183 – 0ne For The Team Part One Of Two

Enfer et damnation. Il suffit que je me réveille trop tard pour que j’arrive en cours qu’une fois les groupes de travail de la nouvelle matière distribués. Un autre retardataire, tendance winner, demande à la délégué qui reste sans groupe.

- Bah, y’a Matthias je crois.

- Ah nan mais plus jamais de ma vie je bosse avec ce mec ! Tout sauf ça ! Non mais tu te rappelles la merde qu’il a foutu l’année dernière ?!

- Ouais ouais je me rappelle… Qui ne s’en rappelle pas ?

Quelques jours plus tard, alias jeudi dernier. Nouveau exposé prévu en Ethonologie. Visiblement les gens n’ont rien à foutre de mon sujet concernant l’abandon des boutiques culturelles au profit d’internet. J’ai bien quelques théories à ce propos mais passons. Dépité, je demande à une camarade si je peux rejoindre leur groupe, vu que je connais pas mal leur sujet.

- Ah nan mais tu nous fait pas comme t’as fait aux autres l’année dernière !!!

- Heu…

- Attention hein. T’as été odieux à tout faire foirer. Je veux pas de ça avec nous. Démerde toi avec l’autre (du groupe).

GTFO = Get The Fuck Out (je précise hein...)

GTFO = Get The Fuck Out (je précise hein...)

Forcément, ce genre d’explosions de sincérité ça te fait fermer ta gueule. Venant de la nana qui quelques mois plus tôt, complètement imbibée, m’aura hurlé “Matthias ! Je pourrais trop te chopper ce soir !“, ça fait drôle. La prof, inquiète de me voir seul et abandonné, demande au groupe de la fille s’ils pouvaient m’acceuillir.

- On est très bien tous les deux en fait ! Enfin, on fonctionne mieux en binôme !

J’avais pas prévu d’évoquer le sujet de ma pariah attitude sur ce blog, parce que c’est crasseux comme histoire. Mais quand je tombe sur des citations aussi golden que ça dans la vraie vie, comment ne pas en faire écho ? Par contre, spoiler alert, la morale de cet article prouvera que je suis un gros fils de pute prétentieux. Je sens que ça fera plaisir à quelques uns d’entre vous. C’est cadeau.

Flashback d’environ un an. Constitution d’un groupe pour un sujet de mémoire collectif. Je me mets avec des gens à la cool, parce que je suis comme ça moi, je m’intègre. Mauvaise pioche dès le choix du thème. A une voix contre trois je dois dire à adieu à la gratuité pour me pencher sur les peoples. Mauvaise pioche repetita pour le choix du sujet. Traumatisés à l’idée d’un sujet typé littéraire ils foncent sur “La peoplisation de la presse Tv”. Indice quand à mon taux d’enthousiasme : je suis abonné à Télérama et je ne couche (quasi) qu’avec des filles abonnées à Télérama. Mais la vie c’est aussi des déceptions. Genre quand tu découvres que l’autre thème c’était “La peoplisation de la littérature française”. C’est sûr qu’aller interviewer des auteurs célèbres, échanger autour de l’art et de la nécéssité de la publicité dans le marché du livre, ça aurait été super relou… Fuck putain !

Si seulement ça s’était arrêté là. Non, y’a fallu que je tombe dans un groupe où il fallait qu’on décide tout, tous ensemble, et qu’on écrive rien tant qu’on était pas tous sûr. C’est avec des logiques comme ça que le peuple finit par choisir le fascisme, ou voter non à la constitution et foutre en l’air l’économie du pays. Et pour gagner du temps avant d’être sûr de la moindre chose, autant compter le nombre de fois qu’on voit la tête de Brad Pitt dans 10 magazines différents, sur un an. Le truc, c’est que j’ai une vie. Genre une vraie vie avec (pas encore à l’époque) un blog de hypeur, des amis à la cool, une libido bouillonante, des projets d’avenirs à préciser et d’écriture à finaliser. Des espoirs et des rêves quoi ! Dans mon univers de mec sain et équilibré, un exposé reste une corvée. Et le principe d’une corvée c’est de la faire vite et bien histoire de pouvoir passer à autre chose.

En dessin on t’apprend qu’avant de faire une illustration tu fais un brouillon, puis un croquis, puis tu structure au crayon, puis tu encres, puis tu colories. Enfin tu fais ça par étapes ! Alors oui, j’ai mis la pire volonté du monde dans mon travail de groupe. J’ai tenté de prendre les choses en main, de speeder le mouvement. Mais non, c’était trop risqué d’adopter un plan sans avoir fait 60 pages d’analyses avant. Vous comprenez, on aurait risqué de rédiger et d’être dans les temps. Alors j’ai fermé ma gueule, j’ai esquivé les deux tiers de leurs grilles d’analyse à la con et j’ai attendu qu’on me demande de faire un truc cohérent. Forcément, ça aurait fini par arriver. Après quatre mois de néant, dix jours avant le passage oral, on s’est enfermé 6 putain d’heures dans une pièce pour enfin rédiger une minable page A4 de plan. J’ai cru que j’allais faire mon Columbine style.

Les examinateurs de l’oral d’entrée au Celsa avaient raison. Je dois leur reconnaître leur perspicaité.

- Vous savez que vous aurez du travail de groupe à faire, et que tout le monde n’ira pas forcément à la même vitesse que vous, ni ne sera capable de travailler au milieu de la nuit comme vous ? Que vous devrez vous adapter ?

- Vous savez que vous aurez beaucoup de travail, et que vous allez être forcé de devoir prioritiser vos activés extrascolaires en conséquences ? Que vous aurez à faire des choix ?

Gagné. Rien à dire, ils sont balaises les examinateurs. Autant que la puissance de ma mauvaise fois dont j’ai fait usage pour rassurer leurs craintes.

TO BE CONTINUED STAGE !!!

La suite et fin de cette palpitante épopée jeudi. Parce que demain, j’apprendrais son boulot à un écrivain français. Ca laissera une journée de plus aux Ninjas UMP pour m’exploser les rotules à la barre à mine.

FUN FACT STAGE !!!

Hier matin, lendemain du weekend d’intégration, j’étais tranquilement en train de répondre à l’appel de la nature aux WC scolaires, quand tout à coup ! Là, dans la poubelle, un test de grossesse fraîchement utilisé. De quoi faire bouillir mon imaginaire pendant les 8 heures de cours que j’allais me farcir.

165 – My Dick, My Rules

Avant d’avoir un meilleur ami ébènophile, grand et poilu, j’avais un meilleur ami filiforme, imberbe et dans le doute sexuellement. Joël, puisque tel est son prénom, avait en effet un problème d’inclinaison sentimentale. Un jour il m’avoua :

- Putain je peux pas être bi !

Moi, tout candide :

- Baaah… Heuuu… Pourquoi ?
- Parce que c’est pas classe !
- Aaah ! Okay.

Oui, il était comme ça Joel. Bon j’aurais des tonnes d’anecdote à son sujet mais je dois faire un flash-forward. Un an plus tard, homosexuel réalisé et heureux, Joel à muté. J’ai en effet recroisé un ami commun au détour d’un bar qui va bien dans le centre ville de Lyon.

- Yo Nigga t’as de la news sur Jo ? (oui je parle comme ça en vrai)
- Du tout, on se voit plus.
- Mais what the fuck mon ami ?
- Bah… En fait il est devenu hétérophobe…

Permettez-moi d’élaborer. Après plus de dix-sept ans de tâtonnement sexuels (dans tous les sens du terme), Joël s’était décidé pour l’arrière des Volkswagen mâles. Du coup le gars à rattrapé une adolescence de frustrations. Trop fier de sa nouvelle vie il s’est mis à tenir des discours assez flippants du genre « nan mais être hétéro c’est un truc de perdant », « putain mais comment tu peux baiser un vagin, tu me dégoûtes ! ». Quelques mois plus tard, Joël avait radié tout ce qui n’était pas une fille ou gay de la liste de ses amis. Si je vous raconte ça, c’est que dernièrement y’a un truc qui me casse prodigieusement les couilles. Dans la real life, sur les blogs, t’as un tas de gens qui sentent le besoin de justifier leurs préférences sexuelles en public, si possible en chiant sur la gueule des gens qui pensent pas comme eux. Ah mais tu es hétéro ? Pauvre type t’as rien compris à la vie. T’es infidèle ? Ca fait quoi d’être un animal qui hait l’humanité ? T’es encore avec ton amour de lycée ? Pauvre animal social lobotomisé qui passe à côté de la vie. Tout ce à quoi j’ai envie de répondre : allez vous faire foutre !!!

Non parce que fondamentalement, trouver quelqu’un qu’on soit sûr d’avoir envie de sauter et qui nous procure le genre de sentiments au fond du bide qui donne à la vie la peine d’être vécu, c’est pas donné à tout le monde. Of course dans le jeu sadique et cruel du sexe il faut choisir un camp : gay ou hétéro, fidèle ou pas. Bon y’a des variations, mais dans l’idée on doit admettre qu’on peut pas bouffer tout le gâteau tout seul. Obviously les gens sont frustrés. Les gars casés jusqu’à la moelle se branle sur YouPorn pendant que leurs potes volages se disent que ça serait pas mal d’avoir un truc unique en construction. C’est le jeu. Quand on à pigé ça on vit plus sainement. Dommage qu’il subsiste quelques néanderthaliens méprisants. Mieux vaut vomir sur ceux qui pensent pas comme nous, ça nous rassurera quand à nos propres systèmes de pensées. J’en lol encore. Pendant que vous traitez vos insécurités de gamins à coup de haine et que vous décimez le peu d’amis véritables qu’il vous reste, moi et mes potes plein de tolérance on va s’éclater dans des relations suivies, exclusives, adultérines ou homosexuelles.

C’est assez commun de dire qu’on aime pas l’intolérance, mais quand on s’en prend à ma bite et ce que j’aime en faire, ça me les brises (logique géographique). Voilà, je voulais juste faire style j’étais un bloggueur vénère en fait. Demain je vous parle de Chrome, le nouveau navigateur de Google qui va bien, et de conquête du monde. Promis garanti 100% geek et hard science.