458 – Paper-Thin Logic

Une semaine que je suis à Lyon, sans mon ordi, sans ma Xbox, outils de ma survie monopolisés par mon prépa de frangin, squatteur d’appartement en période d’examens. Aussi je m’occupe comme je peux, par exemple en allant récupérer le courrier tous les matins. Chaque jour c’est le maxi bordel, après pas loin d’un demi kilo d’enveloppes kraft bourrées à craquer, adressées à mon bro. Il s’agit des réponses des écoles d’ingénieur de la France entière. Sans déconner il faudrait que quelqu’un me sorte la liste des établissements privés et publics qui se la jouent « On est trop des oufs tellement qu’on est bien ». Car dans le salon s’accumulent les papiers le long d’une pile hallucinante de hauteur. Sur le coup j’ai bien envie d’appeler Yann-Arthus Bertrand, qu’il me filme ça en contre plongée du haut d’un hélico pour alarmer la populace sur les dérives de l’enseignement supérieur en matière de pollution.

Faut dire que, poussé par l’ennui l’envie de bien faire, j’ai rageusement déchiré les enveloppés à la recherche de leur contenu. Et là c’est un peu le gavage. On met la main, pêle-mêle sur des brochures format A4 au papier glacé, des petits carnets vintages ou, dans certains cas extrêmes, des DVD de présentation de l’école. Sans déconner. Et ça c’est pour tous ceux qui réussissent les écrits. Vu que tu passes des concours globaux, genre 10/20 établissements d’un coup, c’est la lutte au niveau des écoles pour attirer les jeunes dans leurs filets. On pourrait croire cette débauche de moyens aussi excessive qu’inutile, en plus de l’affront fait à l’environnement et aux lumbagos des facteurs. Ca c’était avant d’entendre mon frangin s’exclamer « Rha la dèche ce truc, leur doc est imprimée en noir et blanc, c’est de la merde, je lis pas ! ».

Pendant ce temps, à Neuilly, on n’envoie pas des pures brochures bling bling. Principalement parce qu’on est une école publique, donc sans thune (no wifi, no cantine), mais aussi parce qu’on est les seuls, la seule école crédible en matière de communication. Pas besoin de courriers pompeux, la réputation fait tout le boulot de prospection estudiantine. Ou la démonstration par A plus B d’une des absurdités engendrées par la concurrence des dizaines d’établissements « supérieurs » d’ingénieur. Et encore j’évite de parler du contenu, où l’on voit des groupes de geeks faire style qu’ils sont sportifs et où les trois nanas pas trop moches de la promo sont réunies pour un photoshoot en tailleur sexy. Mention spéciale aux clubs de World Of Warcraft ou de jeux de rôles. Ouais, en fait y’a grave moyen de triper au détriment de ces écoles qui luttent pour exister.

Allez, vivement demain pour une nouvelle cargaison de laules directement dans ma boîte aux lettres. Pas aussi bien que la Xbox mais c’est un bon début. Sinon dans la prochaine note on causera roman qui fait peur.

LOLILOL STAGE !!!

Allez, un de mes préférés pour se faire plaiz.

453 – Wife Swap

Ca va bientôt faire vingt piges que je me traîne un frangin. Même qu’à partir d’aujourd’hui il squatte mon appart’, vu qu’il doit boucler sa prépa par une série de concours en partie parisiens. Plus tard il sera chercheur en physique ou un truc comme ça. En gros, le mec en blouse qui se prend un balle entre les deux yeux quand un commando terroriste vient voler des fioles d’antimatières dans un centre secret, bah ce mec là, en train de pisser le sang sur le parquet, ce sera mon frangin. Accessoirement c’est aussi une pourriture de gros geek, à custom son PC jour et nuit. D’où son absence d’ordi portable, d’où le fait que je ne puisse le laisser en pâture seul face à la jungle Panaméenne. Je suis donc rentré sur Lyon sans mon précieux, resté à l’appartement, mort de solitude sur mon bureau.

Y’a eu cette fois où des potes sont passés à la maison. La copine de l’un d’entre eux s’était fixé un petit défi à la con (pléonasme) : arriver à s’incruster sur mon ordi portable. J’ai freiné des pieds autant que possible avant de céder. Parce qu’un laptop quatre ans d’âge, c’est un peu comme une relation longue avec l’être aimé. On a pas envie de faire tourner, de laisser voir à un autre les entrailles, les secrets et les tics d’années de mariage heureux. Sans parler des potentiels de foirage induit par une fausse manip’. L’insolente s’est débattue une bonne heure pour pouvoir balancer, triomphante, sur son Facebook « A gagné mon pari, je suis sur l’ordinateur du Reilly ». Connasse. Je me fous que ton mec lise ça. Connasse quand même. Mon ordi n’est ni un numéro ni un jouet, c’est mon amour !

Pendant une bonne semaine je suis privé de laptop, que mon bro va utiliser pour checker ses mails, s’orienter et s’amuser. J’essaie de pas trop psychoter pendant que j’installe en ce moment même tous les logiciels qui vont me permettre de continuer à taffer à la maison. Je me permets de vous signaler très fort l’existence de DropBox, un dossier magique de 2Go qui se trimballe sur l’interweb et est accessible sur toutes les bécanes après une simple installation. Voilà comment je peux récup’ des trucs oubliés a Paris et les utiliser à Lyon, sur la bécane familiale ou fraternelle. M’enfin, rien ne vaut son propre matos, et rien que pour ça je risque de recraquer pour un portable hors de prix au lieu d’une bête de fixe pas chère en septembre. Voilà le véritable visage de l’addiction ! De toute façon si mon frangin me gonfle, je fous le bordel dans son disque dur, renomme ses pornos en comédies romantiques pour lui plomber ses soirées avec sa copine.

Bon, allez, une semaine à peu près à tenir. Yes, I can ! J’ai qu’à penser fort à Obama, ou bien lire des livres. Comme ça je pourrai vous en parler la semaine prochaine, mais demain on parlera cul.