Bon. La semaine dernière j’ai rechopé un rhume de bâtard, genre le double de celui de la semaine d’avant. La leçon apprise étant qu’il ne fait pas faire 17 kilomètres en roller quand il fait froid. Du coup j’ai du sérieusement reconsidéré mes plans vis-à-vis du Nanowrimo. Pourtant j’avais commencé à taffer mon prochain roman. J’avais ajouté des scènes à mon plan, développé des personnages secondaires jusqu’ici inexistants. Mais à passer la fin de semaine sous la couette, je n’ai pas pu résoudre un tas de petits problèmes (en plus du dernier tiers de l’intrigue que je n’arrive pas à concevoir) techniques. Je parle ici de choix d’écriture. Par exemple est-ce que je garde un unique point de vue, ou est-ce que je le double, un par membre du couple ? Est-ce que j’utilise des véritables noms de marque et de célébrités ou est-ce que j’invente tout ? En quelle année se déroulent les flashbacks ? Etc…

Le fait que je bosse sur un recueil de nouvelles depuis cet été n’est qu’un demi-secret. Après avoir trouvé une bonne thématique et pas mal d’idées, j’ai tenté un truc. J’essaie au maximum d’épuiser la plupart des possibilités stylistiques littéraires de récit en récit. Pour tout expérimenter : utiliser uniquement de l’indirect libre dans les dialogues, point de vue externe, narration sous la forme d’un journal intime, épistolaire, présent de narration, passé, au féminin. En gros tout ce qui me passe par la tête. La prochaine doit être racontée par un barde du moyen-âge, donc avec un vocabulaire lyrique et une grammaire un peu ancienne. Bon, j’avoue que tout ça ne sort pas forcément bien du premier coup. C’est une bonne chose, ça me force à me frotter à des techniques que je ne maitrise pas pour me pousser à aller plus loin. Le but du jeu, en plus de me/vous amuser, c’est d’avoir une idée de ce que je préfère.

Tout ça vient du fait que j’ai réalisé que tous mes projets avaient une nouvelle contrainte de style auto imposée. Par exemple j’ai l’idée d’un roman en trois parties, linéaire mais en changeant de protagoniste à chaque fois pour continuer l’histoire. Ou j’ai ce pitch qui fonctionnerait super bien sur une unité de temps et de lieu : une nuit, un hotel, et qui serait raconté à 90% par des dialogues. A la limite de la pièce de théâtre en fait. Rien de forcément novateur, mais des envies d’expérimenter, de me forcer, moi pour qui le fond prime sur la forme, à me bousculer un peu et me motiver. Le problème c’est que dans le meilleur des cas, entre les cours et le futur boulot, je devais pouvoir pondre qu’un bouquin par an. Et ça se serait avec la carotte de gloire et prostiputes au bout. C’est pas gagné quoi. D’où l’intérêt des nouvelles, qui me permettent de me challenger plus vite, sur plus de trucs différents. C’est devenu une façon comme une autre d’évacuer les frustrations artistiques.

Sûrement pour ça que j’en fait dans tous les genres, de la hard-science fiction jusqu’au SM, en passant par du thriller et de la comédie romantique. Entre autres. Mais mes frustrations vis-à-vis du genre, on en parlera un autre jour. De pourquoi étrangement tous mes projets de romans sont des trucs terre à terre du vrai monde avec des gens CSP+ qui ont des problèmes de cul.


