Cette semaine je me suis retrouvé interviewé pour un mémoire tournant autour des geeks. A un moment est venue la question du partage. Est-ce que le geek veut garder pour lui son précieux ou est-il évangéliste ? A mon niveau je suis carrément dans la lobotomie de mes proches. Si j’aime quelque chose, j’ai besoin d’en parler encore et encore. J’ai besoin d’échanger autour du sujet, me remémorer les bons moments, débattre entre personnes de bonne compagnie etc… Comme la pédagogie, c’est la répétition, vous aurez noté ma propension à vous gaver avec Entourage ou plus récemment, The Last Airbender. J’arrive au bout de ma seconde vision de l’intégrale de la série en un mois et, promis, je vais bientôt arrêter de vous les briser. Mais pour mon anniv’ en retard on m’a offert un beau livre qui rejoint cette idée de partage, cette fois en provenance des créateurs eux-mêmes.

Pour coïncider avec la sortie de l’adaptation en film, l’éditeur de comics Dark Horse a sorti un magnifique artbook de la série animée Avatar. Le livre est gigantesque, avec une couverture cartonnée classieuse et des pages en papier glacé épais. Sur plus de cent soixante pages s’étalent un bon millier d’illustrations, croquis préliminaires et storyboard. Le livre est divisé en une partie sur la conception originale de la série, avec images du pilote, premiers dessins de design et focus sur les personnages. S’ensuit le gros morceau du livre, des pages entières consacrées à tel ou tel épisode, dans l’ordre, sans que presque aucun ne manque à l’appel. C’est l’occasion de voir des peintures de décors en pleine page, des comparaisons entre dessins au crayon bleu et rendu final ainsi que des séquenciers d’action commentés avec les notes de l’époque. Le tout se concluant sur les étapes d’illustrations de posters promotionnels et jaquettes des DVD. Une véritable mine d’or pour le fan et n’importe qui s’intéressant à l’animation en général.

Car l’artbook n’est pas pour autant avare de textes. Les deux créateurs de la série commentent abondement la genèse du projet, les réticences de Nickélodéon et leur enthousiasme au final. On découvre des photos du professeur d’arts martiaux qui aura chorégraphié tous les mouvements des maîtrises, la traduction quasi intégrale des idéogrammes qui apparaissent dans la série ou bien encore les photos de vacances ayant servies de références visuelles pour la série. C’est aussi l’occasion de découvrir le studio d’animation asiatique ayant produit les épisodes et comment les équipes US et Asie ont pu travailler main dans la main. Beaucoup de références secrètes sont dévoilées, avec par exemple des emprunts à Miyazaki, Cowboy Bebop ou bien à plusieurs reprises Evangelion. Les commentaires abordent aussi l’aspect réflexion préliminaire, avec les idées non retenus ou des élaborations sur les personnages ou des situations. Même si l’ultime question ne trouvera pas sa réponse (« pas encore »).

Le livre en impose, c’est clairement un bel objet, à la hauteur du matériau d’origine. Ce n’est pas si souvent que des créateurs bénéficient du support nécessaire à l’étalage de somme de travail nécessaire en coulisses. Plus qu’un résumé de plusieurs années de travail, l’Art Book d’Avatar est un partage supplémentaire, du créateur vers le lecteur, des petits secrets mais aussi de la passion. L’enthousiasme des commentaires est aussi communicatif que les dessins sont magnifiques.
Un must have comme on en fait peu pour tous les fans. L’ultime témoin d’une saga d’exception.





