871 – Kind Of Comic Review

Cette semaine je me suis retrouvé interviewé pour un mémoire tournant autour des geeks. A un moment est venue la question du partage. Est-ce que le geek veut garder pour lui son précieux ou est-il évangéliste ? A mon niveau je suis carrément dans la lobotomie de mes proches. Si j’aime quelque chose, j’ai besoin d’en parler encore et encore. J’ai besoin d’échanger autour du sujet, me remémorer les bons moments, débattre entre personnes de bonne compagnie etc… Comme la pédagogie, c’est la répétition, vous aurez noté ma propension à vous gaver avec Entourage ou plus récemment, The Last Airbender. J’arrive au bout de ma seconde vision de l’intégrale de la série en un mois et, promis, je vais bientôt arrêter de vous les briser. Mais pour mon anniv’ en retard on m’a offert un beau livre qui rejoint cette idée de partage, cette fois en provenance des créateurs eux-mêmes.

Pour coïncider avec la sortie de l’adaptation en film, l’éditeur de comics Dark Horse a sorti un magnifique artbook de la série animée Avatar. Le livre est gigantesque, avec une couverture cartonnée classieuse et des pages en papier glacé épais. Sur plus de cent soixante pages s’étalent un bon millier d’illustrations, croquis préliminaires et storyboard. Le livre est divisé en une partie sur la conception originale de la série, avec images du pilote, premiers dessins de design et focus sur les personnages. S’ensuit le gros morceau du livre, des pages entières consacrées à tel ou tel épisode, dans l’ordre, sans que presque aucun ne manque à l’appel. C’est l’occasion de voir des peintures de décors en pleine page, des comparaisons entre dessins au crayon bleu et rendu final ainsi que des séquenciers d’action commentés avec les notes de l’époque. Le tout se concluant sur les étapes d’illustrations de posters promotionnels et jaquettes des DVD. Une véritable mine d’or pour le fan et n’importe qui s’intéressant à l’animation en général.

Car l’artbook n’est pas pour autant avare de textes. Les deux créateurs de la série commentent abondement la genèse du projet, les réticences de Nickélodéon et leur enthousiasme au final. On découvre des photos du professeur d’arts martiaux qui aura chorégraphié tous les mouvements des maîtrises, la traduction quasi intégrale des idéogrammes qui apparaissent dans la série ou bien encore les photos de vacances ayant servies de références visuelles pour la série. C’est aussi l’occasion de découvrir le studio d’animation asiatique ayant produit les épisodes et comment les équipes US et Asie ont pu travailler main dans la main. Beaucoup de références secrètes sont dévoilées, avec par exemple des emprunts à Miyazaki, Cowboy Bebop ou bien à plusieurs reprises Evangelion. Les commentaires abordent aussi l’aspect réflexion préliminaire, avec les idées non retenus ou des élaborations sur les personnages ou des situations. Même si l’ultime question ne trouvera pas sa réponse (« pas encore »).

Le livre en impose, c’est clairement un bel objet, à la hauteur du matériau d’origine. Ce n’est pas si souvent que des créateurs bénéficient du support nécessaire à l’étalage de somme de travail nécessaire en coulisses. Plus qu’un résumé de plusieurs années de travail, l’Art Book d’Avatar est un partage supplémentaire, du créateur vers le lecteur, des petits secrets mais aussi de la passion. L’enthousiasme des commentaires est aussi communicatif que les dessins sont magnifiques.

Un must have comme on en fait peu pour tous les fans. L’ultime témoin d’une saga d’exception.

607 – Book Review 99

Vous vous souvenez la première fois que j’ai lu un bouquin de Tom Perrota ? J’avais dit que je m’en reboulotterai bien un petit pour la peine. D’où Bad Haircut dans ma boîte aux lettres une semaine plus tard. Le livre est un peu étrange car catégorisé comme une série de nouvelles. J’aurais plutôt tendance à partir du principe que c’est un roman. Bad Haircut est en effet l’histoire de Buddy, un gosse qui grandit dans le New Jersey des années 70. Nous suivons son entrée dans l’âge adulte de la primaire jusqu’à la sortie du lycée au fil d’une grosse demi douzaine de nouvelles. Dit comme ça, on pourrait penser que c’est plutôt sympa. Mais les intrigues sont parfois très très sombres, ou en tout cas puissantes dans les thématiques qu’elles évoquent. Moi qui m’attendait à un truc gentillet, j’ai été servi, mais pas déçu.

Bad Haircut se lit facilement, à part si l’on est comme moi, à galérer sa race pour retenir les prénoms et situer qui est qui. Le style est clair, sans chichi. Du coup le seul reproche que je pourrais faire au bouquin, c’est d’être trop, comment dire, « simple ». Parfait pour une lecture rapide sur un aller-retour en TGV mais qui ne m’habitera pas un bon moment. Ca reste un cran au dessus de toutes les merdes de gare en tout cas. Maintenant alors je lis quoi de Perrotta ? Little Children ?

Lire trois bouquins du même mec, c’est une chose. Mais pousser le vice jusqu’à commander un DVD documentaire sur un site officiel US, ça devient grave. C’est pourtant ce que j’ai fait, en cramant la carte bleue sur The Cult, le portail de Chuck Palahniuk. Le site mériterait un article entier pour tous les trucs cools qu’il propose (ateliers d’écriture, concours de nouvelles, critiques, shop, blog). Aujourd’hui je vais seulement vous parler de Postcards From The Future.

Il y a quelques années Palahniuk était l’objet d’une conférence dans une université américaine. La prof de littérature avait invité l’auteur pour deux jours de débats, présentations et séances de dédicace. Des fans étaient sur place, caméra au poing, immortalisant une heure trente sur galette. L’image est dégueulasse à cause du matos de roumain utilisé et on ne voit clairement pas assez Chuck. En faisant un documentaire pour des fans par des fans, on se retrouve trop souvent avec des interviews face caméra de… bah de fans. Moins une réflexion sur l’œuvre de Palahniuk que sur le fanboyisme littéraire, Postcards From The Future n’en demeure pas moins intéressant. Malheureusement pas pour les bonnes raisons. Ceux qui espéraient un portrait inédit de l’auteur risquent d’être déçu. En ce qui me concerne, j’ai eu le bonheur de choper le DVD pendant une période de soldes sur le site. Les quelques bonnes phases de Palahniuk auront achevé de me satisfaire de mon achat.

Bon, approfondir l’œuvre d’un auteur et se regarder des documentaires, c’est n’importe quoi. Je risque de finir par devenir crédible. Promis dès que j’ai évacuée la centième critique la semaine prochaine, je me remets à lire de la merde.

349 – Made In Capgod

One. Je suis chez Thibault, le seul de mes voisins à avoir une Playstation. Aujourd’hui on teste un nouveau jeu qu’on connaît pas trop. Sa mère est absente, on joue peinard dans le noir. Au bout de cinq minutes de jeu nous voilà à hurler à la mort, traumatisés de trouille parce qu’il y a un putain de zombie qui est en train de bouffer un mec ! Une de mes plus grandes histoires d’amour est née.

Two. J’arrive à convaincre mes parents d’acheter une Play pour jouer durant les longues vacances champêtres chez mes grands-parents. Bah ué, regarder le gazon pousser c’est drôle uniquement deux minutes. C’est aussi et surtout pour pécho Resident Evil 2. A la fnac, je tente de l’ajouter dans le panier avec la console. Ma mère regarde la jaquette, considère que c’est un jeu pour grand malade et refuse que je l’achète.

Three. Même tarif pour le troisième épisode, que je suis obligé de faire en vitesse chez un ami sur sa minable TV 36cms. Je perds un dixième a chaque œil à me coller la tronche contre le tube cathodique. En même temps j’ai l’habitude, c’est chez lui que j’ai pu boucler le 2 après le refus d’achat de ma maléfique mère.

Code Veronica. J’ai poussé mon frangin à acheter la Dreamcast en partie pour la suite de Resident Evil, que mes parents acceptent enfin de m’offrir pour un anniv’. Le jeu est d’occaze, la boite fêlée, ils n’ont pas fait attention. En bon connard de gosse de riche je suis super triste et pardoxalement je culpabilise encore de ma réaction de l’époque. Je décrète que mon choix de console se fera uniquement en fonction de l’exclusivité de la série. Après des heures hardcores, je butte le boss de fin au pistolet, sur ma dernière cartouche de munitions. A une quinzaine de balles près, je devais recommencer la moitié du jeu. Putain de moment épique de ma vie de jeune, suspense de fou !

Zero. A vue de nez je dois être la seule personne de Lyon a avoir une gamecube. Mais la suite de Resident Evil est exclu à la dernière vraie console de Nintendo. Je demande l’épisode Zero pour un anniversaire mais une fois face au gâteau je n’ai qu’une enveloppe avec un chèque. Mon père refuse d’acheter un Resident Evil, pour lui c’est grotesque et même complètement con. qu’il me dit en hurlatnt à moitié. Joyeux anniv’… Le lendemain, plein d’aigreur adolescente j’irai m’offrir un exemplaire du en ville.

Four. Le renouveau de la série se passe sur Gamecube pendant que je conchie avec grand plaisir les possesseurs de PS2. En l’absence de carte VISA je me résous à payer le jeu le double de son prix dans une boutique d’import. Ca vaut le coup, je surkiffe ma race comme jamais à défoncer de l’espagnol à coup de fusil à pompe ! Sans parler du petit bonus culture avec toutes les insultes que j’apprends dans la langue. Resident Evil, mieux que n’importe quel cours d’espagnol !

Five. Hier c’était la sortie de Resident Evil 5. Paradoxalement j’ai moins de thune qu’à une époque et j’ai du me résoudre à le commander sur le net. Mais un prélèvement d’Orange m’aura mis dans le rouge pile quand le jeu devait partir de chez Game. Pan, dans mes dents, commande annulée. Et vas-y que je te patiente jusqu’à mardi. Décidément, y’a des malédictions comme ça… Fais chier sa race !

Alors oui, c’était un post méga geek aujourd’hui. Mais que voulez-vous, c’est beau d’avoir autant d’émotions et de souvenirs. Sur ce je retourner camper devant ma mail box en vous disant à demain pour le cinéma !