Ces derniers jours c’était donc le salon du livre. Encore. J’en avais parlé l’année dernière, ayant résumé mon expérience globale avec le truc. Chaque fois c’est forcément décevant. C’est l’évènement à la con dont je sais pertinemment que je vais ressortir frustré et un peu plus dépressif qu’avant. Déjà cette année c’était mal parti sur le principe. La plupart de mes potes dans la BD n’étaient pas présents, la faute à Soleil qui n’a jamais de stand et à un planning de sortie pas compatible avec les beuveries habituelles. Ensuite Hachette avait décidé de dire merde à la manifestation, pour une basse raison (entre autre) de réduction des coûts. Il faut dire qu’un stand dans la plus grande librairie de France, ça coûte une blinde. L’année dernière je disais que je ne foutrais pas les pieds au salon sans un plan pique assiette. Bingo. J’ai réussi à gratter une invitation pour l’inauguration VIP sa race.

En vrai merci à Henscher pour avoir grillé son +1 pour mes beaux yeux.
Enfin, VIP, ça se discute vu le nombre de personnes présentes. Sincèrement on se serait presque cru un samedi aprem’. Entre deux allées je croise même mon patron, celui de cette année, mais aussi celui de l’année d’avant. Mains moites, cœur qui s’explose contre la cage thoracique. Je n’oserais pas lui dire bonjour. Par contre je discute avec ce jeune dandy qu’est Charles, éditeur en culotte courte au Diable Vauvert. Puis j’escalade le stand Robert Laffont pour aller dire bonjour à cette raclure de William Rejault avant de retrouver des potes de la vraie vie, avec ou sans leurs ambitions de publication. Au final je me tire presque tôt, deux heures après l’ouverture des portes. Trop de gens, trop de discussions auxquelles je ne suis pas invité. Je vole quelques tucs au Diable avant de me rentrer. Finalement, pas le choix, je vais devoir y retourner samedi pour croiser d’autres copains.

Quel chic type ce Charles, à assumer comme ça !
Bis repetita comme on dit. Le samedi c’est l’enfer. Les files d’atteintes qui bloquent tout le monde dans les allées, l’odeur de sueur, la chaleur et les réflexions merdiques des vrais gens lorsqu’ils croisent une célébrité. On m’a rapporté que les badauds cerclaient Beigbeder de leurs doigts tendus sur son passage. Je ris des stands de Le Dilettante et XO éditions qui ne sont là que pour accueillir leur auteur star de la mort. Pendant ce temps là, Werber gueule en conférence que les éditeurs n’acceptent pas des bouquins de SF et Eric Naulleau trouve que lire sur un écran, ça sert à rien. Je zappe les conférences et reste avec mes coupains. L’éditeur de Florian Zeller chez Flammarion, Guillaume Robert, passe dans le coin. Je le salue, toise sa coiffure et comprend pourquoi Florian a été publié (faut le voir pour le croire, une coupe pareille, très street cred).

Finalement je suis tellement épuisé, assommé par la chaleur et le rhume carabiné qui m’habite depuis dix jours, que je finis par être pris en défaut sur Bad Boys II par Charles, lors d’un retour sur le stand du Diable. Je ferais la fermeture, à discute avec coupine Dhalia, à refaire le monde entre deux cocas. Puis je rentre, comme chaque année, un peu dépité, autant par l’attitude des vrais gens que celle des professionnels. Mais bon, j’y étais, comme si c’était logique, incontournable, un appel que je ne comprends ou digère pas vraiment. A l’année prochaine du coup.
Demain on parlera bouquin, du genre bien, qu’on trouve pas chez nous.