1090 – All I Can’t Taste Is Champagne

Il ne pouvait en être autrement. L’instant quel est le fuckesque de la soirée d’inauguration du salon du livre eu lieu sur le stand Flammarion. Je discutais avec ma demi-agent entre deux piles de livres quand surgis mon le fringuant Guillaume Robert. Salut, tu vas bien ? Poignée de main franche. Heu, oui, et toi ? Très bien. Puis il s’en est allé. Ca fait donc deux ans de suite que je lui serre la main. La première fois c’était par politesse parce que j’étais accompagné d’un de ses amis. Cette fois c’est parce qu’il se souvenait. De moi, ou du non, du blog, ou whatever. C’était quand même étrange un peu. Comme mon absence d’envie de le taper. Weird.

Sinon je suis arrivé avec ma plus une vers vingt heures. Assez vite j’ai entrepris de partir à la poursuite de mes copains de l’édition. Principalement des stagiaires, parce que niveau réseautage j’en suis là et qu’ils ont presque mon âge, dans un sens ou dans l’autre. En plus ma potesse de Albin jeunesse avait une jolie robe. Sinon, alors que je m’accoudais à une étagère chez Grasset pour faire style, un exposant du Seuil est passé me voir. Hé mais tu es Le Reilly ?! MAIS OUAIS C’EST MOI ! Donc ouais on me reconnait des fois, et c’était cool. Parce que j’ai pu parler blog mais aussi littérature. Un peu comme quand je me suis assis avec un ou deux auteurs pour parler bouquins. Je me suis enflammé à parler de Perfect Ten, du plaisir que me procure l’écriture et le challenge.

En fait j’étais globalement hystérique ce soir-là. D’une part parce que j’avais peu dormi la veille, ensuite parce que j’avais passé la journée à être sage au taf’. C’est bien simple, une autre fille avec une jolie robe m’a caractérisé comme un mélange d’hystérie et de pathétisme. Mais t’es gentil hein ! Oui non mais okay. De toute façon passé vingt-trois heures elle voulait faire du pole dance sur le stand du Diable Vauvert. En fin de soirée c’était de toute façon LE point de ralliement. Là où il restait de l’alcool et des gens motivés pour faire la fête. Bon comme d’hab’ j’ai traité en douce le patron du stand de sale con mais il s’est vengé en estimant que mon amour pour la Drôme et les escargots à l’ail était un signe très clair de mon appartenance politique à la droite. Of course.

Cette année c’était mieux que l’année dernière. J’étais plus à l’aise, je connaissais plus de monde, y’avait plus de jolies robes. Oh et du saucisson aussi, très cool ça le saucisson. J’ai pas vendu mon bouquin, of course. Mais j’ai pas eu d’envie irrépréssible d’en coller une à qui que ce soit. Pas mal.

Je suis resté jusqu’à la fermeture. Bras dessus bras dessous avec une fille éméchée, j’ai quitté le salon en sachant pertinament que je n’aurais pas le courage d’y retourner dans le weekend.

A l’année prochaine, donc.

1041 Bis – Ghost Of Girlfriends Past

Je voulais dire du mal du futur gagnant du concours d’écriture de comédie romantique de We Love Words. Mais je peux difficilement cracher si je ne participe pas (on ne peut bitcher que si on a aussi concouru). En plus ça me fait toujours plaisir de me prendre des gifles par mon bon ami juré Guillaume. D’où l’écriture d’un rapide synopsis et début de roman entre deux partiels que vous trouverez par là en tapant “LeReilly” ou “Friend Zone”.

On peut voter mais je doute que ça serve, sans parler des mecs qui ont des centaines de votes (théorie du complot).

938 – Book Review 155

Donc. J’ai finalement lu La carte et le territoire, le nouveau Houellebecq. ON SE DEMANDE BIEN COMMENT !!! Anyway, le bouquin s’est avéré beaucoup plus court que prévu, feintes de pagination oblige, et je l’ai lu assez rapidement. C’est déjà pas mal, pour avoir discuté avec des connaissances qui s’étaient arrêtées à mi chemin, dépitées par le truc. A titre personnel ,j’attaquais ce roman avec l’unique connaissance des deux premiers livres de l’auteur, ses meilleurs, de ce que j’ai cru comprendre. Je n’ai pas subi la supposée purge qu’est La possibilité d’une île. Et en vrai, j’avais plutôt envie de lire La carte et le territoire. Ce malgré les vagues accusations de plagiat, Houellebecq ayant pompé à la ligne près des morceaux de wikipédia. Y’a pas mort d’homme mais c’est quand même un peu la honte si t’as pas la motivation de paraphraser un minimum tes sources. Sinon, la première surprise pour moi fut de constater que le résumé du bouquin est mensonger.

On m’a vendu (lol) La carte et le territoire comme l’histoire de Jed Martin, un type qui photographie des cartes Michelin et devient une star de l’art contemporain français. Sauf que ça, c’est juste le pitch de la première partie. Car le roman est découpé en trois morceaux bien distincts. Le premier est effectivement la carte et le territoire, où l’on suit les études de Jed, sa passion soudaine pour les cartes Michelin et son premier succès en tant qu’artiste. Mais le milieu du livre parle de Peinture, l’artiste ayant décidé de faire une série de portraits représentants les différents métiers que l’on peut exercer en France. Il termine sa série par un portait de Michel Houellebecq, écrivain, avec lequel il semble se lier d’amitié. Enfin le troisième tiers de l’histoire est une courte enquête policière, où l’on cherche à élucider le meurtre brutal de Michel Houellebecq, Jed apportant le mobile du tueur en toute fin de partie avant d’aller mourir dans la campagne (ah tiens si y’a un peu de territoire vite fait).

Le résumé (ainsi que le titre) sont donc totalement mythomanes. La carte et le territoire est en fait « Moi Michel Houellebecq ». Je veux dire, come on, l’écrivain est là les deux tiers du livre, il est l’œuvre ultime de l’artiste Jed et le centre d’une enquête policière. Sans parler du fait que Jed fait copain copain avec Beigbeder (dans une scène qui m’a mis mal à l’aise devant tant de complaisance aveugle pour Frédo) et est lui-même totalement transparent en tant que personnage. A part les rares moments où il décide d’entamer un nouveau projet artistique, il ne fait que subir et attendre que ça se passe. Nous avons un héros apathique qui se laisse glisser et se garde bien de produire des idées ou des réflexions un minimum poussées. Les rares fois où Houellebecq se risque au commentaire social ou à la réflexion artistique, c’est en résumant (parfois sur plusieurs pages) les pensées d’auteurs connus pour conclure « je pense pareil » ou « il a tort ». C’est un peu le reader digest de la philo du coup.

En fait, à mon petit niveau, ce qui m’a le plus emmerdé, c’est de ne pas voir ce que le reste des journalistes ont vu dans le bouquin. On a beaucoup parlé d’une critique de l’art et de la célébrité. C’est une satire en fait. Sauf que je ne l’ai pas vue, il n’y a rien de mordant, ça ne rentre pas dans le lard. Si Jed avait produit un truc vraiment sans intérêt, pourquoi pas, ou s’il s’était exposé aux médias ou aux célébrités dans des séquences qui mettent mal à l’aise, mais non. Une des idées du bouquin c’est d’imaginer Jean-Pierre Pernaut en grande folle post coming out. J’ai trouvé ça complètement débile, sans fondement et du coup grotesque, mais apparemment c’est subversif. Pour un critique littéraire qui sort pas du sixième éventuellement. Moi j’étais surtout consterné. Éventuellement je veux bien reconnaître l’espèce d’éloge timide de la province et de la campagne, le « territoire », mais bon c’est pas de l’enchantement à la Pagnol non plus faut pas déconner.

Au moins tout le monde est d’accord pour dire que la partie policière est complètement foirée. Choisir aux deux tiers du livre de changer de personnage, de thème et de tout reprendre à zéro, c’est aussi couillu que casse gueule. Sauf que là ça marche pas. Passer une centaine de pages sur un flic fatigué qui cherche à comprendre pourquoi on a tué Houellebecq pour découvrir au final que c’était pour lui voler un tableau. COME ON ! Au moins le flic a un chien et l’aime beaucoup. OMG MAIS C’EST COMME L’AUTEUR ! Michel est partout, derrière le clavier d’ordinateur, dans le livre, dans les autres personnages du livre. C’est le seul début d’analyse qu’on peut faire sur La carte du territoire : c’est un livre par Michel sur Michel. Ce n’est pas une satire de l’art, ce n’est pas un bon polar, ce n’est pas une éloge de la campagne.

Surtout, ce n’est pas un bon livre.

Certes, le style est parfois flamboyant et on trouve de bonnes phases, des petites pépites de ci de là. Mais ça ne suffit pas à habiter le néant. Si le récit était mieux tenu, pourquoi pas, si Houellebecq proposait des réflexions qui lui sont propres ou un peu engagées, pourquoi pas, où si le fait de se mettre en scène nous apprenait quelque chose qu’on ne sache pas déjà, pourquoi pas.

En l’état je n’ai juste absolument rien ressenti. La carte et le territoire est suffisamment court et bien écrit pour que je sois arrivé au bout. Mais à aucun moment je n’ai vraiment été pris aux tripes par quoi que ce soit. Tant et si bien qu’une fois arrivé à la dernière page, je me suis demandé très fort ce que l’écrivain a voulu dire, quelles étaient ses intentions.

Dix jours plus tard, j’en sais toujours rien.