496 – Almost Had You

C’est une pote de fin de lycée qui m’a balancé ça la semaine dernière, au détour d’une conversation numérique. “N’empêche Matthias, y’a une époque où je t’aurais bien coincé au détour d’un mur. Mais bon, t’étais timide, du coup, t’as tout fait foirer.” Ce à quoi j’avais envie de répondre, merci de venir retourner le couteau dans la plaie une demi-décennie plus tard. Merci beaucoup, j’étais au courant. Sauf que là c’est dix kilos et un fiancé trop tard. Tout ceci m’amenant à me poser la question de savoir à quoi ça sert de venir rebalancer ça tout ce temps après. Etrangement, ou pas d’ailleurs, cette insolente n’est pas un cas isolé. Il semblerait qu’une force implacable intime l’ordre aux filles de venir narguer leurs anciens coups de cœur. Rien ne vaut signifier à un mec qu’à un moment il aurait pu te choper pour lui pourrir la journée.

Aussi loin que je me souvienne, c’est la fille du bouquin, forcément, qui a commencé. Sur le pas de ma porte de collégien, je lui faisais remarquer que la seule raison qui faisait qu’elle était revenue/resté avec le type d’après moi, c’est qu’il l’avait harcelé. Mutine, elle me jettera au visage que si j’avais insisté plus longtemps, je serais sûrement à sa place. Insérer violent claquage de porte après son départ et chute de chandelier sous l’effet du choc. Ou comment devenir fou. Faut dire qu’à l’époque j’étais tout sauf préparé. Puis les années m’ont réservé leur lot de rétroscoop, à base de « Tiens entre le 6 et le 13 juillet de l’été dernier, j’ai bien envisagé de sortir avec toi, puis ça m’a passé ». On ne rit pas, c’est presque véridique. J’en oublie sûrement au passage, mais le fait est que nous sommes face à un problème structurel, pas à un incident isolé.

Pourtant, si un mec venait voir une nana en lui disait qu’elle aurait eu sa chance, il s’en prendrait une belle dans la gueule. Puis la société est ainsi faite que techniquement c’est les hommes qui prient leur race d’avoir une chance d’accéder au saint et mythique vagin. Du coup, aller dire à une fille qu’elle aurait pu, c’est un coup à se faire répondre « Bah normal, j’ai des seins, abruti ». Pas faux. Mais alors pourquoi nous courir après histoire de nous vriller le crâne une fois de plus ? Les explications vont d’une aigreur qui ne passe pas jusqu’à un appel à venir retenter sa chance. Entre la flemme de faire la différence et la tristesse d’imaginer un passé qui aurait pu être, on finit par se morfondre plus qu’autre chose. Le plus simple serait encore que seules les filles dont on se fout nous balancent ce genre d’atrocités.

Les filles, tortionnaires de la cause masculine depuis la nuit des temps. Reuzment que l’évolution nous a donné la barbe de trois jours de beau gosse en compensation karmique.
Demain, top 3.

FREE STUFF STAGE !!!

Pendant ce temps-là, aux US of A, Scott Westerfield s’apprête à sortir son nouveau roman. Vous savez, le mec qui a pondu la saga Uglies (dont j’ai déjà parlé) et fait un max de thunes dans l’opération. Pour fêter ça, l’éditeur qui visiblement est bien équippé niveau marketing, file le Tome 1 de Uglies gratos. C’est en anglais, et ça se passe là.

307 – Double Shot Review (Book # 37 / Movie # 36)

Remember quand j’avais lu Haunted et que j’avais pris ma putain de claque littéraire dans la gueule. Forcément je suis parti en live sur mamazone et commandé dans la foulée un second bouquin du Chuck Palahniuk. Forcément prendre Fight Club eut été trop facile, donc nouvelle esquive ! Quand j’ai lu « Fight Club for sex addicts » sur la couv’ scannée, je me suis dit que Choke ça allait le faire à mort ! Bon, faut dire que j’étais un peu biaisé vu qu’une adaptation ciné est sortie l’année dernière aux US of A. Donc paye ta bande annonce qui a fait que j’avais envie de me pécho le bouquin. Et comme des fois je suis hardcore, je suis aussi allé voir le film dans la seule et putain d’unique salle parisienne lors de sa sortie il y a deux semaines.

Victor Mancini est un sex addict. Il assiste donc à moult réunions d’accros du cul anonymes, mais plus pour chasser la nymphomane que pour bosser sur son programme de sevrage en douze étapes. Mais le cul n’est pas son plus gros problème. Alzheimer ronge le cerveau de sa mère qui comate dans un hôpital privé hors de prix. Pour payer la facture, Victor fait semblant de s’étouffer au restaurant. Les inconnus qui pensent lui sauver la vie deviennent ses amis et se sentent obligés de lui filer des coups de pouce financiers. Alors que sa mère sombre de plus en plus dans la folie, le temps presse pour Victor s’il veut lui soutirer ses véritables origines et l’identité de son père avant qu’elle ne s’éteigne pour de bon.
Encore une fois un bon bordel de scenario, mais plus dans le ton de la comédie caustique intime que la rébellion sociale de Fight Club. Du coup j’étais un peu désarçonné, ne sachant pas trop à quoi m’attendre.

Quel taquin ce Chuck !

Si l’on peut reprocher un truc à Choke, c’est de raconter plein de choses en même temps (l’enfance du héros, la décrépitude de sa mère, l’addiction au cul et l’histoire de son meilleur ami) sans jamais réellement mettre une storyline en avant. Ce n’est pas décousu mais un peu difficile à résumer à un seul fil rouge. Après niveau qualités, l’écriture est super fluide, c’est plein de lols, de fun facts à la palahniuk. On apprend un tas de trucs très utiles au quotidien, et les scènes de cul sont souvent très drôles. Choke est une série de scénettes bien fichuent mais qui ne donnent pas un ensemble complètement homogène. Il en va de même pour le film, très fidèle au roman, à quelques ajustements de budget près. Ceux qui s’attendent à retrouver la puissance de Fight Club seront déçus, mais il ne fait pas bouder un bouquin et un film très sympas. Puis ça parle de cul la moitié du temps (ptête pas le meilleur film pour un rencard).

Comme je suis le genre à insister un peu, j’ai à côté de moi un troisième bouquin de Palahniuk pas encore entamé. Donc on en reparle dans quelques semaines. Demain c’est le début de mes vacances, et du coup on parlera de mes vacances (obviously). Quel narcissique je fais, je devrais écrire un blog tiens.

TRAILER STAGE !!!