« On voit à la lecture de votre travail que vous avez bien intégré vos trois ans d’enseignement au CELSA. Vous n’êtes pas venu pour rien. »
Ma responsable de master.

C’était un des petits moments aériens de ma soutenance de mémoire, quand mes profs m’ont donné leur appréciation. Ma dernière heure d’étudiant. J’avais étalé trois éditions collector de jeux vidéo sur une table avant de raconter mon mémoire pendant dix minutes de plus que permis (comme lors de l’oral du concours d’ailleurs). On ne m’a pas arrêté, c’était pas mal. J’ai écopé d’une note indécente, à tel point que je pensais qu’on me faisait un cadeau d’adieu, en mode bon débarras. Quelques infos complémentaires et indépendantes me sont parvenues par la suite, confirmant que, si si, je méritais la mention. Léger vertige du cancre. Forcément, durant l’ultime conversation, on aura fait référence à ma relation complexe avec l’école, avec quelques rires gênés mais complices.

Il faut dire que l’ultime partie de ma scolarité aura été la plus mouvementée. Je me suis retrouvé dans le bureau de la directrice, j’ai hurlé sur des camarades de dernière année, je me suis fait balancer par d’autres et j’ai même reçu un mail d’insultes anonyme parce que j’avais osé critiquer l’établissement sur les internets. Good times. Mais qui aime bien châtie bien. Je reparle souvent des meilleurs cours et des intervenants de qualité que j’ai pu cotoyer pendant ces années, chaque printemps des candidats au concours tombent sur ce blog et me demandent des conseils. Je réponds presque toujours. Surtout, j’ai rencontré un tas de personnes fabuleuses. J’ai profité de l’année de césure à New York de Sharkboy pour lui rendre visite, j’ai accepté de faire toutes les présentations orales d’une autre camarade en échange de powerpoints de luxe, j’ai pu discuter avec un tas d’autres personnes brillantes.

Il y a deux ans, dans le bureau d’une prof remontée, on me demandait si j’étais sûr que ma place était là. J’ai passé le reste du temps à tenter de le prouver. Même si, au final, les personnes avec qui j’ai le plus accroché durant ce master auront été celles ayant le plus de mal à s’intégrer, ou en tout cas à suivre le chemin le plus balisé. Ce qui me ramène à la remarque de ma prof. Je pense que trouver un tas de gens bien sous tous rapports, qui vont bosser, avoir des bonnes notes et finir dans des postes adaptés tout pile à leur diplôme, ce n’est jamais un problème. On peut en avoir plein, il y en a une quantité infinie. Des élèves un peu plus retors qui vont malgré tout aller au bout, c’est certes pénible, mais un peu plus rare. Et à terme c’est peut-être eux qui vont aller élargir les horizons d’une école, de par toutes les choses inhabituelles qu’ils feront pendant et après les cours.
Je ne m’inquiète pas pour quelques-uns de mes camarades, déjà bien avancés dans leur vie pro et projets, qui doivent avoir un super secret pour y arriver aussi bien. Je m’inquiète un peu plus pour moi. Parce que si j’ai prouvé que c’était une très bonne idée que je fasse cette école, je n’ai pas encore prouvé que c’était une très bonne idée que l’école me prenne.
J’y travaille. Je crois.
MÉMOIRE STAGE !!!
Sinon je compte mettre mon mémoire en ligne, ici. Mais je dois d’abord corriger quelques coquilles et effacer des noms de famille. Donc ça va venir.


