488 – Why Won’t You Get A Job ? 2

Mon frère est un branleur. Je préfère établir ça de suite, afin d’atténuer mes propres fautes, mais j’y reviendrai. L’été, en théorie, c’est cool. Mais l’usage veut que les jeunes qui n’en veulent en profitent pour bosser. Parce que les petits boulots saisonniers, ça vous forge un homme, ça vous apprend la vraie valeur de l’argent ! Même si ne me suis jamais défoncé la colonne à faire les vendanges, ça ne m’a pas empêché d’aller au turbin dès l’été de mes seize ans. Là je pourrais vous faire la liste des jobs ingrats et infâmes dans lesquels j’ai pu me fourvoyer. Sauf que je préfère garder ça pour un beau top 3 des familles, le genre qui me fera grimper dans votre estime en tant que martyr du capitalisme. Tout ça pour dire que cet été, bah non, je ne branle absolument rien, ou alors le strict minimum nécessaire à ma survie.

Pas de petit boulot, pas de rentrées d’argent, pas même la moindre miette d’activité rémunératrice. Rien à foutre. L’année dernière j’avais l’excuse de sortir de quatre mois de stage et donc d’être autant blindé que crevé. Cette fois, vu que je suis étudiant/chômeur depuis des semaines, je n’ai même pas cette excuse. Forcément, voilà qui déclenche les foudres de la haute autorité parentale, qui doit admettre auprès des amis de la famille que non, le fiston ne bosse pas, contrairement à leurs gosses modèles, esclaves soumis avec délectation au grand capital. Ambiance autour des côtelettes trop cuites à table. Mon presque bac+4 en communication à néanmoins développé un argument Oméga, le genre imparable. Avec un peu de chance c’est mon dernier été, mon ultime répit avant de devoir bosser pendant quarante putains d’années, si je crève pas d’un cancer ou autre d’ici là.

J’ai donc le droit inaliénable de ne rien foutre pendant deux mois ! Certes, tout ceci est plein de mauvaise foi. C’était sans compter mon frère, si radin et se satisfaisant de mes consoles/comics/jouets au point qu’il est dix fois plus thuné que moi, et par conséquent n’a jamais travaillé un seul été de sa vie. Je peux le pointer du doigt à l’infini pour justifier mes errements de jeune. De toute façon, lui ce sera toujours pire à ce niveau ! Bwah ah ah ! Enfin, si j’arrivais à me secouer pour faire ce mémoire aussi infernal que maudit, ce serait pas mal. Entre la chaleur et l’inactivité, alimenter le blog en article me demande déjà une énergie hallucinante. Ce qui n’a pas empêché la formation du Comité Pour Que LeReilly Rende Son Mémoire, étrangement concerné quant à mon avenir scolairoprofessionnel et qui me spamme quotidiennement.

Bon, je dois filer, j’ai rendez-vous avec un fantôme du passé avec qui je bois un verre à la sortie de son taf’ d’été. J’essaierai de ne pas (trop) faire remarquer que je suis en vacances. Que je suis maléfique !
Demain, on théorisera sur les toilettes de boîte de nuit, article kollektor je préviens !

467 – Little Nothings

Y’a des jours où ça veut vraiment pas. A commencer par mardi, mon retour sur Paris. Ou comment se retrouver face à une porte fermée. Car un digicode, typique des appartements parisiens, bah ça fonctionne pas quand il pleut… Etre enfermé dehors avec sa valise sous la pluie, c’est quelque chose qu’il faut vivre. Enfin, une fois rentré, le courant ne m’était pas d’une utilité renversante, vu que mon modem Numéricable refuse encore de se synchroniser. Va falloir que j’appelle le SAV, que je leur explique que non, je ne paierai pas leur pénalité à la con de la dernière fois, pour la simple et bonne raison que ça ne fonctionne toujours pas. Joie et félicité. Moi je dis, faudra pas s’étonner si un jour on retrouve un vendeur Numéricable égorgé dans un ravin, le sphincter élargi par un modem. Comme je suis poète, je préfère vous épargner un montage douteux et introduire le prochain paragraphe par une photo.

Non, je ne vais pas vous parler de JC Decaux et d’à quel point ce sont des chacaux d’avoir augmenté les tarifs des Velo’v à Lyon. Je vais plutôt être soulagé de ne pas faire un mémoire sur la publicité du livre. Si tel était le cas, je ne serai pas en train de vous expliquer par A+B à quel point cette pub est un échec, vu que je me serais ouvert les veines. Par exemple je suis hyper content de savoir que je peux acheter un livre dans une librairie, information cruciale qui aide le passage à l’achat. J’aimerais bien voir ce niveau de création étendu au reste des publicités. Genre t’aurais un BN, en gros plan, géant, avec juste marqué « En supermarché ». Niveau argumentaire, c’est profond. Sachant que la couverture ne donne que peu (euphémisme de aucun) d’indications quant au contenu du dit bouquin. Nous voilà revenus à la publicité d’il y a 200 ans, à base de “mon produit existe”. Si vous connaissez déjà L’élégance du hérisson, la seule information contenue sur 2m² est “Il est sorti moins cher”. Si vous ne le connaissez pas, cette affiche ne vous donne aucune raison de vous y intéresser, aucune piste ni accroche. Quitte à sortir un poche, autant réutiliser en guise de couv’ l’affiche du film, qui elle au moins fait son boulot. On y apprend que ça va parler d’une vieille moche et d’une gamine, sur fond d’intellectualisme littéraire.

Mais vous comprenez les livres c’est sacré, surtout ceux qui ont des prétentions artistiques. Plutôt crever que de capitaliser sur l’affiche du film, pondre une accroche, extraire une citation ou de se prostituer sur un abribus. Faire de la pub tout en refusant de faire de la pub, l’impuissance communicationnelle et le ridicule public dans toute leur splendeur.

Allez, j’arrête de tirer sur l’ambulance. De toute façon j’ai autre chose à foutre de mes cartouches de chevrotine. Par exemple je pourrais plomber mon frangin, qui croit que c’est la fête du slip en débarquant une ou deux fois par jour à l’appart’. Parce que l hôtel, c’est cher. A l’heure où je mets cette note en ligne, il dort comme un bâtard dans mon lit derrière moi, pendant que j’hésite a me payer une nuit blanche et faire la sieste quand il se sera tiré. Finalement, Paris, c’est encore plus l’épreuve que d’habitude. Sûrement que m’être fait chouchouter pendant deux semaines, avec une vraie machine a laver, une maman qui prépare des légumes et une connexion qui heu… bah connecte, ça a du m’habituer auconfort. Heureusement je peux dire au revoir aux gens, même si ça me fend un peu le cœur, d’attendre plein de semaines pour les revoir.

Retour bitterweet à la capitale donc. Peut être qu’elle ne me manquera pas tant que ça une fois sur Lyon pour le reste de l’été.
Demain, il sera question des monstres féminins qui se terrent dans les entrailles de nos vieux disques durs.