1096 – Definitely/Maybe

Je n’ai toujours pas vu Black Swan.

C’est pas faute d’avoir essayé. Je m’y suis risqué à deux reprises à sa sortie. Chaque fois les séances étaient complètes, principalement parce qu’à cause de mon stage je ne peux aller au cinéma qu’aux heures de grande affluence, avec les vrais gens. Pour un tas de raisons je n’avais pas voulu/pu réserver. Les deux fois nous avons donc fini par aller voir autre chose. Ruminant au fond du fauteuil d’une salle voisine, j’ai du admettre le paradoxe dans ma manière de voir les choses. Quand personne ne se déplace pour un bon film, je hurle sur le peuple en vomissant sur leur absence totale de bon goût. Et quand tout le monde se déplace pour un bon film, je hurle sur le peuple en vomissant le fait qu’ils m’empêchent de le voir.

Je ne veux pas relancer le débat sur qui « mérite » d’approcher une oeuvre avant qui. Mais ceux qui ont vu The Fountain devraient avoir le droit de prendre la place des ploucs qui ne font qui suivre aveuglément ce qu’ils ont vu à la TV. Darren qui déjà ?

En vérité, je rumine surtout parce que plus le temps passe et moins j’ai envie de voir Black Swan. Devoir attendre plusieurs semaines entre la sortie et les critiques US a déjà usé ma patience. Tout comme la horde de notes de blog et tweet des « influents » des internets qui sont allé voir le film avant tout le monde et ont participé à mon mal de crâne médiatique. Puis j’ai passé plus de temps dans les transports à tenter d’aller voir le film que la durée totale du dit film. Enfin j’ai dû subir les conversations des amis, proches et collègues sur le sujet, jusqu’à écoeurement. Et maintenant les cinémas sont engorgés des nouvelles sorties que j’ai AUSSI envie de voir.

Nous sommes samedi. Normalement je vais peut-être m’y faire trainer aujourd’hui. Enfin. Mais je ne crois pas avoir envie. C’est comme la fille que t’as tellement voulue et qui t’a tellement fait désirer qu’au final tu ne peux plus la voir en pellicule. D’une main j’écris cette note de blog. De l’autre j’envisage d’envoyer un texto pour annuler.

Parce qu’au fond, je le verrai un jour ce film.

Est-ce que ce sera aujourd’hui, en me trainant à l’autre bout de la vie, avec ma fatigue de la semaine et mon absence totale d’envie ? Ou est-ce que ce sera dans quelques semaines, en blu-ray chez moi, sans connard pour textoter pendant la séance, qui je veux à côté et un pot de glace cheesecake fraise entre les mains ?

C’est quoi le mieux, pile ou face ?

1089 – Swap

Au départ je voulais vous parler d’un dessin animé, puis après je voulais vous parler de mes dimanches récents durant lesquels il ne se passe rien. Puis il est 00h47 et je réalise que j’écrirais bien un peu ce soir. Genre que je bouclerais un chapitre de Perfect Ten. Alors du coup je vous parle pas vraiment. A la place je vous fait un deal que vous ne pouvez pas refuser.

Vous n’avez que quelques lignes sur le blog aujourd’hui, mais là, à presque une heure du matin, j’ouvre Word et je fais l’équivalent quantitatif d’une note sur mon bouquin.

Deal.

Edit 02h22 : J’en ai écrit pour 881 mots. Y’en a un peu plus, je vous le met quand même.

1079 – Mr. Nice Guy Is Out Of Office

J’étais en train de me demander comment occuper ma dernière heure de bureau quand j’ai commencé à me faire engueuler par textos. Cool. Joute verbale, insultes et compagnie, le temps est passé assez vite. Sauf que j’ai été un peu odieux. Enfin, plus que d’habitude. Alors que j’étais plus que très clairement en tort. J’avais seulement la flemme de faire ce qu’il est attendu de moi. Le parcours des excuses, où je suis le bâton, je courbe l’échine, je saute à travers les cerceaux, je fais pénitence et j’accompagne la colère jusqu’au bout de sa lente redescente. Au lieu de ça, j’ai abusé de mauvaise foi et autres subterfuges pour enfumer mon adversaire jusqu’à ce qu’il laisse tomber, de dépit, et coche une petite croix de plus dans la case « sale con » de ma fiche de personnage.

Ca recommence. Je n’ai aucune patience. La moindre contrariété se heurte au rouleau compresseur de mon égoïsme, de ma fatigue, de ma frustration. D’ordinaire je suis à peu près mesuré (sauf quand je parle de Bad Boys II ou de Sony). Je suis capable du minimum nécessaire d’introspection pour déterminer si j’ai raison ou tort. Je peux prendre du recul, écouter les gens, me remettre en question. Là non. Avec mes six heures de sommeil par nuit, la fatigue des deux fois une heure de piscine par semaine, les yeux éclatés par le rétro éclairage nocturne du clavier, je suis un zombie. Chaque matin, j’alloue ce que je peux d’énergie à ce que j’ai prévu de faire dans la journée. M’engueuler ne fait pas partie du rationnement du matin. Alors forcément, ça coince. Mais, pire que ça, en ce moment je suis capable d’être purement méchant.

Au lieu de laisser une discussion suivre son cours, il m’arrive de la trancher net, d’une petite phrase. Torpille sournoise qui vient se vriller entre les cotes de mon interlocuteur qui espérait tout le contraire. Parce que parfois, la montée en colère met un terme à la conversation bien plus vite que l’apaisement. Et putain ce que je donnerais tout pour qu’on me foute la paix. Ferme là bordel. Oui je te déteste, tu es une sale conne. Oui j’ai pas envie de te voir. Oui tout ce que tu veux mais arrête de me parler. Bien sûr que ce n’est pas constructif, bien sûr que ce n’est pas bon pour moi, ma vie sociale, ma réputation, tout ce qu’on veut. Seulement il arrive que je n’aie pas la force de jouer le jeu, juste assez de jus pour me rouler en boule sous ma couette et attendre que ça passe.

C’est une phase. Parce que la vie n’est qu’une suite de phases, et que je ne m’aime pas trop en mode infréquentable. Je pars ramasser les pots cassés, je présente des excuses, je fais des calins, j’offre un domac de l’amitié. Plus qu’à prévenir au lieu de guérir.

Mais là il est pas loin de deux heures du matin. Donc c’est pas pour demain. Mais j’y bosse.