here

Il existe quelques malheureuses confluences de caractères que j’évite de reproduire dans la barre de recherche Facebook. Avec le mauvais agencement de lettres, je me retrouve né à né avec la photo de profil d’une personne que je garde dans mon pokedex mais dont je n’ai pas (toujours) envie de me souvenir. Une ex. Au hasard. Puis, la semaine dernière, sans vraiment savoir pourquoi, j’ai eu envie (de savoir). J’ai tapoté le début de son prénom. Mais rien. Le début de son nom de famille. Rien non plus. Quelques vérifications plus tard et force était de constater qu’elle s’était bannie de Facebook. Vu qu’elle ne trainait pas trop ailleurs sur le net, elle a dans les faits disparue. Alors oui je peux lui envoyer un email, mais ce serait une démarche active, qui risque de se solder par une engueulade. Je préfère m’abstenir. Bien que je n’aie plus d’autre moyen de suivre ce qu’elle devient.

Parfois c’est pire, puisqu’on se retrouve pieds et poings liés à tous les niveaux. Comme avec cette amie du lycée que je ne peux pas joindre. Son mec fliquait son téléphone jusqu’à ce qu’elle change de numéro, et filtre toujours ses emails. A moins d’engager un détective privé et de prendre des cours de muay thai, je n’ai aucune chance de l’inviter à boire un Pepsi Max en souvenir du bon vieux temps. Plus récemment, c’est une camarade platonique de promo qui a fermé son Facebook. D’où un début de panique, pour récupérer son email et/ou son numéro. Parce qu’on a tellement l’habitude de traiter les internets en général et les réseaux sociaux en particulier comme des annuaires, on en oublie qu’il suffit de débrancher un compte ou deux pour se retrouver les mains vides, avec plus que les pages blanches pour s’essuyer les larmes.

Je vis dans une bulle, avec la certitude que si on me cherche un minimum, on me trouve. Je ne me cache pas vraiment derrière un pseudonyme, je n’ai pas de vie parallèle, de blog secret accessible sur mot de passe. Pendant ce temps, dans la vraie vie, des connaissances n’ont jamais eu de compte Facebook, se connectent uniquement pour relever leur boite aux lettres laposte.net et se contrefoutent du reste. Et encore je n’ai pas parlé de ceux ou celles qui font des efforts pour te maintenir dehors. Comme la fille du livre qui en douce est venue bosser à paris (son profil LinkedIn l’a trahie). SANS PREVENIR. Je l’ai pokée pour la peine. On a les révoltes qu’on peut. J’aurai pas de réponse. Mais au moins je pourrai arrêter de la chercher du regard dans le métro lyonnais.

Je progresse.

Tout ça pour dire que les gens, s’ils veulent, ils peuvent jeter une bombe fumigène et disparaître. Comme ils veulent. C’est au final pas si difficile. Et des fois ça vous frappe d’un coup, on se souvient que c’est possible. Là idéalement on reprend son téléphone et on passe un texto, un tweet, un mail, au cas où.

Pour que le moment venu, on veuille bien nous donner une piste à suivre.

1156 – Snapshots

La meilleure fonctionnalité de Facebook est la notification groupée des mises à jour de photos de profils de vos amis.

Voilà.

A un moment, il faut arrêter de se voiler la face. Il y a plein de trucs cools sur Facebook comme l’outil d’organisation d’évènements. Si on m’invite à une soirée je pleure pour qu’on crée un event histoire de pas avoir à faire l’effort de retenir/noter toutes les infos. Le chat intégré c’est cool aussi (avant la mise à jour latérale dégueulasse), pour converser avec les relous qui ne sont pas sur Gtalk. Puis checker les photos de soirée/vacances des gens/filles, c’est bien aussi. Sauf qu’en vérité, tout ça, c’est de la gnognotte comparé au vrai truc qui nous intéresse tous : l’alerte quand vos contacts changent de photo de profil ! Et quand je dis contacts je veux dire contacts du sexe opposé. Et quand je dis du sexe opposé je veux dire filles.

On se comprend.

Le principal avantage de la photo de profil, c’est qu’on la choisit. Elle n’a pas été mise en ligne par un ami peu scrupuleux, ni taguée au hasard dans un vieil album sans intérêt. Une profile pic, ça se sélectionne soigneusement, ça se recadre, ça gonfle le cœur de fierté. C’est la lingerie fine de ton réseau social. Alors forcément, découvrir les nouveautés dans tes cercles groupes d’amis, c’est magique. Tu surveilles l’état de celle sur qui tu fantasmes en secret depuis des mois, voire des années. Est-ce qu’elle est toujours aussi jolie ? Si oui alors double fantasme. Si non alors début de rancœur de pas l’avoir eue à temps (qui se transformera en joie d’avoir échappé à ça au final). Tu fliques celles avec qui ça aurait pu, celles avec qui ça a failli, celles avec qui ça a complètement été.

Les profiles pics c’est ta photo de classe qui vieillit avec toi, c’est un point de référence qui te rappelle où en sont les gens, dans la réalité.

Et là vous me direz qu’on peut faire pareil avec tous les réseaux sociaux, qu’il y a des profils avec photo de partout. Oui mais Facebook te fait une notification groupée. Non seulement tu es prévenu, mais tu en as plein d’un coup à aller voir. C’est le maxi best of du voyeurisme, sauf que c’est pas sale vu que les gens ont choisi de mettre leur image à jour. Surtout, le véritable ascenseur émotionnel 2.0 il est là. Plus que n’importe quel statut, lien vers un site, un CV ou quoi que ce soit d’autre, la photo de profil est celle qui va le plus te secouer le palpitant. C’est dans ce rectangle que tout se joue, qu’on tombe amoureux, qu’on se défait enfin de quelqu’un, qu’on a envie d’envoyer un email à la hauteur du like qu’on ressent. Le like qu’on finit par déposer sur la photo, par dépit de ne pas pouvoir oser plus.

Pire : les profiles pics des gens qu’on ne suit pas. Vous savez, quand vous tombez sur la mise à jour « votre pote est ami avec machine et plein d’autres gens ». C’est autant de mini frimousses qui vous tendant les bras. Toutes ces personnes qui existent dans la vraie vie avec leur sourire et tout mais qu’on ne connait pas. Non seulement tu ne peux pas liker leurs photos, mais tu ne peux rien faire d’autre non plus. A moins de passer pour un psycho perv. CE QUE NOUS NE SOMMES PAS. Enfin je crois. Supplice donc.

Au final Facebook tient la promesse de son titre : être un annuaire de têtes, une collection de photos de profil. Oui il y a plein d’autres fonctionnalités autour, un peu comme la sucette autour du chewing-gum qu’on continuera à mâcher bien après avoir jeté le bâtonnet. Elles ne sont que secondaires et accessoires.

1153 – Plus Who ?

J’aimerais bien vendre mon âme à Google. Je veux dire, niveau internet et compagnie, y’a pire. Et puisqu’on va devoir passer par là… Puis je suis tellement confortable dans mon Gmail/Gmaps/Gdocs/Picasa douillet. Alors ouais, je suis super pour que Google sorte un tas de services inspiré de la concurrence sauf que « pareils mais en mieux ». Forcément, je suis le premier à me ruer sur les trucs genre Wave ou Buzz. J’installe les plugins, je lie les applications, je suis PRET. Puis ces services finissent abandonnés parce que tout le monde s’en fout vu que c’était soit trop visionnaire, soit trop pas assez visionnaire. Là si tu veux paraître cool tu retournes ta veste et tu craches sur le truc sur lequel tu t’étais rué. Ou alors, comme moi, tu donnes des coups de pied dans le vide, de déception. La prochaine fois ils vont faire un truc OUF. C’est obligé.

Donc quand Google+, le réseau social pareil que Facebook et Twitter mais en mieux, est sorti, je me suis jeté dessus comme le premier des geeksters (geek + hipster). Waou c’est simple et clair ! Waou le système de tri des gens par cercles est super intuitif et utile ! Waou y’a déjà tous mes contacts des internets dessus ! Puis les jours passent et tu réalises que les seules mises à jour de statut que tu fais dessus sont pour faire des commentaires plus ou moins inspiré sur le service en lui-même. Parce qu’au final, Facebook me sert déjà à garder contact avec les gens que j’ai croisé dans la vie, Twitter me sert déjà à garder contact avec des gens que je croise peu voire jamais, mais Google+, ça me sert à quoi ? A part à poster des statuts pour dire que je sais pas à quoi ça me sert, Google+, et que les gens que j’ai déjà sur FB et Twitter répondent +1 ?

Ouiménon.

Parce que sur Google+, des gens nouveaux m’ajoutent. Des personnes que je n’ai jamais croisées, dont je n’ai jamais entendu parler et qui ne m’ont ni sur Facebook ni sur Twitter. Tous ces gens à qui j’ai envie de dire POURQUOI ? Il se passe que dalle sur mon Google+ ! S’ils veulent faire copain copain ils peuvent me voir sur Facebook. S’ils veulent me stalker de loin ils peuvent me voir sur Twitter. Alors POURQUOI ?! QUI ETES VOUS ? (c’est le nom du cercle dans lequel je les mets) Forcément des gens qui ont cliqué n’importe où. Ou alors des collectionneurs qui transfèrent leur amour des pokemons dans la vraie vie. Enfin, ils sont toujours moins étranges que les gens qui m’avaient sur FB ou Twitter, qui m’ont viré après engueulade ou par ennui, et qui me rajoutent sur Google+ quand même. Okay… On sait jamais, des fois que je sois moins pénible suivant le réseau social.

(Sur le principe je suis trop pour me réconcilier et boire des coups avec les gens en riant de nos bisbilles passées, c’est la démarche présente qui m’interpelle)

Je n’ai aucune idée du potentiel de survie de Google+ à moyen terme. Je ne suis pas le type qui va conjecturer et vous livrer une analyse divinatoire sur le sujet. En l’état je sais simplement que je ne vois pas trop l’intérêt du truc, que je m’en sers peu, et qu’il y a des gens étranges dessus.

Un peu comme MySpace.

Mais en neuf.