Ragaillardi par mon orgasme encore chaud, je me suis tourné vers ma copine, avec qui ça commençait à faire quelques mois, pour lui demander :
- Dis. C’était bien ?
- Bah ouais. C’était super.
- Cool.
- …
- Dis.
- Quoi ?
- C’est moi ton meilleur coup ?
OHLOL.
Alors là je vous arrête TOUT DE SUITE. Le but de la question n’était pas de savoir si j’étais effectivement le meilleur coup de ma copine de l’époque. Non. Si je demandais, c’était pour savoir si elle m’aimait assez pour me répondre « bien sûr choupichou ». Vu que ça faisait plusieurs mois et tout. Je l’ai vu regarder le plafond le temps de réfléchir. Puis.
- Pas le meilleur. Mais le moins coincé, déjà.
Ce que j’ai interprété par « je te kiffe pas mal, c’est pas encore l’amour et la baise de folie et donc je te mens pas parce que j’ai la flemme mais t’es pas mal parti, y’a du potentiel donc continue ». En gros.

Dans le couple, je crois beaucoup aux vertus du “mensonge que tu sais que c’est un mensonge”. Demander si on est le meilleur coup de sa nana est un exemple. La fille amoureuse répondra par réflexe que oui, et après on peut aller se blottir entre ses seins et c’est merveilleux. Quand bien même on se doute que vis-à-vis de tous les champs d’excellence sexuelle masculins (cunni, forme, durée etc…) on se fait bien fumer la première place dans quelques (beaucoup ?) de catégories. Peu importe, ce qui compte, c’est le petit mensonge de couple, la glue débile des amoureux un peu niais.
Le malaise survient quand cet accord tacite est rompu. Par exemple je suis récemment devenu fou de rage quand une ex m’a assuré très fort que sa nouvelle relation était oh combien plus satisfaisante que moi. De la même manière que quand une amie m’a dit très clairement que tel type était bien plus séduisant que moi, assez pour qu’elle envisage de le baiser (par opposition à votre serviteur), j’ai pété un plomb. Parce que c’est une rupture unilatérale des accords de Génève de l’étiquette sexuelle. Je ne déconne pas, je suis à peu près certain qu’il existe des lois sur ce genre de trucs. En ce qui me concerne, même sur le coup d’une rage de malade, j’arriverai encore à me retenir d’avouer à mes mauvais coups que putain, elles étaient mauvaises, ou de dire à une fille que non, au grand jamais, j’aurais envie de poser mes lèvres sur les siennes. Plus que de la courtoisie élémentaire, c’est le grand minimum du respect.
Parce qu’au fond, on le sait déjà, pas besoin de venir nous le jeter au visage. Si jamais on vit dans l’ignorance, pourquoi venir briser sans provocation notre monde merveilleux ?
Alors ouais, à mes ami(e)s, je balance, je n’hésite pas à raconter des épisodes sordides, où l’histoire de ce malaise quand j’ai dû repousser les avances d’une fille sous un prétexte fallacieux. Parce que ça arrive. Tout comme j’ai un fichier excel mental où tout le monde est classifié, et où mes préférées se voient attribuer un super-pouvoir (pipe cosmique), voir un pseudo (mais là je dis rien). Simplement, ça ne sort pas de sous mon crâne. En tout cas pas trop, et si possible loin. Ce qui n’exclue pas les catastrophes. Quoi qu’il arrive, je ferai le maximum pour ne pas divulguer ça à la personne concernée, en frontal. Même en cas de vengeance, je préfère encore l’empaler avec une de mes action figures One Piece avant de jeter le corps dans la Seine plutôt que de briser la sextiquette.
Parce qu’on est digne ou on l’est pas. Les autres, (oui, toi, connasse), allez mourir dans un feu.

