794 – No Movie’s Land

J’aime le cinéma l’été. Dans mon entourage quelques sinistres individus ne comprennent pas ce petit plaisir. Parce que l’été c’est là où il ne faut surtout pas aller s’enfermer mais au contraire sortir, voir le soleil et toutes ces conneries de treehuggers. Ouimaisnon. Le ciné l’été, c’est avant tout la clim, mais c’est aussi et surtout les blockbusters qui tachent. Quand la quantité de flammes dans les explosions à l’écran est à la hauteur de la puissance de la clim, on tient un bon truc. Puis l’été c’est aussi le moment des rencontres ou, pour les plus casés, de l’adultère. Et mine de rien on a pas vraiment trouvé mieux pour briser la glace d’un rencard dans une salle obscure où les mains se cherchent timidement. Tout ça c’est bien beau, théorie oblige. Sauf que cet été les mecs, pour kiffer le ciné vous pouvez allez crever. Y’a coupe du monde !

Rapport au joueur de Basket qui imite le jeu de jambe du joueur de foot. FUCK YOU !

On m’avait demandé pourquoi on avait eu Iron Man II deux bonnes semaines avant nos amis ricains. C’est vrai après tout, quelques jours de décalage positif, ça arrive, mais quinze ? Il se trouve que le distributeur a pris peur. Peur que tous les mâles en rut ne préfèrent rester chez eux en juin plutôt que d’aller voir Iron Man II. Dans le doute, au cas où l’effet ballon rond ne cannibalise la fin de vie du film, ils ont préférés prendre les devants, au sens littéral pour le coup. N’écoutant que mon instinct je suis allé comparer les sorties cinés en France et aux US of A sur la période allant du 11 juin au 11 juillet, dates de début et de fin de la coupe du monde. Bingo, tous les studios ont pris peur et repoussé les sorties des blockbusters et autres films connotés mecs. Voici donc la no movie’s land list, les blockbusters qui sortent chez eux et pas chez nous sur cette période : The Karate Kid, Jonah Ex, Toy Story III, Knight and Day, The Last Airbender, Despicable Me et Predators. Sans oublier les comedies pour mecs : Get Him To The Greek et Grown Ups.

Bon. J’essaie très fort de cohabiter avec les fans du sport ultime pour peine à jouir (3 buts en 90min, lawle). Je ne leur jette pas des graviers et je garde mes réflexions pour moi. Mais putain c’était trop demander de me laisser mon été ? Sérieux ? En fait la coupe du monde c’est la double peine : les connards vont fleurir et beugler de partout pendant que j’aurais rien à mater dans les salles obscures. Y’a eu des attentats pour moins que ça. Ou du piratage de DVD en tout cas. Je décrète mes garçonnières de Paris et Lyon lieux d’asile cinématographiques. On regardera l’édition Criterion d’Armageddon et le tout. Ca va être vachement bien. Au final les seuls qui y gagnent au change, ce sont les filles, qui ne seront pas épargnées, elles, par les comédies romantiques ou autres drames larmoyants. Au moins on pourra toujours draguer. Ce qui est mieux que rien.

A part ça, on a l’Euro 2016. Uééé… Sincèrement, à chaque fois que je voyais passer la pub TV (WTF ?!!) pour inciter la plèbe à voter sur le net afin d’augmenter ses chances d’obtenir le fameux tournoi, je me demandais où était le bouton « non ». Hopefully d’ici six ans je pourrai aller bosser à l’étranger le temps qu’il faudra. Je hais le foot, pas que pour le ciné, pour tout ce que ça révèle sur l’animal humain, le nationalisme et la civilisation en général. Mais ça ne sert à rien de ressasser. Fermer sa gueule et attendre que ça passe.

On se retrouve demain.

682 – Cine Club 86

A une époque y’avait pas le net, et c’était la merde. Enfin si, y’avait le 56k et j’avais une carte bleue « jeune » à la SoGé qui m’interdisait de commander quoi que ce soit sur l’interweb. En 2001 tous les forums de ciné que je fréquentais n’avaient qu’un seul film en tête, Shaolin Soccer. A l’époque on avait pas les Divx, ou alors pas vraiment. Et à force de baver sur la bande annonce en riquiqui, j’ai fait ce qu’on faisait de ce temps là, je suis allé filer toute ma thune à une boutique d’import. Le vendeur m’avait réservé un DVD Zone 3 (asie), pas de sous-titres français, juste en anglais. Mon niveau était correct mais pas transcendant. J’étais à un tel niveau d’adoration et de hype que Shaolin Soccer, je l’aurais regardé en Mandarin pur j’aurais quand même kiffé ma race. C’est avec un bon pote de l’époque qu’on a profité d’un mercredi aprem’ pour lancer la galette sur mon lecteur dézonné.

Pour ceux qui n’ont jamais vu ce bijou culte de cinéma asiatique, hop, quick résumé. Sing est un maître kung-fu Shaolin qui vit de petits boulots et autres récupérations. De nos jours tout le monde se contrefout des arts martiaux et Sing désespère de voir sa passion redevenir à la mode. Quand il corrige une bande de malfrats à l’aide d’un ballon de foot qui passait par là, Sing s’attire l’attention de Fung, un ancien joueur de football en disgrâce. Celui-ci lui propose de créer une équipe d’aller s’inscrire au tournoi national. Pour Sing, c’est une chance comme une autre de populariser le kung-fu, séduire la fille de ses rêves et raviver la flamme des arts martiaux chez ses anciens compagnons d’école, tous devenus des moins que rien après avoir abandonné leur discipline.

Shaolin Soccer est une tuerie parce qu’il est cool. J’ai beau détester le foot, des mecs qui transforment leur ballon en boule de feu ou qui font des pirouettes à vingt mètres du sol, c’est la classe. Un peu comme si on avait mixé Dragon Ball avec Captain Tsubasa. Ce qui empêche le film de tomber dans la grosse machine, c’est son côté complètement bricolo. Stephen Chow (acteur, réal, scénariste) a monté son truc sans une thune, les studios d’images de synthèse bossant pour une bouchée de pain (folie y’a même des bullet time deux ans seulement après Matrix), ses amis de la vraie vie propulsés acteurs bénévoles. Dans les décors, les costumes et certain passages, on sent le côté bien cheap de la prod, ce qui donne un vrai charme. Tout comme les multiples gags tout droit sorties du cartoon, Tex Avery, des comédies musicales ou simplement de l’absurde total. Points bonus pour les références cinés planquées. Ceci expliquant sans doute pourquoi le film est sorti chez nous au ciné amputé de vingt minutes, dans un montage plus musclé.

Malheureusement ce qu’on gagne en efficacité on le perd en charme et en culture typiquement asiatique. Tout ne fonctionne pas dans le montage original, pas toujours super rythmé et avec des passages qui tombent à plat. Mais si vous n’avez vu que la version occidentale, alors vous êtes passé à côté de quelque chose. Ceci dit l’awesome des scènes de match demeurera toujours. Tout comme le message sous-jacent sur l’importance de la culture, de conserver des traditions et de les adapter au monde moderne. Ouais. Y’a aussi ça entre deux tirs au but-tornades.
J’aurais usé mon DVD jusqu’à la moelle et je n’attends qu’une édition haute def’ pour me refaire rêver de par chez moi. Non parce que depuis que Stephen Chow est une star mondiale et qu’on lui file des brouettes entières de pognon, bah il a pas réussi a faire mieux.

Demain on parlera nouvelles.

NO TRAILER STAGE !!!

Pas trouvé de BA qui ne spoile pas l’intégralité du film. Donc non.